Chronologie de l'histoire du Québec et du Canada-français

Chronologie de l'histoire du Québec, de l'Acadie et du Canada-français; Livre III

1714

  • Canada, Côte-du-Sud: La population de la seigneurie Rivière-du-Sud est de 350 habitants répartis dans 66 familles ou maisons (003-49).
  • Canada, Côte-du-Sud: Jusqu'en cette année, la communauté de Pointe-à-la-Caille est desservie par des missionnaires. Il arrive parfois qu'un missionnaire doive s'occuper de plusieurs désertes. C'est le cas de Rodolphe Du Bus, Récollet, qui est en charge pendant toute une année des désertes de l'Islet, de Cap-St-Ignace et de Pointe-à-la-Caille. (003-53)
  • Canada, Côte-du-Sud, 29 octobre: Fondation de la paroisse St-Thomas de la Pointe-à-la-Caille. Son premier curé est Charles Hazeur-Desauneaux. Cette première église est construite sur un terrain donné par Guillaume Fournier et Françoise Hébert le 21 décembre 1685. (003-55 et 56)
  • Invention du thermomètre à mercure par Fahrenheit.

1715

  • Canada, Côte-du-Sud, 2 février: décès de 01 -Jean Rolandeau à St-Thomas de Montmagny. Il a 64 ans. (005)
  • Canada: mort de Louis XIV. La France épuisée et au seuil de la banqueroute, ne cherche plus qu'à se refaire intérieurement. (001-113)
  • Rigaud de Vaudreuil fait relever le fort Niagara, d'abord construit par La Salle en 1679. Louis XV demande d'y ériger une muraille de pierre. (001-115)

1716

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  • Canada: Début de la construction de la grosse Forteresse Louisbourg en Acadie. Les travaux ne seront terminés qu'en 1728. (001-114)
  • Canada: Sur l'Ile du Cap Breton, création d'un petit centre agricole appelé Port-Dauphin (St. Ann's, Nouvelle-Écosse) et d'un autre centre appelé Port-La-Joie sur l'ile Saint-Jean (Charlottetown, Île-du-Prince-Édouard). (001-115)
  • France: L'Écossais John Law, bientôt nommé contrôleur général des Finances, institue une Banque générale.

1717

  • Canada: 169 Acadiens vivent à Louisbourg. (100-30)
  • France: Création de la Compagnie d'Occident, chargée de la mise en valeur de la Louisiane. (200-132)

1719

  • Canada, Côte-du-Sud, 23 juillet: Bénédiction et ouverture au culte de la deuxième église de St-Thomas de la Pointe-à-la-Caille. Cette deuxième église est obligatoire à cause des constantes inondations du terrain de la première église. (003-57)
  • Canada: Richard Phillipps arrive à Port-Royal. Il avait été nommé, en 1717, gouverneur de Placentia à Terre-Neuve et comme capitaine général et gouverneur en chef de la province de Nouvelle-Écosse. C'est par lui, que les populations Acadiennes se feront coincer. (008-218]
Proclamations, menaces, reproches.
Les populations Acadiennes sont sérieusement intimidées.
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1720

  • Canada, Côte-du-Sud: Devant la difficulté de voyager entre les paroisses de Saint-Thomas et de Saint-Pierre, le curé de ces 2 paroisses, François Richard, fait des pressions auprès des autorités. Le grand voyer obligera les habitants à faire des chemins et des ponts entre ces deux paroisses. (003-51)
  • France: Vent de panique. La confiance disparait. Le système de Law tombe, fait faillite. Law, poussé à la ruine, fuit vers Bruxelles. (200-132)
  • Angleterre: La valeur du commerce extérieur de l'Angleterre et du pays de Galles est de 13 millions de livres sterling par an. Elle passera à 31 millions en 1788. (300-176)

1721

  • Canada, Côte-du-Sud: La population de la seigneurie Rivière-du-Sud est de 399 habitants répartis dans 79 familles ou maisons. (003-49)
  • Canada: Le nombre des arpents de terre en valeur est de 62 145, la production de blé est de 282 700 minots. (001-122)

1722

  • Canada, Côte-du-Sud, 2 novembre: 02 -Louis-Joseph Laurendeau, se marie à Saint-Pierre avec 02 -Angélique Fournier. (005)

1723

  • Louis XV est couronné roi de France.

1724

  • Canada: Un millier d'anglais, en provenance de la Nouvelle-Angleterre, détruisent le village Abénakis de Narantchouak (près de Bangor, Maine). (001-115)
  • Canada: Le Chemin du Roi est en construction. Il s'agit de relier Montréal et Québec par une route carrossable d'une largeur de 24 pieds, sur la rive nord du Saint-Laurent. À ce moment, le temps pour rejoindre les 2 villes était énorme: durant les belles saisons, une barque mettait de 2 à 3 semaine pour relier les 2 villes, un canot animé d'une douzaine de vaillants rameurs, quatre ou cinq jours. L'hiver, le trajet se faisait dans des sentiers enneigés et glacés sur les rivières au moyen de raquettes et de traineaux. (001-125)

1726

  • Canada: Les Anglais construisent le fort Oswégo (près de Syracuse, New York). La période de paix armée commence. (001-116)
  • Canada: L'Ile Royale comprend 3 000 âmes. Louisbourg est devenue une capitale importante et un carrefour commercial prospère. L'ile Saint-Jean, passée aux mains des Anglais, est devenue l'Île-du-Prince-Édouard. Les 2 500 Acadiens de l'ile préfèrent porter allégeance au roi d'Angleterre plutôt que de déménager sur l'ile Royale. Par la suite, les Anglais les appelleront les French Neutrals(100-31)

