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Chronologie de l'histoire du Québec, de l'Acadie et du Canada-français, Livre III: 1714-1763

Les Acadiens intimidés par des gouvernants véreux

texte tiré du livre 008, pages 218 à 223

. . . Philipps n'arriva à Port-Royal qu'en 1719 ; son premier soin fut de remettre la question du serment sur le tapis. Proclamations, menaces, reproches, il mit tout en oeuvre pour intimider les Acadiens. Ceux-ci n'étaient pas faciles à émouvoir, forts qu'ils étaient de leurs droits que la conduite des anciens lieutenants-gouverneurs avait pour ainsi dire confirmés.

Le 26 mai 1720 il convoqua une grande assemblée afin d'engager les Acadiens à prêter un nouveau serment. L'abbé Gaulin, curé des Mines, répondant en leurs noms, déclara qu'ils voulaient s'en tenir à la parole donnée à Nicholson. "Ceux des Mines,dit Rameau, lui envoyèrent une lettre pour lui exposer que s'ils étaient restés si longtemps sur leurs domaines c'était malgré eux: que d'ailleurs la reine Anne avait prorogé leur permis sans fixer de délai, et que si on les tourmentait sur l'article du serment, ils quitteraient l'Acadie pour se rendre avec leurs bestiaux sur les îles françaises, comme ils en avaient conservé le droit."

Inquiets des démarches du gouverneur, les Acadiens chargèrent Prudent Robichaud, fils d'Etienne, de porter une lettre à M. de Saint-Ovide, dans laquelle ils racontaient les derniers événements en déclarant qu'ils avaient l'intention de rester sujets français. (1)

"Monsieur. Le nommé Prudent Robichaud vous remettra la lettre que nous avons l'honneur de vous écrire, nous l'avons député pour vous informer qu'un nouveau lieutenant-gouverneur étant arrivé nous avons reçu l'ordre de lui faire le serment de fidélité pour le roi de la Grande-Bretagne, ce que nous avons refusé avec autant de constance que nous le fîmes les années dernières au général de Nicholson en présence de M. de la Ronde. . . . . Cependant aujourd'hui il semble qu'on veuille nous contraindre de faire ce serment ou d'abandonner le pays il nous est absolument impossible de faire ni l'un ni l'autre. . .
Nous sommes résolus de ne point faire de serment parce que nous sommes de bons et vrais sujets du roi T.-C. . . . Nous vous supplions, Monsieur, de nous honorer de vos charitables conseils au cas qu'il nous soit faites de nouvelles instances de la part du gouverneur, nous en ferons le meilleur usage qu'il nous sera possible avec le secours des missionnaires." (2)

Voyant que les menaces et la violence ne pouvaient engager les Acadiens à prêter le serment, Philipps changea de tactique. Il se fit bienveillant, et se prit à leur faire considérer combien il leur était préférable de rester sur leurs terres en bonne harmonie avec le roi de la Grande-Bretagne. Il partit pour l'Angleterre en 1722, pas plus avancé qu'à son arrivée, mais il transmit en même temps à Londres le projet qu'il avait formé pour angliciser le pays. "J'espère écrivait-il le 26 mai 1720, qu'il se formera quelque plan dans la mère-patrie, pour peupler cette contrée avec des gens de la Grande-Bretagne, au printemps prochain; les habitants, d'ici là, ne penseront pas à s'éloigner, jouissant en ce moment du bénéfice du délai que je leur ai accordé, jusqu'à ce que j'aie reçu de nou- velles instructions." (2)

La réponse du bureau de Londres approuvait la conduite du gouverneur; on lui écrivit: "Il nous semble que les Français de la Nouvelle-Ecosse ne deviendront jamais bons sujets de Sa Majesté. . . . .; c'est pourquoi nous pensons qu'ils devront être expulsés du pays aussitôt que les forces que nous avons dessein de vous envoyer seront arrivées dans la Nouvelle-Ecosse .... Quant à vous, ne vous hasardez point dans cette expulsion sans un ordre positif de Sa Majesté; à cet effet vous ferez bien de persister vis-à-vis d'eux dans la même ligne de conduite' prudente et réservée; tâchez de les détromper au sujet du libre exercice de leur religion qui leur sera certainement accordé, si l'on juge que cela soit utile pour qu'ils restent sur les terres qu'ils occupent." (4)

Ainsi le doute n'est plus possible pour l'historien sérieux: la grande déportation ne fut pas le fait d'un seul homme, puisque dès 1720, les autorités anglaises la préparaient dans l'ombre. D'un côté, on refusait aux Acadiens la permission de quitter le pays, et de se rendre, suivant leur désir, dans le pays qu'ils choisiraient. Ce droit était garanti par la capitulation, le traité d'Utrecht, et approuvé par la lettre de la reine Anne j d'un autre côté, les Anglais mettaient tous leurs soins à les engager à prêter un serment qui répugnait à leur conscience et à leur sang.

La lettre que le ministre écrivait à MM. de Costebelle et de Soubras, le 4 juin 1715, est une nouvelle preuve: "J'ai appris avec beaucoup de surprise la manière dure et injuste avec laquelle le général Nicholson a traité les habitants de l'Acadie et l'opposition qu'il a formée à la sortie de leurs biens mobiliers et à la vente des immobiliers, ce qui est contraire non seulement aux ordres qu'il avait reçus de la feue reine d'Angleterre, mais encore à ce dont il était convenu lui-même avec MM. de la Ronde et de Pinsens. J'ai écrit sur tout cela à M. d'Iberville, à Londres, pour qu'il porte de vives plaintes au roi d'Angleterre. Je vous ferai savoir la suite. Cependant il est nécessaire de votre part que vous fassiez tout ce qui pourra dépendre de vous pour faire entendre raison au gouverneur anglais sur la justice qu'il doit à ses habitants ....." (2)

Les représentations faites à l'Angleterre par la couronne de France ne produisirent pas l'effet qu'on en attendait. Les Acadiens vécurent encore dans les plus grandes inquiétudes. Armstrong, devenu gouverneur, n'épargna ni son temps ni ses peines pour les engager à se rendre à ses désirs. Il parvint à engager quelques Acadiens de Port-Royal à accepter le serment en leur persuadant qu'ils avaient tort de demander l'exemption de porter les armes puisque leur seul titre de catholiques-romains leur interdisait pour toujours l'enrôlement.

