Chronologie de l'histoire du Québec et du Canada-français

Chronologie de l'histoire du Québec, de l'Acadie et du Canada-français: Livre I

-9000 avant Jésus-Christ

  • Musique: Naissance des premières civilisations musicales . . . les outils en pierre polie et en os permettent de façonner d'après un modèle des objets sonores accordés à la hauteur voulue . . . (400v1-46)

-6000

  • Musique: Autour de ce millénaire, dans la vallée du Jourdain, à Jéricho, il y avait probablement 3000 habitants. Une telle concentration urbaine favorise le développement d'une organisation économique et d'une société différenciée par la division du travail . . . la formation d'une tradition musicale exige une société suffisamment structurée pour qu'une partie de la population soit libérée de l'obligation de produire de la nourriture . . .(400v1-50)

-4000

  • Musique: Les premiers témoignages musicaux et les premiers textes cunéiformes, qui nous sont parvenus, tant d'Égypte que d'Asie occidentale, sont datés du début de ce millénaire . . . (400v1-51)
  • Musique: Durant ce millénaire, apparition de la flûte. (400v1-58)

-2000

  • Musique: Durant ce millénaire, apparition de la harpe. (400v1-58)

-1000

  • Autour de ces temps, effondrement de l'Atlantide (012HCF#1-70)
    Les chroniques de l'Égypte, entrevues par Platon, nous donnent à supposer un véritable effondrement. Il n'est pas impossible que les communications entre l'Amérique et l'extrémité occidentale de la Méditerranée aient été soudainement interrompues depuis ce cataclysme, et qu'une terreur superstitieuse ait retenu les marins en dedans des colonnes d'Hercule. A quoi, du reste, peut-on attribuer la répugnance qu'eut à vaincre Christophe Colomb pour décider les hommes du métier à franchir ce redoutable passage et à faire voile sur la mer de l'Ouest qui, selon la croyance populaire, engloutissait ceux qui voulaient en sonder l'étendue et les mystères ? (012HCF#1-70)
  • Durant ce millénaire, disparaissent les "mound builders"
    . . . ces amérindiens, constructeurs de villages entourés de terrasses, qui peuplaient les territoires du Wisconsin, du Missouri et du Mississipi, et dont la disparition remonte à peu près au temps où Charlemagne régnait en Europe . . . moins avancés en civilisation, ces peuples n'étaient pas ignorants de certaines industries et se gouvernaient d'après des lois plus fermes que celles des nomades . . . (012HCF#1-71)
  • Musique: Durant ce millénaire, apparition de la cithare et de la trompette. (400v1-58)

-0000

  • Musique: Découverte vers 338-344, sur un papyrus du début du IIe siècle avant notre ère, d'un fragment d'un choeur de l'Oreste d'Euripide. (400v1-77)
  • Musique: Fragment de notation sur un papyrus de Zénon, découvert au Caire et daté d'environ -250. Il s'agit peut-être de la musique d'une tragédie. (400v1-77)

330

  • Musique: Byzance, devenue Constantinoupolis depuis que Constantin en a fait la capitale de l'Empire, est un véritable conservatoire de la culture hellénique et des nouvelles coutumes chrétiennes, d'où renaîtra l'Occident chrétien culturellement écrasé par les Barbares. Capitale de l'Empire byzantin . . . principal centre religieux et politique . . . Constantinople restera longtemps le foyer rayonnant de l'hellénisme chrétien . . . le creuset où se fondent les cultures . . . L'hymne alexandrine notée sur un des papyrus d'Oxyrhynchos est un témoignage unique, qui se rattache aux origines du chant byzantin . . . la véritable éclosion de la musique byzantine se situe après l'an 398, lorsque saint Jean Chrysostome, devenu patriarche de Constantinople, charge le maître de la musique impériale de composer des hymnes nouvelles, adaptées à la liturgie dont il est le promoteur avec Basile le Grand . . . (400v1-188)