1728

  • Canada: Beauharnois demande au commandant Charly de Saint-Ange de rétablir l'influence française au Minnesota. Il brûlera les villages Outagamis récalcitrants. (001-116)

1729

  • États-Unis: Fondation de la Géorgie, un refuge des persécutés de tout acabit. (101-17)

1730

  • Canada, Côte-du-Sud: La population de la seigneurie de la Rivière-du-Sud est de 587 habitants répartis dans 96 familles ou maisons. (003-49)
  • Canada: Louisbourg devient rapidement un important centre commercial: son port reçoit plus de 150 navire, le plaçant au 4e rang en Amérique, après Boston, Philadelphie et New York. La ville est malpropre, délabrée, tapageuse. La garnison, mal payée et oisive, se réfugie dans la contrebande et l'ivrognerie. L'indiscipline règne en maître. (001-115)
  • Canada: François Poulin de Francheville, un commerçant de Montréal, fonde à ses frais Les Forges du Saint-Maurice. L'entreprise végète et est reprise par Étienne Cugnet en 1734. Ce dernier, par mauvaise administration, fait faillite en 1741. Le gouvernement français s'empare du monopole et reprend l'exploitation. Bon an mal an, les Forges produisent 300 000 à 400 000 livres de fer et emploie 120 hommes qui paraissent vivre dans l'opulence. (001-124)
  • Canada: Le gouverneur Beauharnois autorise la formation d'une société chargée de l'exploration et de la traite de l'ouest. Pierre Gaultier de La Vérendrye, commandant du fort Nipigon depuis 1726 organisera quatre expéditions entre 1731 et 1743. Aidé de ses fils, de quelques missionnaires et d'une poignée d'aventuriers, il édifia le plus extraordinaire empire de traite de l'histoire de la Nouvelle-France. Né aux Trois-Rivières en 1685, il décéda en 1749 alors qu'il préparait une cinquième expédition. La Vérendrye est le dernier d'une suite de grands explorateurs produits durant le régime Français. Ces hommes aux destins tragiques et émouvants se rejoignent tous dans un geste unique, celui de l'illuminé qui met le cap sur les étoiles; ce geste au-delà de la mort, en fait des surhommes.(001-116, 117, 118)

1731

  • Canada: Charles de Beauharnois fait ériger le fort Saint-Frédéric sur la rive occidentale du Lac Champlain. (001-116)
  • États-Unis: Fondation de la première bibliothèque, par Benjamin Franklin, à Philadelphie. (101-511)

1732

  • Canada, Côte-du-Sud, 10 avril: Parmi les obligations qui incombaient aux seigneurs en vertu de l'acte de concession de leur domaine, se trouvait la foi et hommage qu'ils devaient rendre au Château Saint-Louis, à Québec, en présence du gouverneur ou de l'intendant. En cette année, l'acte de foi et hommage est rendu par les seigneurs de la Côte-du-Sud.
  • Canada: Beauharnois ordonne aux commandants Nicolas-Antoine Coulon de Villiers et Jean-Baptiste René Le Gardeur de Repentigny de rétablir l'ordre dans les villages Indiens du Wisconsin. (001-116)
  • Canada: Le variole emporte 2000 personnes, soit 6% de la population totale du pays. (001-121
  • Musique, 1er avril: À Rohrau, en Basse-Autriche, nait Joseph Haydn. Beethoven deviendra son élève. Il meurt à Vienne, en 1809, peu après le bombardement , en pleine occupation française. Son oeuvre est impressionnante. Entre autres, il a laissé des opérettes, des opéras, des messes, des hymnes, des offertoires, des oratorios, d'innombrables oeuvres vocales, des symphonies et bien d'autres ouvrages encore . . . (400v1-612)
  • Littérature: naissance de Beaumarchais. Associé au banquier Pâris-Duverney, il voyage beaucoup et ouvre des marchés commerciaux avec la Louisiane. Il écrira la pièce de théâtre Le Barbier de Séville en 1775 (Rossini en fera un opéra en 1816) et une autre pièce Le Mariage de Figaro en 1784 (Mozart en fera un opéra en 1786). (410-245, 247)

Ici, nous donnons l'acte de foi et hommage rendu
par les seigneurs de la Rivière du Sud en 1732.

Ce texte, profondément enrichissant pour les amateurs d'histoire vraie,
positionne les descendants de Jean Rolandeau sur le territoire,
en plus de nommer tous les habitants de la seigneurie, ainsi que leurs biens immeubles. Lire plus + + +

1734

  • Canada: Inauguration de la Voie Royale, la route Montréal - Québec. (001-125)

1736

  • Canada, Côte-du-Sud: . . . l'antique Chemin du Roy, tracé, en 1736, (de Québec) jusqu'à la Rivière-Ouelle, par M. Lanouillier de Boisclair, sous le règne de l'Intendant Hocqart. Ce chemin fut pendant cent cinquante ans l'unique voie de communication par terre des habitants de la Coste du Sud, avec la métropole . . . (007-23)
  • Canada: La Nouvelle-France exporte 250 000 minots de blé aux Antilles. (001-125)
  • Canada: Le gouvernement métropolitain ordonne la fermeture de 3 chapelleries canadienne par peur qu'elles ne concurence celles de la France. (001-126)