Cependant les Acadiens des Mines et de Chignectou, renvoyèrent le commissaire anglais comme il était venu sans signer le serment. Bien plus, à l'avènement de Georges II, Armstrong voulut faire renouveler ce serment aux habitants de Port-Royal, ils s'y refusèrent à l'unanimité.

En 1727, Robert Wroth parvint à leur faire signer un serment conçu dans les termes suivants:

Je promets et jure sincèrement, en foi de Chrétien, que je serai entièrement fidèle et obéirai vraiment à Sa Majesté le roy Georges le second, que je reconnais pour le souverain seigneur de l'Acadie ou Nouvelle-Ecosse. Ainsi Dieu me soit en aide.

Je, Robert Wroth, enseigne et ad jutant des troupes de Sa Majesté, promets et accorde aux habitants des Mines qui auront fait et signé le serment de fidélité au roy Georges second, les articles ci-dessous qu'ils m'ont demandés, savoir:

  1. Qu'ils auront le libre exercice de leur religion, et pourront avoir des missionnaires dans les lieux nécessaires pour les instruire catholiques, apostoliques et romains.
  2. Qu'ils seront nullement obligés à prendre les armes contre qui que ce soit, et de nulle obligation de ce qui regarde la guerre;
  3. Qu'ils demeureront en une véritable possession de leurs biens, qui leur seront accordés à eux et à leurs hoirs dans la même étendue qu'ils en ont jouys cy devant et en payant les mêmes droits accoutumés du pays:
  4. Qu'ils seront libres de se retirer quand il leur semblera bon et de pouvoir vendre leurs biens et de transporter avec eux le provenu sans aucun trouble, moyennant toutes fois que la vente sera faite à des sujets naturels de la Grande-Bretagne, et lorsqu'ils seront hors du terrain de Sa Majesté ils seront déchargés entièrement de leur signature du serment.

Les Acadiens signèrent ce serment qui leur accordait leurs justes demandes. Cependant le Conseil d'Annapolis déclara que des conditions si avantageuses pour les Acadiens étaient nulles et de nul effet; mais qu'ils n'en étaient pas moins devenus sujets britanniques en vertu de ce même serment qu'ils avaient prêté conditionnellement. Singulière interprétation des règles de la justice!

Lorsqu'en 1730 Philipps revint d'Angleterre, il garantit aux Acadiens la neutralité; c'est-à-dire qu'il lui permit de ne point prendre les armes ni contre les Français ni contre les sauvages; voilà ce que nos pères réclamaient. Appuyés sur ces promesses du gouverneur ou de ses représentants,ils ne firent plus de difficultés de prêter un tel serment. Il est certain que les Acadiens avaient un droit inaliénable de poser les conditions de leur allégeance à la couronne d'Angleterre puisque les gouverneurs violèrent les traités pour les garder en Acadie malgré leurs désirs. On ne peut expliquer pourquoi les historiens Anglais blâment nos pères d'avoir exigé de semblables conditions: MM. Beamish Murdoch a écrit à ce sujet:

que malgré le refus des habitants français de prêter le serment d'allégeance au roi Georges II, il ne suit pas nécessairement qu'ils n'aient pas prêté le serment de fidélité à la reine Anne.

Ils étaient tenus à cette allégeance par la loi et la conscience même sans aucun serment: car ils vivaient sous la protection et dans le territoire de la couronne britannique. Il est vrai que cette obligation peut avoir varié ou avoir été suspendue par les clauses du traité; mais il n'y a aucun document qui montre que la reine Anne ou ses successeurs aient promis un privilège analogue à la neutralité qu'ils auraient voulu avoir, et seul un engagement explicite, conclu avec la couronne, aurait justifié leur demande extraordinaire. Nulle bévue des gouverneurs ni temporisation auraient pu changer leur position comme sujets, quoiqu'elles eussent pu, jusqu'à un certain point, pallier leur erreur, et, en partie, causer leur mécontentement et leur désaffection." (3)

Après ce que nous venons de voir, jamais malgré leurs efforts, les historiens anglais ne pourront justifier les gouverneurs de l'Acadie. Les documents les plus autorisés, n'en déplaise à M. Beamish Murdoch, et tutti quanti, montrent que non seulement les gouverneurs ont violé les articles de la capitulation, ceux du traité d'Utrecht, les ordres de la reine Anne, mais encore les engagements solennels qu'ils avaient pris envers les Acadiens. Nicholson, Caulfield, Philipps, Doucett, Armstrong, les uns après les autres, véritables et seuls représentants de la couronne anglaise en Acadie, conclurent des arrangements en vertu desquels ils accordaient à nos pères la neutralité qu'ils réclamaient depuis si longtemps; et ceux-ci, à cette condition seulement, consentirent à de- venir sujets britanniques. Qu'on ne vienne plus écrire que les gouverneurs d'Acadie outrepassèrent leurs mandats! Non, ils étaient revêtus de l'autorité suprême, et à ce titre, la parole qu'ils donnaient valait la parole du roi de la Grande-Bretagne. Voilà comment les pauvres Acadiens, s'appuyant sur les promesses qu'on leur avait faites, furent victimes de la grande confiance qu'ils avaient mise dans ces gouverneurs Anglais qui ourdissaient leurs complots dans le secret des conseils et se préparaient à violer toutes les règles de l'équité et de la justice comme nous le disons plus loin.