476

  • L'Empire Romain tombe
     Un révolte, parti des hauteurs qui confinent l'Europe à l'Asie. Un débordement de hordes féroces et incultes s'est abattu sur l'univers éclairé par la civilisation. Non seulement Rome et la Grèce ont été dévastées, éteignant ainsi le flambeau des arts, des sciences et des lettres, mais un ébranlement se fit sentir par toute l'Asie, qui trembla sous les pas des barbares. Ne peut-on pas supposer que des races alarmées ont cherché refuge en Amérique par le détroit de Behring ? La route devait leur en être connue. Qui sait encore si des peuplades considérables n'étaient pas déjà rendues à la Colombie anglaise, la Californie, les plaines de l'Ouest ? On s'accorde à reconnaître chez les Sioux et les Iroquois les traits de la race tartare. Il n'y a pas plus de deux cents ans, un missionnaire du Canada retrouva en Tartarie une Sauvagesse qu'il avait baptisée à Montréal. Elle lui dit que ses parents l'avaient amenée par le détroit de Behring, selon l'itinéraire habituel de ces familles nomades. (012HCF#1-72)

535

  • Musique: . . . tandis que les autres formes d'art étaient plongés dans les ténèbres, un nouveau classicisme musical s'édifiait anonymement au sein des communautés monacales . . . dont la plus célèbre est de Venantius Fortunatus (vers 535-600), auteur des hymnes Vexilla regis prodeunt et Pange lingua. Trait d'union entre l'Antiquité, dont il fut le dernier poète, et les temps nouveaux, c'est le plus ancien chanteur connu et ses vers précieux pour Radegonde en font une sorte de troubadour avant l'heure. Il termina sa vie aventureuse comme évêque de Poitiers. (400v1-190)

800

  • Musique, 25 décembre: Charlemagne se fait sacrer empereur d'Occident. Une culture naissante se révèle difficilement. Le chant grégorien est à son honneur, mais ses mélodies se figent dans l'ordo, puisque l'Église est opposée à la libre expression artistique. (400v1-236)

842

  • Littérature: les Serments de Strasbourg définissent le partage de l'Empire entre les fils de Charlemagne. Ils sont reconnus comme étant les premiers textes écrits en langue romane, aujourd'hui appelée "ancien français". (410-25)

987

  • Musique: Chute des Carolingiens. Le monde ancien est en voie de disparition tandis que naît un autre monde sous les premiers Capétiens . . . C'est alors qu'apparaissent de nombreux traits caractéristiques de notre civilisation musicale, qui subsisteront pendant dix siècles: principe évolutif, spécialisation et complexité croissantes, contestation permanente du système par une avant-garde moderne, concept d'oeuvre, d'où l'idée de grande musique . . .(400v1-237)

1000

  • Canada: on constate que les Islandais fréquentaient les côtes du continent nouveau et y traitaient avec les naturels, depuis la rivière Potomac en remontant au nord jusqu'au Groenland, où il y avait des villes et un évêché . . .
    Les Croisades furent prêchées en Amérique; on y perçut le denier de Saint-Pierre plus de trois siècles avant la naissance de Colomb. Les antiquaires et les savants ont retrouvé sur la rivière Norembègue (Pentagoët)des indices qu'une population de race blanche a habité ce pays vers le XIIIe sièc1e. À la même époque, le Nouveau-Brunswick était occupé par les Commerçants du nord de l'Europe. On mentionnait aussi des hommes blancs, quelque part sur notre fleuve, dans la direction de Québec. Il y a apparence que le cataclysme ou envahissement du froid (XIVe siècle) mit un terme aux relations des Islandais avec leurs colonies. Le Groënland, de Greenland ou Terreverte qu'il était, devint un pays de glace, inhabitable. Les banquises se mirent à flotter du Labrador à la Nouvvelle-Écosse; la route du sud, le long des côtes de l'Amérique, se trouva coupée en quelque sorte. Les établissements disséminés dans ces régions furent perdus de vue, et, comme ils n'étaient pas capables de se suffire à eux-mêmes, ils périrent sous les coups des Sauvages. On crut reconnaître, plus tard, dans certains hommes barbus de la Nouvelle- France et de la Nouvelle-Angleterre, les restes de ces petites populations oubliées, mais dont l'existence est incontestable, selon les archives de l'Islande et quelques documents découverts à Rome. Lorsque les Français pénétrèrent en Acadie, ils virent avec surprise que les chefs des Souriquois ou Micmacs portaient la barbe; la vénération du signe de la croix y était répandue partout; certains mots étrangers à la langue de ces peuples ont de la ressemblance avec le vieux langage scandinave, et des bribes de traditions, également conservées parmi eux. (012HCF#1-8)