1737

  • Canada: Hocquart estime que la moitié des fourrures canadiennes sont dirigées chez les Anglais de la baie d'Hudson et de New York. Les coureurs des bois et les marchands canadiens écoulent leurs fourrures chez les Anglais parce que ces derniers étaient en mesure d'offrir . . . beaucoup plus que les marchands français parce que leurs taux d'assurances maritimes, conséquemment leurs frais de transport, étaient bien inférieurs et qu'ils n'avaient pas à payer une prime de 25% sur leurs transactions. (001-127)
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1739

  • Canada, Côte-du-Sud: La population de la seigneurie de la Rivière-du-Sud est de 1160 habitants répartis dans 190 familles ou maisons. (003-49) Le ratio de 110 hommes pour 100 femmes est atteint. (004-76)
  • Canada: Le nombre des arpents de terre en valeur est de 188 000, la production de blé de 635 000 minots. (001-122)
  • Le Gouverneur Beauharnois et l'Intendant Hocquart concèdent des terres à Louis-Adrien Dandonneau Du Sablé. Ces terres forment la Seigneurie Du Sablé et sur une partie d'icelle se construira plus tard le village de St-Barthélémie.
  • La graphie traditionnelle du nom de ce village comporte plusieurs versions: St-Barthelemi, St-Barthelémi, St-Barthélémi, St-Barthélémie. Aujourd'hui, vous allez à la municipalité de Saint-Barthélemy, laquelle est voisine de St-Cuthbert dans la région de Lanaudière.

1740

  • France: Guerre de Succession d'Autriche. (200-133)
  • Littérature: naissance du marquis de Sade. (410-256)

1741

  • Canada, Côte-du-Sud: 02 -Angélique Fournier, femme de 02 -Louis-Joseph Laurendeau (deuxième génération) meurt le 6 octobre. Elle à 37 ans. (005)
  • Canada, Côte-du-Sud: Une ordonnance de l'intendant permet de tenir un cabaret à Saint-Thomas. (003-48)

1743

  • Canada, Côte-du-Sud: Deuxième mariage de 02 -Louis-Joseph Laurendeau (deuxième génération) avec 02-Marie-Thérèse Picard-Destroismaisons. (005)
  • Canada: En Europe, les Anglais font des raids sporadiques contre la marine française. Le roi Louis XV déclare la guerre à l'Angleterre. Depuis le traité d'Utrecht, la Nouvelle-France connait 30 années de paix. Pour la première fois de son histoire, cette période de paix lui permet de fantastiques progrès. Cette nouvelle guerre de la mère-patrie déséquilibrera la Nouvelle-France et la fera définitivement entrer dans le giron des Britanniques. (001-131)

1744

  • Canada: La population de la Nouvelle-France est de 55009. De 1713 à 1744, l'apport de l'immigration s'établit à 3000 Français. Ce qui fait croire que la France n'a pas beaucoup participée au peuplement de sa colonie.(001-120)
  • Canada: Le Jésuite Pierre-François-Xavier de Charlevoix écrit sa fameuse Histoire et description générale de la Nouvelle-France. Elle est considérée comme étant la première histoire scientifique du Canada. (001-195)
  • Canada, mai: Le gouverneur de Louisbourg dépêche au village anglais de Canso une troupe de 400 hommes sous le commandement de François Dupont Du Vivier. Ils prennent le fort et le rase. (001-132)
  • Canada, juillet: Les troupes de Du Vivier et 200 Micmacs veulent s'emparer d'Annapolis. Ils doivent rebrousser chemin car les Acadiens veulent rester neutre durant ce conflit franco-anglais. (001-132)

1745

  • Canada: Les Anglais organisent un puissant raid contre la forteresse imprenable de Louisbourg. Le gouverneur de Boston obtient le concours de la flotte de l'amiral anglais Peter Warren (100 bâtiments et 4 000 marins) et de William Pepperel (4 500 miliciens). Ils s'abattent sur Louisbourg délabré, manquant de poudre à canon et dont les 1550 soldats venaient de se mutiner. 48 jours plus tard, au terme d'un bombardement intensif, Louisbourg est réduit en cendre. Les Anglais se font maître de la place tout en laissant flotter le fleurdelisé. Quand 3 navires français, porteurs d'une cargaison estimée à 600 000 livres pénètrent dans le port, ils sont désarmés et confisqués. (001-133)
  • Canada: Les Anglais cueillent comme un fruit mûr l'établissement de Port-La-Joie sur l'ile Saint-Jean (Charlottetown); 15 hommes le défendaient . . . (001-133)

1746

  • Canada, Côte-du-Sud: L'esclavage à la manière du seigneur de la Rivière-du-Sud, Jean-Baptiste Couillard.
    Un jour qu'il revient de Québec, Couillard doit, à cause des vents et marées, se réfugier à Saint-Michel dans un campement Malécites. Apercevant une esclave provenant de la tribu des Renards, il demande au chef Katoué de l'acheter pour qu'elle puisse amuser son fils de trois ans. La jeune fille a environ 12 ans. Une entente est conclue. Couillard ramène son esclave à la maison. Elle gagne la confiance de la famille et on l'appelle Marie-Geneviève. Elle est baptisée à Saint-Thomas le 9 mai 1761. Elle décède le 12 octobre 1808 à l'âge de 75 ans. (003-82)
  • Canada: les Français tentent de reprendre Louisbourg: 50 vaisseaux, 7,000 homme, 800 canons. La traversée tourne au cauchemar et le retour en France pénible. (001-133)