Notes sur texte

(1) Le 15 mai les six députés des habitants de la rivière arrivèrent. C'étaient Prudent Robichaud, Nicolas Gauthier, Bernard Gaudet, Charles Landry et Pierre Gaudet. La famille Gaudet est encore très nombreuse au Canada. Pierre Gaudet, le cadet, eut Antoine, né en 1679, à Port-Royal, qui ,en 1713,à Beaubassin, où il se fixa, epousa Marie,fille de Michel Bourg et d'Elisabeth Melançon. II eut Joseph, ne le 24 mars 1717, qui épousa, vers 1748, à Beaubassin, Anne, fille de Michel Bourgeois et d'Anne Blanchard. Il fut deporte avec ses compatriotes et après avoir été long-temps séparé de sa famille, il retrouva enfin son épouse à Saint-Ours-sur-Richelieu ; c'est là qu'il fut inhume le 27 juin 1809; sa femme était décédée le 25 janvier 1808. Il eut Félix, qui épousa, le 22 novembre 1779, Marie, fille de Joseph Blanchard et de Marguerite Leblanc. Joseph-Félix Gaudet, né de ce mariage, épousa, à Saint-Ours-sur-Richelieu, le 5 octobre 1801 , Josephte-Marie, fille de Firmin Daigle, de descendance acadienne, et de Marguerite Duval. Il eut deux garçons: Léon et Joseph. Léon, baptisé le 5 septembre 1828, épousa, à Saint-Ours, le 8 août 1850, Anaflette, fille de Pierre Duhamel el de Françoise Gaudet. Il eut plusieurs enfants, entre autres: Napoléon, baptisé le 24 juin 1851, il épousa, à St-Simon, comté de Bagot, Phébée Ledoux, le 22 juillet 1878, qui décéda le 1 novembre 1892. Il eut plusieurs enfants dont deux garçons: Joseph et Arthur et une fille Anita. Celle-ci est décédée le 5 avril 1909, à l'âge de 23 ans. M. Napoleon Gaudet demeure encore à St-Simon. Joseph, fils de Joseph-Félix, épousa, le 26 juillet 1831, Agathe Labrèche; il est l'aïeul de Philéas, qui, le 15 novembre 1887, épousa Albina Fontaine. Il a une belle famille, et demeure à St-Ours.
(2) Archives Canadiennes.
(3) History of Nova-Scotia, II vol.; Beamish Murdoch.

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Foi, Hommage, Aveu, Dénombrement rendu par les seigneurs de la Rivière du Sud, en 1732

Parmi les obligations qui incombaient aux seigneurs en vertu de l'acte de concession de leur domaine, se trouvait la foi et hommage qu'ils devaient rendre au Château Saint-Louis, à Québec, en présence du gouverneur ou de l'intendant. Il y avait en plus l'aveu et dénombrement, sorte de recensement, dans lequel étaient mentionnés les noms des habitants, l'étendue de leurs terres et de leurs défrichements.

Nous donnons ici l'aveu et dénombrement rendu par les seigneurs de la Rivière du Sud, en 1732.

Extrait du papier terrier du X avril gby trente deux (10 avril 1732).

En précédant à la Confection du Papier Terrier est comparu devant nous Gilles Hocquart Conseiller du Roy en ses Conseils, Intendant de Justice, Police et finance, en la Nouvelle-France, Jean-Baptiste Couillard, Ecuyer, sieur de l'Espinay, Conseiller du Roy et son Lieutenant particulier au Siège de la Prévôté et Lieutenant général de l'Amirauté de cette ville, propriétaire pour moitié du fief vulgairement appelé la Rivière du Sud, et d'un autre fief joignant celuy de la Rivière du Sud, cy-après expliqué, faisant aussi pour le Sieur Louis Couillard, Écuyer, fils ainé de feu le sieur Louis Couillard, Ecuyer, frère du dit sieur comparant, et François, Joseph, Jean Paul, Antoine et Louis Couillard, Elisabeth, Marie-Simone et Marie-Anne Couillard, Tous enfants du dit feu Sieur Louis Couillard et ses héritiers propriétaires de l'autre moitié du dit fief de la Rivière du Sud, le dit Sieur comparant, faisant encore pour Joseph Amiot, Sieur de Vincelotte, fils et héritier de feu Dame Geneviève de Chavigny, sa mère, Epouse à son décès du dit Sr Comparant, et auparavant veuve de feu Sr Charles Amiot; le dit Sieur de Vincelotte en sa qualité propriétaire pour l'autre moitié du dit fief joignant celui de la Rivière du Sud, comme étant le fief conquest de la communauté qui a été entre le dit Sr Comparant et la dite Dame de Chavigny, lequel Sr Comparant a avoué et déclaré queluy et ses dits neveux et nièces tiennent de Sa Majesté le dit fief de la Rivière du Sud scitué du côté Sud du Golfe St-Laurent vis-à-vis des Isles appelées Isles aux Oyes contenant une lieue et demie de front le long du Golfe scavoir une demy lieue à prendre à la Rivière du Sud où elle se décharge dans le dit Golfe en descendant le dit Golfe et une lieue au-dessus de la dite Rivière en remontant vers Ouébec le tout sur la profondeur de quatre lieues en avant dans les terres en côtoyant la dite Rivière de part et d'autre Icelle comprise dans la dite Etendue avec droit de haute, moyenne et basse justice, chasse et pêche, et autres droits seigneuriaux à la charge seulement de la foy et hommage envers sa Majesté ainsi qu'il en est plus amplement spécifié par les titres énoncés en l'acte de foy et hommage que le dit Sieur Comparant a rendu à sa Majesté entre les mains de M. Bégon cy-devant Intendant en ce pais le dix-huit mars gbyc 25, et le dit fief joignant celui cy-devant expliqué le dit Sr de Vincelotte et luy Sr Comparant le tiennent de Sa Majesté aussy à titre de fief et seigneurie avec droit de chasse et traitte dans toute l'étendue d'ice-Iuy de tout le terrain qui se trouve entre la terre de Jean de Paris dit Bernier, et celle de la Rivière du Sud lequel se termine en triangle au fleuve St-Laurent, et tient d'un bout aux terres non concédées et l'autre bout au dit fleuve, lequel terrain doit être borné à la hauteur de la concession du dit Bernier, le tout à la Charge de la Foy et Hommage envers Sa Majesté ainsy qu'il est spécifié au titre de Concession Enoncé en l'acte de Foy et Hommage que le dit Sr Comparant a rendu à Sa Majesté entre les mains de M. Bégon le jour dix huit mars gby vingt-cinq. La moitié duquel fief appartenant au dit Sr Comparant joint les terres du fief de la Rivière du Sud, et celle revenant au Sr de Vincelotte joint les terres a luy appartenant nom- mé Vincelotte, lequel fief de la Rivière du Sud est encore indivis entre le dit Sr Comparant ses neveux et ses nièces, et sur lesquels sont les domaines cy-après spécifiés Scavoir :

Le premier qui est de huit arpents de front sur trente-cinq de profondeur possédé par indivis par les dits Srs et Delies Couillard, Enfants du dit feu Sr Louis Couillard, sur lequel il y a une maison construite en Pierre de quarante pieds de front sur vingt-quatre de profondeur, couverte en planches, une grange, de quarante pieds de front Sur trente pieds, une Etable, et une Ecurie, cinquante arpents de terre Labourable et dix arpents de prairies, et un moulin a Eau faisant farine, Construit en pierre d'environ trente pieds de Iront sur vingt-cinq de profondeur a un moulange seulement, dépendant du dit Domaine,Etant construit sur une terre appartenant au dit Sr Comparant et joignant le dit Domaine.

Un autre domaine Scitué dans un Islet de l'autre côté de la Riviere et au sud ouest vis-a-vis celuy cy-dessus expliqué contenant environ cent arpents en superficie sur lequel il y a une maison construite en pierre, de trente pieds de front, sur vingt pieds de profondeur, couverte en planches, une grange de charpente,close de planches,de cinquante pieds de long sur trente de large, Etable, Ecurie attenant l'une et l'autre, de trente deux pieds de long sur vingt quatre de large; les dits Bâtiments couverts en paille, et sur lequel il y a quarante arpents de terre labourable, dix ar- pents de prairies et un moulin à scie.

Que dans la censive du dit fief de la Riviere du Sud et sur le bord du fleuve St-Laurent a commencer au Nord-Est à Environ un quart de Lieue de la ligne qui sépare le dit fief d'avec celuy vulgairement nommé la Pointe au foin appartenant à Pierre Bernier, les terres duquel quart de lieue sont encore non concédées et presqu'inhabitables sont les habitants qui suivent en remontant au Sud-Ouest le long du bord du fleuve, Sçavoir:

Ndlr: la numérotation des terres est ajoutée par la rédaction. Elle aidera a mieux raconter l'histoire des Laurendeau durant la période du régime Français.