1747

  • Canada, Côte-du-Sud: Jusqu'à ce jour, on ne compte qu'une poignée d'autochtones à Pointe-à-la-Caille. Par contre, le village acceuillera pendant l'hiver qui vient, environ 400 Micmacs et Malécites, chassés de leurs territoires par les Anglais qui s'installent en Acadie. Les 1100 habitants du petit village tentent d'assurer leur subsistance et devant le défi à relever, les encouragent fortement à chasser. (003-53)
  • Canada: Les Français tente de reprendre, pour une deuxième fois, Louisbourg. Mais les Anglais, ayant eu vent de l'affaire, attaquent la flotte française au large de l'Espagne. Les troupes du marquis de La Jonquière sont défaites et ce dernier est gardé prisonnier, en Angleterre, durant 2 ans. (001-134)
  • Canada: Pendant que La Jonquière est emprisonné par les Anglais, il est remplacé par Roland Michel Barrin de La Galissonnière. Ce dernier donne à la colonie un suprême et ultime effort de redressement. Il tient a peupler et fortifier la vallée de l'Ohio, le pays des Grands Lacs et l'Acadie Continentale. Il veille personnellement à la construction du fort de la Présentation (Ogdensburg, New York), du fort Rouillé (Toronto, Ontario) et du fort de la Baie des Puants (Green Bay, Wisconsin). Le gouvernement métropolitain n'envoie pas les colons demandés par La Galissonnière pour repeupler l'Acadie. (001-135)

1748

  • Canada: Jusqu'en 1748, les Canadiens et les Indiens pratiques leurs raids coutumiers: une guerre d'escarmouches contre les villages anglais frontaliers: brûler, raser, scalper, terroriser . . . (001-134)
  • Canada: Signature du traité d'Aix-la-Chapelle. La France et l'Angleterre font la paix. Pour l'Amérique, c'est le statu quo ante bellum et la France reprend l'Acadie et Louisbourg. Ceci a pour effet d'enrager les colons du Massachussetts qui avaient déployé un gigantesque effort pour prendre Louisbourg. (001-134)

1749

  • Canada: Le gouverneur Edward Cornwallis fonde Halifax au fond de la baie de Chibouctou. S'y établissent 2 576 immigrants britanniques. En 1752, trois ans après sa fondation, Halifax est aussi peuplé que Montréal. (001-136)
  • Canada: Apprenant que les français veulent construire le fort Beauséjour, Cornwallis fait construire le fort Lawrence presqu'à vue du fort français. (001-136)
  • Musique: Le voyageur suédois Pehr Kalm relate que chez elles (au Québec) les femmes se déplacent d'une pièce à l'autre presque toujours en fredonnant quelque chansonnette dans lesquels on entend le plus souvent des mots comme l'amour et le coeur. (401-44)
  • Musique: François Laigniez meurt à Montréal. Il sera qualifié de meilleur musicien dans le pays. (401-44)

1750

  • Canada: La Nouvelle-France livre 200 000 peaux d'une valeur de 4 000 000 de livres sur le marché français. (001-125)
  • Canada: La Jonquière fait construire le fort Beauséjour (à une vingtaine de milles de l'actuelle ville de Moncton). (001-135)
  • Canada: L'idée d'expulser les French Neutrals d'Acadie fait surface, alors que le gouverneur Shirley en fait une recommandation à Londres. (100-32)

1751

  • Canada: La Nouvelle-France exporte 500 000 livre de ginseng sec, destiné aux marché chinois. Le ginseng était une plante du genre du maïs dont les racines, de l'aveu des Chinois, possédaient de grandes vertus curatives à condition qu'elles sèchent très lentement; soucieux de bénéfices rapides, nos ancêtres firent sécher les racines au four! Résultat: les Chinois, furieux, ne voulurent plus entendre parler du ginseng canadien. (001-125)

1752

  • États-Unis: Invention du paratonnerre par Benjamin Franklin. (101-511)
  • Canada: Sous la gouverne des Anglais, Halifax comprend 4 000 habitants. (100-32)

1753

  • Canada: Le gouverneur Duquesne fait construire le fort Presqu'Ile et le fort Le Boeuf (près de Érié, Pennsylvanie). (001-136)

1754

  • Canada: De La Jonquière fait construire le fort Venango et le fort Duquesne (près de Pittsburg, Pennsylvanie) (001-136)
  • Canada, 28 mai: Des Virginiens commencent à s'établir en Pennsylvanie. De Jumonville invite les Virginiens à plier bagage. Le colonne française est encerclée par quelques 300 Américains et Indiens. Ils sont commandés par le jeune lieutenant-colonel des milices de Virginie, Georges Washington. Il y eut affrontement; de Jumonville et 9 de ses compagnons furent tués. (001) Devant des forces supérieures aux siennes, Washington capitule le 3 juillet 1754. (100-152)
  • États-Unis, 19 juin: Une assemblée des gouverneurs de la Virginie, de la Pennsylvanie, du Maryland, du New Jersey, du Massachusetts et du New Hampshire, a lieu. La question d'une union ou d'une confédération est mise à l'ordre du jour. Benjamin Franklin, alors âgé de 48 ans, présente un projet d'union qui sera discuté et adopté le 10 juillet. Par la suite, les assemblées de chaque colonie, rejettent le projet d'union. (100-152)
  • Canada: Louis Coulon de Villiers relance Washington au fort Necessity (près de Confluence, Pennsylvanie); il le battit, l'obligea à se reconnaître coupable de meurtre et le força à quitter la région. (001-137)
  • Canada: L'Angleterre demande à ses gouverneurs anglais de négocier une entente avec les Iroquois. (001-138)