# endroit censitaire possède X arpents
sur Z arpents
de profondeur
Maison Grange Étable Terres
labourables
Prairies
00a Joseph Miville qui possede six arpents de terre de front, sur trente cinq de profondeur, chargés de vingt sols, réduits a quinze sols, suivant la déclaration du roi, et un chapon vif, ou trente sols réduits à vingt deux sols, par chaque chapon, au choix du Sr Comparant, par chaque arpent de front, et cinq sols de cens pour toute la concession, lequel a maison, grange, étable, et dix arpents de terre labourable
00b Qu'au-dessus est Jacques Bernier qui possède trois arpents de front sur la dite profondeur,chargés des mêmes cens et rentes, lequel a maison grange, étable, et cinq arpents de terre labourable.
Qu'au-dessus est la Rivière du Sud Sur le bord de laquelle sont les Domaines cy-devant expliqués.
00c Qu'au-dessus et attenant le premier Domaine a l'entrée de la dite Rivière et remontant Icelle est François Robin qui possède une pointe de terre contenant environ quinze arpents en superficie, chargés de vingt-cinq sols pour tous cens et rentes, lequel a maison, grange, étable et environ deux arpents de terre en valeur.
00d Que de l'autre côté de la dite Rivière du Sud et en remontant le long du fleuve et joignant le dit Islet cy-devant expliqué sont les représentants de Jacques Pauzé qui possèdent une pointe ou langue de terre évaluée et concédée pour trois arpents de front contenant environ cent arpents, chargée de trois livres et trois chapons de rente et cinq sols de cens, lesquels ont maison, grange, étable, et quarante arpents de terre labourable.
00e Qu'au-dessus est le sieur Jacques Couillard qui possède dix arpents de terre de front sur quarante arpents, sans aucune redevance, desquels il a concédé trois arpents sur quarante de profondeur, à charge de rentes en-vers luy, et sur lesquels sept arpents restant, le dit Sr Couillard a maison grange, étable, écurie, vingt-cinq arpents de terre labourable et quatre arpents de prairies.
00f Qu'au-dessus est Nicolas Fournier qui possede les dits trois arpents cy-dessus expliqués lequel a maison, grange, étable, six arpents de terre labourable, et deux de prairies.
001 Au-dessus Alexis Lemieux 3 sur 40 3 3 3 7 7
002 Au-dessus Pierre Joncas 3 sur 40 3 3 3 35 7
003 Au-dessus Louis Costé (héritiers) 6 sur 84 3 3 3 40 10
004 Au-dessus Jean Létourneau (héritiers) (1) 3 sur 84 3 3 3 25
005 Au-dessus Charles Fournier 3 sur 84 1 1 1 25
006 Au-dessus Morin-Valcourt 3 sur 84 2 (2) 2 1 45
007 Au-dessus Pierre Fournier 3 sur 84 1 1 1 15
008 Au-dessus Charles Bélanger 2 sur 84 1 1 1 10
009 Au-dessus Pierre Bélanger 3 sur 84 2 1 1 12
010 Au-dessus Jean Rolandeau (héritiers) 3 sur 84 1 1 1 16
011 Au-dessus Pierre Blanchet (3) 3 sur 84 1 1 1 10
012 Au-dessus Guillaume Thibault 4 sur 40 1 1 1 15
013 Au-dessus Joseph Boulanger 3 sur 40 1 1 1 8
014 Au-dessus René Moineau 6 sur 40 1 1 1 7
015 Au-dessus L'Ardoise (représentant) 4 sur 40 0 0 0 12
016 Au-dessus Jean Boulanger 3 sur 40 1 1 1 12
017 Au-dessus Joseph Lamarre 3 sur 40 1 1 1 7
018 Au-dessus Jacques Gendreau 3 sur 40 1 1 1 10
019 Au-dessus Antoine Dandurand 3 sur 40 1 1 1 9
020 Au-dessus Pierre Gendreau 3 sur 40 1 1 1 10
021 Au-dessus Gontault 3 sur 40 0 0 0 0
022 Au-dessus Jean Chrétien 3 sur 40 1 1 1 10
023 Au-dessus Charles Lagrange 3 sur 40 1 1 1 6
024 Au-dessus Pierre Miot 3 sur 40 1 1 1 4
025 Au-dessus Jean Bechet 3 sur 40 0 0 0 10
026 Au-dessus Charles Fournier 4 sur 40 1 1 1 16
027 Au-dessus Guillaume Boulay 4 sur 40 1 1 1 6
028 Au-dessus Laurent Michon 4 sur 40 2 1 1 8
029 Au-dessus Abel Michon 4 sur 40 1 1 1 8
030 Au-dessus Campagna 4 sur 40 1 1 1 8
031 Qu'au dessus est un restant de terre d'environ 20 arpents jusqu'à la ligne qui sépare le dit fief d'avec celuy de Bellechasse, lequel terrain n'est pas concédé.
032 Martin Boulet qui possède une pointe de terre d'environ 2 arpents de front sur 15 de profondeur, il a maison, grange, étable et 15 arpents de terre labourable.
033 Au-dessus Jacques Boulet 4 sur 40 20
034 Au-dessus Germain Gaumont 5 sur 40 1 2 3 48
035 Au-dessus Joseph Courteau 5 sur 20 2 2 1 25
036 Au-dessus Joseph Morin 5 sur 40 2 2 1 26
037 François Morin qui possède 6 arpents sur la profondeur qui se trouve depuis la Rivière du Sud jusqu'au bord du fleuve, chargé de vingt sols de cens, et un chapon de rente, lequel a maison, grange, 42 arpents de terre labourable et deux de prairies.
038 Au-dessus Germain Gaumont 4 sur 40 1 1 1 8
039 Au-dessus Louis Fournier (représentant) 4 sur 40 1 1 1 20 4
040 Au-dessus Joseph Fournier 5 sur 40 1 1 1 30 7
041 Au-dessus Jean-Baptiste Prou 6 sur 40 1 1 1 36
042 Au-dessus Denis Prou 5 sur 40 1 1 1 60 5
043 Au-dessus Jacques Taillebault 6 sur 40 1 1 1 90 10
044 Au-dessus François Destroismaisons 5 sur 40 1 1 1 50 2
045 Au-dessus Pierre Gagné 5 sur 40 1 1 1 40
046 Au-dessus Pierre-Noel Morin 5 sur 40 1 1 1 50
047 Au-dessus Joseph Blanchet 5 sur 40 1 1 1 4
048 Au-dessus Joseph Renaud 1/2 sur 40 1 1 1 5
049 Au-dessus Pierre Morin dit Miscou 3 sur 40 1 1 1 12
050 Au-dessus Noel Bacon 3 sur 40 1 1 1 8
051 Au-dessus Joseph Gaumont 1/2 sur 40 1 1 1 8
052 Au-dessus J. Destroismaisons 3 sur 40 1 1 1 27
053 Au-dessus Nicolas Morin 4 sur 40 1 1 1 36
054 Au-dessus Louis-Joseph Rolandeau 4 sur 40 1 1 1 16
055 Au-dessus Fabrique St-Pierre 4 sur 40
056 Au-dessus Louis Isabelle 5 sur 40 1 1 1 2
057 Au-dessus Pierre Blanchet (4) pères et héritiers 5 sur 40 3 3 3 50 3
058 Au-dessus Simon Fournier 9 sur 40 1 1 1 80 3
059 Au-dessus J.-B. Rousseau 4 sur 40 1 1 1 24 2
060 Au-dessus Martin Rousseau 4 sur 40 1 1 1 4
061 Au-dessus Jacques Talbeau (héritiers) 6 sur 40 1 1 1 6
062 Au-dessus Michel Arbour 4 sur 40 1 1 1 2
063 Au-dessus Auguste Malboeuf 4 sur 40 1 1 1 6
064 Au-dessus Alexandre Mercier 4 sur 40 1 1 1 8
065 Pierre Morin, fils, possède le reste du terrain qui sépare le fief de la Rivière du Sud du côté sud ouest d'avec celui de Berthier et de Bellechasse, il y a maison, grange, étable, 20 arpents de terre labourable et 2 de pairies.
066 De l'autre côté de la Rivière du Sud, commençant au Nord-Est, sont: Dominique Argo qui possède 3 arpents de terre de front sur la profondeur qui se trouve depuis la rivière ou Ruisseau St-Nicolas, il y a une maison et 20 arpents de terre labourable.
067 Au-dessus Jean Langlois 4 sur 40 1 1 1 4
068 Au-dessus Ménage (absent) 4 sur 40 1 1 1 4
069 Au-dessus Joseph Langlois (héritiers) 4 sur 40 1 1 1 6
070 Au-dessus Louis Cloutier 4 sur 40 1 1 1 6
071 Au-dessus Joseph Ains 8 sur 40 1 1 1 15
072 Terrain de 8 arpents non-concédé.
073 Au-dessus Paul Boulet 5 sur 40 1 1 1 36
074 Au-dessus Alexis Lemonde 4 sur 40 1 1 1 12
075 Au-dessus Martin Boulet 4 sur 40 1 1 1 12
076 Au-dessus Thomas Prou 4 sur 40 1 1 1 2
077 Au-dessus Jean Fournier 4 sur 40 1 1 1 20
078 Au-dessus J.-B. et Louis Boulet 4 sur 40 1 1 1 1 8
079 Au-dessus Louis Prou 4 sur 40 1 1 1 8
080 Au-dessus Augustin Boulet 4 sur 40 1 1 1 8
081 Au-dessus Charles Gaudreau 4 sur 40 1 1 1 10
082 Au-dessus Pierre Prou 3 sur 40 1 1 1 28 8
083 Au-dessus Jean Prou (5) 6 sur 40 1 1 1 50
084 Au-dessus Joseph Fournier 4 sur 40 1 1 1 50
085 Au-dessus Henry Ruel 2 sur 40 1 1 1 10
086 Au-dessus Joseph Morin 1 sur 40 1 1 1 6
087 Au-dessus Pierre Bouchard 4 sur 40 1 1 1 13
088 Au-dessus Jean Métivier 4 sur 40 1 1 1 12
089 Au-dessus Isidore Côté 5 sur 40 1 1 1 7
090 Terre non concédée de 3 arpents sur 40 de profondeur.
091 Au-dessus Jean B. Rochefort 2 sur 40 1 1 1 6
092 Au-dessus Charles Fiset 2 sur 20 1 1 1 28
093 Au-dessus François Gaigné 3 sur 40 1 1 1 21
094 Au-dessus Pierre Morin 3 sur 40 1 1 1 20
095 Au-dessus Pierre Noel Morin 5 sur 40 1 1 1 20
096 Au-dessus Jean Rousseau (héritiers) 5 sur 40 1 1 1 25
097 Au-dessus Louis Rousseau 5 sur 40 1 1 1 6
098 Au-dessus Joseph Cloutier 4 sur 40 1 1 1 12
099 Au-dessus Pierre Lamarre 3 sur 40 1 1 1 6
100 Au-dessus Simon Fournier (veuf) 4 sur 40 1 1 1 8
101 Au-dessus Charles Destroismaisons 4 sur 40 1 1 1 16
102 Au-dessus Sébastien Morin 4 sur 40 1 1 1 15
103 Au-dessus Pierre Gagné dit Belleavance 4 sur 40 1 1 1 16
104 Au-dessus Pierre Blanchet 4 sur 40 1 1 1 6
105 Au-dessus Guillaume Blanchet 5 sur 40 1 1 1 40
106 Au-dessus Sr Richard 4 sur 40 1 1 1 25
107 Au-dessus Jean Fournier 4 sur 40 1 1 1 12
108 Au-dessus Étienne Fontaine 4 sur 40 1 1 1 6
109 Au-dessus Jean Talbot (fils) 4 sur 40 1 1 1 12
110 Au-dessus Jacques Moyen 3 sur 40 1 1 1 8
111 Au-dessus Denis Morin 4 1/2 sur 40 1 1 1 6
112 Au-dessus Pierre Pélerin (héritiers) 4 sur 40 1 1 1 7
113 Au-dessus Jean Pinaud 4 sur 40 1 1 1 7
114 Au-dessus Pierre Morin 3 sur 40 1 1 1 6
115 Dans une rivière appelée le Bras Saint-Nicolas, venant de l'est Nord-est et qui décharge dans la Rivière du Sud, et du côté du Sud de la rivière Saint-Nicolas, sont les habitants qui suivent commençant au Nord est et revenant sur la décharge.
116 Au-dessus François Robin 4 sur 40 1 1 1 6
117 Au-dessus Jacques Thibault 4 sur 40 1 1 1 22
118 Au-dessus Veuve Laberge 4 sur 40 1 1 1 12
119 Au-dessus Jean Gagné 4 sur 40 1 1 1 18
120 Au-dessus Veuve Laberge 1 sur 40 1 1 1 1
121 Au-dessus Dominique Argo 3 sur 40 1 1 1 7