1755

  • Canada, printemps: Le gouvernement français décide de prêter secours à son empire d'Amérique et y expédie 3 150 hommes commandés par le baron Jean-Armand de Dieskau. 2 des 18 navires qui transportait cette armée sont capturés dans le golfe du Saint-Laurent par l'escadre de l'amiral anglais Edward Boscawen. (001-138)
  • Canada, printemps: Les gouverneurs de Virginie, Caroline du Nord, Pennsylvanie, Maryland, New York et Massachusetts se réunissent à Alexandria (Virginie) en compagnie du généralissime Edward Braddock. Ils décident d'envahir la Nouvelle-France; à l'est, raser le fort Beauséjour et déporter les Acadiens; au sud, prendre le fort Saint-Frédéric et marcher sur Montréal; à l'ouest, s'emparer des forts Duquesne et Niagara et chasser les Français de l'Ohio. (001-138)
  • Canada: L'attaque à l'ouest, menée par Braddock à la tête de 2 000 hommes est un désastre. Assaillis de toutes parts, les belligérants prennent fuite en laissant tout sur leur chemin, tout veut aussi dire tous les plans de guerre des gouverneurs anglais. (001-139)
  • Canada: L'Attaque sud, en direction de Montréal se termina par le retrait des forces anglaises. (001-139)
  • Canada: Par contre l'Acadie est complètement balayée. Le colonel Robert Monckton s'empare de tous les forts de l'Acadie continentale française. (001-140)
  • Canada, 23 juin: Pierre de Cavagnal, marquis de Vaudreuil, débarque à Québec comme nouveau gouverneur de la Nouvelle-France. Né à Québec en 1698, il a été gouverneur de Trois-Rivières entre 1733 et 1742, gouverneur de la Louisiane entre 1743 et 1753. (001-146)
  • Canada, juillet: Le Gouverneur de Halifax Charles Lawrence, le colonel Robert Monckton, le gouverneur du Massachusetts William Shirley, l'amiral Edward Boscawen et le juge Jonathan Melcher prennent la décision finale de chasser de Nouvelle-Écosse tous ces "French Neutrals", ennemis irréductibles et promoteurs de violence. En août et septembre, les 6 500 habitants (d'autres historiens vont jusqu'à 10,000 (100-33)) de Grand-Pré, Annapolis, Beauséjour et Piziquid sont brutalement entassés sur d'infects navires et déportés le long des côtes américaines. Ainsi débute le long calvaire de la déportation de ce peuple de 15 000 habitants. En 1764, il n'y avait que 2 500 Acadiens en Acadie, la majorité, revenus de leur terre de déportation. On estime que de 5 000 à 6 000 Acadiens sont morts de maladie, misère et chagrin.(001-141) Quel désastre!
  • Canada (suite sur la déportation: . . . souvent séparés de leurs femmes et de leurs enfants, sont enlevés et dispersés dans les colonies américaines, du Massachusetts à la Géorgie. En milieu ennemi, durant une guerre qui devait durer encore plus de six ans, ils sont mal reçus et pourchassés à peu près partout, sauf au Connecticut, au Maryland et en Pennsylvanie. Plusieurs d'entre eux s'échappent des geôles de la Géorgie et des Carolines, et même du Maryland et se réfugient en Louisiane. Entre 1755 et 1785, 3 000 Acadiens s'établissent en Louisiane. Ce qui est et sera toujours reproché à Lawrence, à Shirley et à leur armée, c'est d'abord, d'avoir déporté les Acadiens en territoires ennemi. Quand la défaite de Québec arrivera, les Canadiens se souviendront de l'impensable violence faites contre les Acadiens, ce qui justifie leur immense crainte des armées américaines et anglaises. (100-33, 34 )
  • Canada: La population de la Nouvelle-France est de 62 500. Cette population fait face à un puissant ennemi de treize colonies anglaises qui occupent le littoral atlantique et qui sont habitées par 1 400 000 personnes. (001-144)
  • Canada: Les forces canadiennes se composent comme suit: 14 000 miliciens locaux (depuis 1669, une loi oblige tous les hommes âgés de 16 à 65 ans à s'astreindre à l'exercice des armes et à partir en guerre dès qu'il en reçoit l'ordre), 5 000 soldats réguliers de France (ils connaissent mal les stratégies canadiennes de combat qu'ils dédaignent) et 2 000 guerriers indiens (il aurait dû y avoir plus d'indiens, ils sentent la débâcle française et les ententes s'effritent). Tout ce beau monde affrontera plus tard les 37,000 soldats de Wolfe et Saunders. (001-144)
  • France: Depuis juillet, les marins anglais attaquent les navires français: en 6 mois, 300 voiliers et 8 000 marins français ont été capturés. Versailles, offusqué crie à la piraterie mais n'ose pas déclarer la guerre. (001-143)

1756

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  • Canada, 13 mai: Les officiers suivants arrivent à Québec: le marquis Louis-Joseph de Montcalm, maréchal des troupes; le chevalier Gaston-François de Lévis, commandant en second; l'officier François-Charles de Bourlamarque, commandant en troisième; l'officier Louis-Antoine de Bougainville, premier aide de camp. Selon les directives du gouvernement métropolitain, Montcalm doit exécuter et faire exécuter ce qui lui sera ordonné par le Gouverneur Vaudreuil. Montcalm est un Provençal, racé, aristocrate, lettré, impétueux; il ne peut accepter de se soumettre à un colonial. Voici pourquoi la chicane a poigné fort. Vaudreuil tient à conserver l'ensemble du territoire de la Nouvelle-France en faisant des offensives foudroyantes à la manière des Canadiens et des Indiens. Montcalm, estime qu'il est absurde de vouloir encercler les colonies anglaises. Il préconise de se retirer dans la vallée du Saint-Laurent et rêve de grandes batailles rangées. La méthode de Vaudreuil, appliquée en 1756, 1757 et maintes fois vérifiée auparavant lui donne raison. (001-146)
  • Canada, août: Le Gouverneur Vaudreuil convainc Montcalm de l'aider à prendre possession des forts Oswego (Chouaguen) au sud du lac Ontario, Ontario et George. Victoire écrasante des armées françaises et canadiennes qui ramassent un butin précieux de 6 navires, 55 canons et une énorme quantité d'équipement et de munitions. Montcalm s'attribue la gloire exclusive et Vaudreuil ne tarit pas d'éloges à l'endroit de son frère qui a fait des manoeuvres étourdissantes qui se sont avérées opportunes. (001-151)
  • Musique, 27 janvier: Naissance de Wolfgang Amadeus Mozart, à Salzbourg. Prodige à 6 ans, il entreprend sa première tournée de concert en 1762. Usé par le surmenage, il est enterré dans la pauvreté, et l'histoire dit que la tempête disperse les quelques amis qui suivent le cercueil. Son oeuvre est immense et éternelle. (400v1-616)
  • France, 17 mai: George II déclare la guerre à la Louis XV qui, lui rend la politesse le 16 juin. L'Angleterre possède 116 gros vaisseaux de guerre contre 38 pour les français. (001-143) Ce sera la guerre de Sept Ans qui prendra fin avec le traité de Paris en 1763. (002-27)

1757

  • Canada: Vaudreuil charge Montcalm de s'emparer du fort William-Henry avec le concours d'une armée de 8 000 hommes. Les armées canadiennes et françaises sortent victorieuses et amassent un butin de guerre considérable. On demande à Montcalm de foncer et d'envahir le New York, le New Jersey et le Connecticut complètement à sa merci. Mais Montcalm ne bougea pas à la grande fureur de Vaudreuil et Lévis. (001-152)
  • Canada: Disette et famine s'installent au pays. (002-29)
  • Musique, 25 novembre: La Sainte-Catherine est un jour de danse et de fête, selon Louis-Antoine de Bougainville. (401-46)

1758

  • Canada: Jusqu'en 1758, sur le front américain, le conflit procure des victoires aux forces françaises et aux Canadiens mais, par la suite, les ressources humaines et financières mises en oeuvre par l'Angleterre commencent à porter fruit. (002-27)
  • Canada: William Pitt organise une campagne qui fera triompher les anglais en Amérique. Son projet: clouer la France en Europe, l'empêcher de ravitailler la Nouvelle-France et organiser en Amérique une offensive énorme et foudroyante. (001-154)
  • Canada, juillet: L'Amiral anglais Edward Boscawen, 41 navires, 15 000 matelots paraissent en rade de Louisbourg. Ses navires transportent aussi 1 900 canons et une armée de terre de 13 200 hommes commandée par Jeffrey Amherst et James Wolfe. La chute de Louisbourg permet de répéter l'exploit de Lawrence: les Acadiens de l'ile Royale et de l'ile Saint-Jean, au nombre de 4 000, sont déportés principalement en Angleterre et en France. (001-141)
  • Canada, 4 juillet: Le général Abercromby arrive en vue de Carillon, à la tête d'une armée de 15 000 hommes. Montcalm doit arrêter le début de l'invasion avec 3 660 hommes. Grâce aux stratégies de Montcalm, l'armée anglaise est défaite. (001-155)
  • Canada, août: Bradstreet arrive devant le fort Frontenac avec 3 000 hommes. Le fort est défendu par 80 français qui livrent le fort sans résistance. (001-157)
  • Canada, septembre et octobre: Wolfe ravage tous les établissements de la Gaspésie. Désormais, l'accès au Saint-Laurent est interdit aux français. (001-156)
  • Canada, 25 novembre: John Forbes se dirige vers le fort Duquesne avec une armée de 7 000 hommes. Les français voyant l'affaire, brûlent le fort et se rendent au fort Machault. Les Indiens de l'Ohio et des Grands Lacs changent de camp.(001-157)
  • Canada: Vaudreuil et Montcalm, aux abois, envoient leurs ambassadeurs respectifs en métropole. Leur mission: obtenir le plus de renfort possible sinon c'est la catastrophe. On leur répond: Quand le feu est à la maison, on ne s'occupe pas des écuries !. Au printemps suivant, le gouvernement métropolitain enverra 300 soldats, dont 42 galeux et 3 épileptiques. Le grand Vaudreuil est en semi-disgrâce et Montcalm est désormais le seul maître de la stratégie militaire. La France définit ses priorités: les Antilles sont certes plus essentielles et plus rentables que ce désert enseveli six mois par année sous la neige. (001-158)