LEQUEL AVEU ET DÉNOMBREMENT le Sieur COMPARANT a dit contenir la vérité et a signé.

HOCQUART

Par Monseigneur Louet

_______________________________________

(1) Il est chargé de 30 sols de rentes.
(2) L'une est en pierre.
(3) Blanchet possède deux arpents sur la moitié de la profondeur qui se trouve depuis le bord du fleuve, jusqu'à la Rivière du Sud, chargés de 20 sols, réduit à 15 sols et un chapon par arpent et cinq sols de cens; il a maison, grange, étable, 16 arpents de terre labourable et a 2 prairies.
(4) Sur cette terre est l'église de St-Pierre, bâtie en pierre.n
(5) Jean Prou pour six arpents ne paye que 3 livres et 3 chapons.

retour à 1732

Comment vivent nos ancêtres
et forcément le fils de Jean Rolandeau,
vers la fin du régime français?

La maison et les dépendances

La plupart des habitants détiennent une maison de bois, une grange et une étable. Rares sont les familles possédant une écurie pour les chevaux. Dans la seigneurie de la Rivière-du-Sud, mis à part le seigneur, seuls les habitants Jean Létourneau, Morin dit Valcourt et Laurent Michon bénéficient d'une maison de pierres.

Les habitations sont très modestes. Leurs dimensions varient entre 12 à 15 pieds sur 16 à 24 pieds. Elles sont construites soit en pieux debout , soit en pièces sur pièces. Certaines n'ont ni solage, ni cave. La toiture est parfois constituée de planche, ou de paille ou de bardeau. Elles ont généralement deux fenêtres et une seule porte. La maison se caractérise par une seule pièce.

Le mobilier

Le mobilier est généralement constitué d'un coffre pour les vêtements, d'un bahut facilement transportable, d'une armoire, de tables pliantes de toutes formes, d'une huche, d'un lit-cabane.

Les articles de cuisine

Les articles de cuisine sont très limités; marmites, assiettes, cuillères, fourchettes, crochets de fer servant de crémaillère, broches de fer à rôtir et, près de la maison, un fournil pour le four à pain.

La bouffe

Les premiers habitants de la Pointe-à-la-Caille se nourrissent principalement de poissons venant du fleuve: esturgeon, morue ... Une bonne part de leur alimentation provient aussi de la faune ailée, laquelle existe à profusion à ce moment: tourte, oie des neiges ... La forêt leur donne le lièvre et les petits fruits... Ils élèvent le poulet, le boeuf, le mouton et le cochon ... Ils s'adonnent à la culture.

retour à l'an 1752

L'Année des Anglais;
La Côte du sud à l'heure de la Conquête.