1759

  • Canada, Côte-du-Sud, 10 juin: Les navires anglais passent devant l'archipel de Saint-Thomas. À ce moment, les habitants de Saint-Thomas sont déjà réfugiés dans les bois, derrière un rocher qu'on appelle encore "Le Patira", nom évoquant probablement les souffrances qu'endurent les habitants, victimes de l'incendie de la région. (003-60)
  • Canada, juillet: Une armée Anglo-américaines de 6 000 hommes est devant Niagara. Le fort est défendu par 600 hommes. 3 semaine plus tard, les français livrent le fort et de ce fait, perdent l'empire de traite et d'alliance avec les nations de l'ouest. (001-158)
  • Canada, 26 juillet: Amherst s'avance sur le lac Champlain avec une armée de 12 000 hommes. Il se dirige vers le fort Carillon défendu avec 3 000 hommes. Le fort est déserté et brûlé par les français. Le fort est relevé par les anglais et rebaptisé Ticondéroga. (001-158)
  • Canada, 31 juillet: Amherst se dirige vers le fort Saint-Frédéric. Les français désertent et détruisent le fort. Amherst relève le fort et le rebaptise Crown Point (001-158)
  • Canada, juin - septembre: Le 23 juin, Saunders et Wolfe arrivent sur l'ile d'Orléans à la tête d'une armada de 150 navires et une armée de 37 000 hommes. À Québec la résistance s'organise. Les armées sont inégales mais toute la Nouvelle-France participe à sa défense. Montcalm protège surtout la rive nord, sans empêcher Monkton d'installer ses batteries sur la pointe de Lévy d'où il bombardera Québec avec une efficacité désastreuse, sans empêcher Wolfe de s'installer en face des armées de Lévis. Montcalm reste vissé à Beauport malgré les demandes de Vaudreuil. En fin de compte, il faudra un siège de 10 semaines, plusieurs tentatives de traverser les armées de la rive sud à la rive nord et beaucoup de chance pour emporter la capitale de la Nouvelle-France. Durant la nuit du 12 au 13 septembre, les anglais débarquent à l'Anse, escaladent la falaise et alignent 4 825 soldats sur les Plaines d'Abraham. Quand Montcalm apprend la nouvelle, il décide de les pourfendre immédiatement. Au lieu de s'organiser convenablement, il le pouvait, tout le monde et tous les armements étaient à ou autour de Québec, il aligna un groupe de soldats endormis et pas prêts aux affaires. Il se fit battre sur cette plaine qui est devenue célèbre sans que le 3/4 de son armée ne participe à la bataille. À cause de cette bataille, Montcalm, Wolfe, 1 200 français et canadiens et 600 anglais meurent.
  • Canada, Côte-du-Sud: Pendant les sept dernières années du régime français, les Canadiens vécurent dans des appréhensions continuelles. C'en était assez pour enlever même aux plus ardents le courage de faire de la colonisation. Quelle dut être l'angoisse de nos pères lorsqu'ils aperçurent la flotte formidable du général Wolfe ? Les hommes qui étaient en état de porter les armes se mirent à la disposition du gouverneur; on vit même des enfants de quatorze ans et des vieillards de quatre-vingt ans s'enrôler comme volontaires. Les habitants de St-Thomas, sous le conduite de leur seigneur, partirent pour Québec, tandis que leurs femmes s'enfoncèrent dans les bois autour d'un rocher qu'on appelle encore le Patira, sans doute à cause des souffrance qu'ils endurèrent. (008-282)

L'ANNÉE DES ANGLAIS
La Côte-du-Sud à l'heure de la Conquête
Le Côte-du-Sud est le berceau de tous les Laurendeau d'Amérique

1760

  • Canada: Lévis succède à Montcalm. Les erreurs successive de son supérieur le bouleverse. La Nouvelle-France ne compte plus que Montréal et Trois-Rivières. L'armée franco-canadienne, délabrée et épuisée, commence à souffrir de désertions.
  • Canada, durant l'hiver: Lévis, Vaudreuil et Bigot travaillent à l'organisation d'une campagne visant à reprendre Québec. On demande 4 000 hommes bien armés au gouvernement métropolitain. Il n'enverra que 400 hommes et 2,000 tonneaux de fret. Le tout sera intercepté par les Anglais en Nouvelle-Écosse.
  • Canada, 20 avril: Lévis quitte Montréal pour Québec à la tête de 7 200 hommes; il manque de tout, y compris d'enthousiasme, mais sont dirigés par le meilleur homme de guerre que la France ait prêté au Canada. Par des subterfuges, il réussit presqu'à entrer dans Québec. Ensuite, il assiège Québec. Murray, n'ayant plus qu'une faible garnison est inquiet. Murray et Lévis regardent souvent du côté de l'ile d'Orléans. Chacun sait que de la nationalité du premier vaisseau qui paraîtra dépend l'issue du siège de Québec. Le 9 mai apparaît une frégate anglaise. Le 16 mai, la flotte du capitaine Swanton arrive, suivie de celle de lord Colville. Lévis doit battre en retraite vers Montréal, la mort dans l'âme.
  • Canada, juin: Des nouvelles arrivent de France par des messagers venus d'Acadie à travers bois. On apprends que des navires français partis de Bordeaux en avril n'ont pu pénétrer dans le Saint-Laurent et se sont retirés dans la baie de Restigouche. Les secours envoyés par la France comprenaient un détachement d'environ 200 hommes, quelque peu de poudre, des vivres et quelque peu d'armement. (002-112) Mauvaise analyse du gouvernement métropolitain qui eut pour effet de décourager les négociants, les militaires en poste au Canada et l'ensemble de la population.
  • Canada, septembre: Trois armées anglo-américaines se dirigent sur Montréal. Le 10 août, Amherst part d'Oswégo avec 11 000 hommes. En passant, il s'empare du fort Lévis et arrive à Lachine, en face de Montréal, le 6 septembre. Le 27 août, Haviland et ses 3 500 hommes force Bourlamaque à évacuer son retranchement et atteint Longueuil, en face de Montréal, le 6 septembre. Le 14 juillet, Murray et ses 3 500 hommes quitte Québec. En cours de route, il ravage les villages de la rive-nord sans toucher à Trois-Rivières et arrive au bout-de-l'ile le 7 septembre. Lévis veut se battre jusqu'à extinction, Vaudreuil, réaliste et soucieux des intérêts de la population, décide de capituler le soir même. Furieux, ulcéré, Lévis brûle ses drapeaux et brise son épée plutôt que de les rendre. À Paris, on s'étonne que Lévis n'ait pu écraser l'armée d'Amherst et on accusera Vaudreuil d'avoir livré Montréal sans tirer un seul coup de feu. Tragique inconscience à la française.
  • Angleterre: Le droit de propriété est considéré par toutes les capacitées du royaume comme un un droit sacré. (300-144)

1762

  • Canada, Côte-du-Sud: Lors du recensement, il y a 126 Acadiens réfugiés à St-Thomas. (003-63) Ils représentent un apport démographique non négligeable pour la région. (004-78)
  • France: Choiseul interdit les jésuites dans tout le royaume de France. (200-134)

1763

  • Signature du Traité de Paris. La Nouvelle-France passe légalement à l'Angleterre. Seules les îles Saint-Pierre et Miquelon restent françaises.
  • La Nouvelle-France devient alors The province of Quebec. L'Angleterre rédige une constitution la Proclamation Royale. Elle prévoit l'assimilation des Canadiens-français.
  • Premiers mouvements qui mèneront à la Révolution Américaine.
  • Angleterre: La flotte marchande est de 556 000 tonnes. Elle passera à 2 millions de tonnes en 1800. (300-176)
  • Musique, 24 juin: À l'église du monastère des Ursulines de Québec, qui sert d'église paroissiale, Te Deum solennel en remerciement à Dieu d'avoir délivré le pays du fléau de la guerre et d'avoir assuré la continuation de la religion catholique et romaine. (401-48)

Observations Canadiennes

C'est ainsi que se termine l'histoire de la Nouvelle-France. Nous n'avions pas encore atteint la maturité requise pour rejeter l'indolente métropole. Le peuple canadien qui l'habite est profondément meurtri, brisé. Les prochains siècles vouent ce peuple aux métamorphoses, aux errements et aux cruelles incertitudes. Pour les 65 000 survivants de la Nouvelle-France, commence non pas une seconde phase de leur histoire, mais la première phase d'une nouvelle histoire à laquelle certes ils seront intimement liés mais qui, à la limite, peut se faire sans eux. Désormais, les nouvelles têtes d'affiche du pays portent les noms de l'autre: Amherst, Murray, Gage, Burton, Carleton, Marriott, Thurlow . . . .

Boulversement social et décapitation économique, tel sera notre lot

Selon Blanchard, "La France, en partant, laisse une fâcheuse séquelle, 41 millions de livres de papier-monnaie dépréciée, dont une partie seulement put être résorbée"; le monopole commercial passe aux mains des vainqueurs, car on ne peut qualifier de commerce le négoce des modestes boutiquiers canadiens-français.

Les habitants se replient obstinément sur leur petit univers rural; pour longtemps, la puissance économique échappe aux Canadiens français. François-Xavier Garneau explique que "Les habitants ruinés, décimés par tant de combats, ne songèrent plus qu'à se réfugier sur leurs terres pour réparer leurs pertes; et s'isolant de leurs nouveaux maîtres, ils se livrent entièrement à l'agriculture". (411-51)

Note Acadienne

Pendant que la Nouvelle-France perdait plusieurs de ses enfants avec les troupes françaises et quelques familles canadiennes, elle recevait par contre de précieuses recrues dans l'arrivée des Acadiens qui, après de longues pérégrinations, venaient chercher dans nos villes et nos villages un peu de paix et de repos. Ils nous arrivaient les uns de Boston, les autres de la Caroline, de la Géorgie, même de la mère-patrie. Heureux étaient-ils ces exilés de rencontrer des compatriotes qui pouvaient leur donner quelques marques de sympathie. Ceux dont les familles avaient été démembrées (c'était le plus grand nombre) cherchaient avec anxiété les êtres chéris dont ils redoutaient la perte. Combien le retour dut paraître long à ces femmes affaiblies par les privations et les maladies, à ces enfants sans pain ni vêtements. La plume se refuse à décrire les scènes touchantes qui se sont produites au cours du pèlerinage que les Acadiens avaient entrepris. Ce long défilé de malheur excita la compassion de ceux même qui avaient demandé à grands cris la déportation. (008-302)

Conclusion, selon Samuel Baillargeon, sur le colonial français d'Amérique

Deux siècles de vie Américaine ont composé une "nouvelle variété dans la grande famille française": le colonial français d'Amérique. Déjà à cette époque, le Français du Canada est plus américain qu'européen. Les qualités spéculatives du type français métropolitain se sont atténuées, pour laisser le champ libre à une exaltation des dispositions d'ordre pratique. (411-49)

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Au nom de mes ancêtres, je vous dis merci de votre visite