Voici le titre d'un fabuleux livre sur la Conquête, publié chez Septentrion en 2009. La Côte-du-Sud s'amuse à nous donner de grands historiens, des chercheurs immense qui savent documenter et présenter leurs magnifiques histoires. Un de ceux là, Gaston Deschêne nous présente une Histoire effroyablement informative. Les points soulevés dans ce "complément" sont inspirés de son livre. Si vous désirez vous procurer ce livre, il est inventorié, à notre bibliographie, sous le numéro 002.

une chronologie

  • 1759: La "coste du sud" est une suite quasi ininterrompue d'habitations échelonnées de Beaumont à Kamouraska. (002-11)
  • février 1759: Les curés de la Côte-du-Sud lisent à leurs paroissiens leur adresse à l'occasion de la guerre. (002-29)
  • 5 mai 1759: 10 vaisseaux anglais sont au Bic. Ils bloquent la route aux ravitaillements français destinés à la ville de Québec. (002-34)
  • 22 mai 1759: Les autorités militaires demandent aux habitants de la Côte-du-Sud d'évacuer les paroisses. La population s'objecte, l'ordre est suspendu le 25 mai. (002-35)
  • 25 mai 1759: Une goélette anglaise se pointe derrière les Pèlerins. (002-35)
  • 26 mai 1759: 16 vaisseaux mouillent à l'ile aux Pommes. La vue des voiles anglaises ne semble pas émouvoir outre mesure les habitants. (002-36)
  • 20 juin 1759: Une flotte anglaise, partie de Halifax, dirigée par l'amiral Saunders, passe devant Tadoussac. (002-42)
  • 22 juin 1759: Aubry informe Chaussegros de Léry que 147 voiles ennemis sont entre l'ile aux basques et l'ile aux Lièvres. (002-44)
  • 24 juin 1759: La flotte anglaise se trouve à la hauteur de l'archipel de Montmagny.
  • 1759: À St-Thomas (Montmagny), le femmes et les enfants s'enfoncent dans les bois autour d'un rocher qu'on appelle encore Le Patira.
  • 28 juin 1759: L'armée anglaise commence l'occupation de l'ile d'Orléans. (002-50)
  • 29 juin 1759: Un détachement anglais se dirige vers Beaumont. Il y a escarmouche et 7 Canadiens sont tués et scalpés par les rangers. (002-51)
  • été 1759: Monckton s'installe à la Pointe de Levy, sur la rive-sud du St-Laurent en face de Québec. Il prépare le bombardement de Québec. (002-54)
  • été 1759: De multiples escarmouches sont faits contre les villages de la Côte-du-Sud. Les habitants ne vivent plus dans leurs maisons; ils se cachent dans les bois avec leur bétail. (002-50, 62)
  • 1er septembre 1759: Un détachement de 1600 hommes de troupes régulières et de rangers quitte Pointe de Levy avec ordre de descendre le fleuve aussi loin qu'il se trouve des établissements et de dévaster toutes les paroisse en remontant vers Québec. (002-62)
  • 9 septembre 1759: Les soldats de Goreham sons passés à St-Thomas (Montmagny) en ce jour. (002-76)
  • 14 septembre 1759: Goreham et ses troupes sont responsables de la mort violente du seigneur de la Rivière-du-Sud, Jean-Baptiste Couillard, de son cousin, Joseph, de René Damours de Courberon et de Paul Côté.
  • 15 septembre 1759: Un capitaine anglais, Elphistone, commandant de l'Eurus, apporte, aux soldats qui envahissent le village de St-Roch, des nouvelles de Québec: Wolfe a défait Montcalm sur les plaines d'Abraham, mais les 2 généraux sont morts.
  • 21 septembre 1759: Murray informe les habitants de Québec et des environs qu'ils peuvent "aller et venir librement pour vaquer à leurs affaires et rentrer pessibles processeurs de leurs biens". Les femmes sortent alors du fond des bois, trainant après elles leurs petits enfants, mangés des mouches, sans hardes, criants la faim, ne sachant si elles ont encore des maris.
  • Septembre 1759: Les paroisses de la Côte-du-Sud vivent au rythme de l'occupation militaire. Cela peu signifier la présence de détachements de soldats chez l'habitant. Ce régime prendra fin lors de la signature du Traité de Paris en 1763.
  • 23 octobre 1959: Une autre circulaire ordonne aux habitants de remettre leurs armes aux capitaines de milice avant la fin du mois.
  • 30 novembre 1959: Murray ordonne au capitaine Leslie de conduire un détachement qui a pour mission de descendre la Côte-du-Sud aussi loin qu'il y a des établissements, pour soumette les habitants et faire respecter les ordres du gouverneur au sujet de leur conduite future. En clair, cela veut dire désarmer les habitants et les obliger à prêter un serment de fidélité. Leslie revient à Québec le 25 décembre et note que tous ses hommes ont soufferts d'engelures et qu'il n'a pas été capable de se rendre aussi loin que souhaité parce que les paroisses d'en bas ont été entièrement incendiées etr qu'on ne pouvait y loger les troupes.
  • hiver 1959-1960: La population s'entasse dans les bâtiments encore debout. C'est la course aux vivre; les plantations sur pieds sont cueillies, la pêche à la truite et la chasse à la perdrix et à la tourte sont les principales ressources de ce pénible hiver.
  • janvier 1760: Les autorités militaires Canadiennes, dirigées par le marquis de Vaudreuil, décide de faire une Levée de Farines et de Bestiaux dans les paroisses au-dessous de Québec.
  • 6 février 1760: Murray, mis au courant des visées de Vaudreuil, traverse le fleuve et, suite à un affrontement, chasse les Canadiens tout en récupérant une bonne partie des provisions recueillies.
  • avril et mai 1760: À Sainte-Foy, le 28 avril, les troupes canadiennes de Lévis font retraiter les Anglais à l'intérieur des murs de Québec. Le 29 avril, Lévis envoie des officiers pour aller lever des milices du gouvernement de Québec. Les troupes françaises, appuyées par les miliciens des gouvernements de Montréal et de Trois-Rivières se mettent en branle pour Québec. Le 9 mai, Lévis fait descendre une goélette en bas de Québec. Elle arraisonne trois transports anglais. Le 15 mai, ce qui reste de la flotte française est anéantie. Le siège de Québec est levé. Lévis retraite vers Montréal.
  • juin 1760: Les Canadiens apprennent que la France suspend le paiement des lettres de change qu'ils ont acceptés contre des biens et des services fournis pendant la guerre. Décision impopulaire. Déjà, à cette époque 2 clans se forment; ceux contre la France et ceux qui souhaitent le retour de la France. "Cessez Monsieur, d'avoir cette compassion pour nous, notre sort est moins malheureux qu'il n'était cydevant" ou bien "Nous verrons pourtant nos bonnes gens, les vieillards et surtout les vieilles femmes, souhaiter, même 50 ans après la conquête, le retour de la France"(002-116)
  • 1762: La population de St-Thomas (Pointe-à-la-Caille) est de 1152. C'est à dire, 375 adultes, 675 enfants, 87 domestiques, 15 étrangers Acadiens qui sont les Trahan, les Thibodeau et les Cormier. Cela représente 160 familles. (002-26, 92)

histoire par les textes

Certains de ces textes heurtent parfois notre sensibilité. D'autres sont agréables et réconfortants. Peu importe ce qu'ils livrent, nous ne serons plus jamais maître chez-nous, l'autre nous imposera ses règles et ses principes de conduite.

"Si, pour cause d'un accident dans le fleuve, de la résistance de l'ennemi, de maladies ou de pertes militaires, nous jugions peu probable que Québec tombe entre nos mains . . . . , je propose que nos canons mettent le feu à la ville, qu'ils détruisent les récoltes, les maisons et le bétail . . . . et je propose d'expédier en Europe le plus grand nombre possible de Canadiens en ne laissant derrière moi que famine et désolation".
James-Wolfe à Jeffery Amherst, 6 mars 1759. (002-7)

"Nous bénéficions ici du plus agréable point de vue sur le charmant pays qui nous entoure: moulins à vent, moulins à eau, églises, chapelles, maisons de ferme compactes, toutes construites en pierre et couvertes de bois ou de chaume. Les terres paraissent toutes bien cultivées et, avec ma longue-vue, je peux distinguer les champs de lin, de blé, d'orge, de pois, etc., ainsi que les clôture de pieux."
John Knox, An Historical Journal, 26 juin 1759 (002-11)

"Je suis ici depuis 10 jours . . . . avec mon bataillon pour couvrir des unités de Highlanders, une infanterie légère et des rangers qui s'acharnent à détruire le plus beau, le plus fertile et le meilleur de tous les pays habités que j'ai vus en Amérique et que bien peu d'endroits surpassent même en Angleterre."
Lieutenant-colonel James Murray, 29 août 1759 (002-50)

"Le gros du détachement remontait le fleuve en incendiant et en détruisant tout sur son passage: notre compagnie les suivait à quelques distance, en rassemblant le bétail, les moutons, les chevaux, et en mettant le feu aux bâtiments isolés, etc. Nous marchions ainsi au rythme de douze milles par jour. Tous les six milles, nous trouvions une église en pierre et nous nous arrêtions habituellement dans l'une pour prendre notre dîner et dans la suivante pour le souper, et ainsi de suite. Nous vivions bien, mais notre travail était ardu vu qu'il nous fallait grimper des collines et enjamber des clôtures à longueur de journée. Nous nous mettions en marche dès la barre du jour dans le but de faire des prisonniers, ce dont nous étions rarement privés. Nous subissions souvent les tirs ennemis et plusieurs des nôtres furent tués ou blessés lors de ces excursions. Quand il nous fallait traverser un pont, (les Français) le détruisaient, se cachaient sur l'autre rive et tiraient sur nous à l'improviste."
Capitaine David Perry, quelque part sur la Côte-du-Sud en septembre 1759 (002-65,66)

"Arrivés à un mille et trois quarts de l'église actuelle de Montmagny, ils (Jean-Baptiste Couillard, Joseph Couillard, René Damours de Courberon, Paul Côté) firent la rencontre d'un bataillon anglais qui depuis un mois ravageaient les paroisses du bas du Fleuve. Après avoir brûlé le village de St-Jean-Port-Joli, celui de l'Islet, du Cap Saint-Ignace, les Anglais se dirigeaient sur la Pointe-à-la-Caille, quand la crue des eaux les obligea à atteindre les terres de Paul Chiquet. C'est à cet endroit que le seigneur Couillard et ses compagnons, avertis à temps de l'arrivée de ce bataillon, se mirent en embuscade et commencèrent l'attaque. Le combat fut assez vif, car trois Anglais furent tués pendant l'action, mais les Canadiens, trop peu nombreux, tombèrent sous les coups de l'ennemi qui commirent toutes sortes de cruautés sur les cadavres."
Couillard-Després (002-78)

" . . . . un bateau détaché du corps principal de l'armée descendit jusqu'à nous pour nous informer sur la bataille et la victoire, et pour nous donner l'ordre "de forcer la marche et de tout détruire devant nous". Nous marchâmes encore pendant trois jours et nous étions rendus à environ 60 milles du quartier général quand un second bâtiment descendit avec l'ordre d'arrêter d'incendier et de piller car Québec s'était rendue aux Anglais . . . ."
Capitaine Davis Perry, en campagne contre la Côte-du-Sud, vers les 15-18 septembre 1759 (002-71)

Nous avons brûlé et détruit au-delà de 1400 belles fermes, car, durant le siège, nous étions maîtres du pays le long du fleuve, et nous tenions des détachements continuellement occupés à ravager les campagnes, de sorte qu'il faudra un demi-siècle pour réparer les dommages.
texte paru dans l'édition du 31 décembre 1759 du journal New York Mercurey [002-97)

retour à l'an 1759

Carte de James Murray; 1760

Cette carte parvient jusqu'à vous grâce à la générosité de Monsieur Simon Gilbert de Montmagny, actuel propriétaire de la maison Bélanger.

carte de Pointe-à-la-Caille par John Murray en 1760

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Au nom de mes ancêtres, je vous dis merci de votre visite