1070

  • Littérature: La Chanson de Roland est la plus ancienne chanson de geste française. Le manuscrit comporte 4 002 vers de dix syllabes divisés en 291 laisses. Le sujet principal est l'expédition des Français contre les musulmans installés en Espagne depuis la fin du VIIe siècle. (410-28)

1071

  • Musique: Année de naissance du premier troubadour, Guillaume IX, qualifié à l'époque de, "trobar". Pendant plus d'un siècle, l'art du trobar s'épanouit dans les pays de langue d'oc avec un éclat exceptionnel . . . Le plus grand d'entre eux fut Bernard de Ventadour, décédé autour de 1195 . . . il a chanté pour le seigneur de Ventadour, qui s'intéressa le premier au talent du jeune homme, il chanta aussi à la cour d'Aliénor d'Aquitaine, Henri II et Raymond V de Toulouse . . .(400v1-261)

1100

  • Littérature: L'art du troubadour commence et représente une véritable novation. Il est un poète de cour. Le plus ancien troubadour est le duc Guillaume d'Aquitaine. (410-49, 50)

1200

  • Musique: apparition du motet. (400v1-276)

1230

  • Littérature: Un seul roman rassemble les multiples épisodes de la légende de Tristan et Iseut. (410-34)

1235

  • Littérature: Le Roman de la Rose, écrit en langue d'oïl, est le plus lu de toute la littérature médiévale.
    Commencé par Guillaume de Loris et poursuivi par Jean Meung, il est un vaste poème de 22 000 vers. Les auteurs décrivent un rêve qui fait découvrir un verger où dansent Courtoisie, Liesse, Amour, Beauté, Largesse, Allégresse et Franchise. Blessé par les cinq flèches de l'Amour, le poète-amant va désormais partir à la conquête de la Rose (symbole de la femme idéale) et traverser mille épreuves et obstacles. (410-54)

1300

  • Musique: Année de naissance approximative de Guillaume de Machaut en Champagne . . . L'Ars nova est dominé de très haut par la personnalité du Champenois . . . c'est un géni coordinateur, qui résume le passé, invente le présent et cautionne l'avenir . . . Dans ses motets latin, virelais . . . ballades . . . rondeaux, motets français (profanes), Messe . . . il témoigne de son aisance à maîtriser l'art nouveau, que souvent il dépasse. (400v1-293)

1325

  • Musique: Philippe de Vitry (1291-1361): Poète, compositeur, diplomate, secrétaire des rois de France Charles IV et Philippe IV, cumule les prébendes de chanoine et devient évêque de Meaux en 1351. Son célèbre traité, Ars nova musicae (vers 1325), est le fondement de la révolution musicale qui s'opère en France. (400v1-204)

1362

  • Angleterre: L'anglais devient la langue officielle du royaume. Rejet du français par les élites. Le français cède sa place à l'anglais en 1377. Le premier chef d'oeuvre de la littérature "anglaise" est écrit par Chaucer et porte le titre de Canterbury Tales. (300-61)

1380

  • Musique: Année de naissance de l'Anglais John Dunstable, musicien, mathématicien, astronome, décédé en 1453. Il est le plus grand compositeur depuis Machaut. (400v1-308)

1400

  • Musique: Année approximative de la naissance de Guillaume Dufay. Il serait décédé à Cambrai le 27 novembre 1474. Ses oeuvres: Neuf messes complètes (ses chefs-d'oeuvre), une quarantaine de fragments de messes, environ quatre-vingt-dix motets ou hymnes (sacrés et profanes): soixante chansons françaises, sept chansons italiennes, dont l'admirable Vergine de Pétarque. (400v1-413)

1430

  • Musique: Année de naissance approximative de Joannes Okeghem. Il serait décédé en 1496 probablement à Tours. Chan tre des ducs, élève de Dufay et au services des rois, il a composé dix-neuf messes, parmi lesquelles la plus ancienne messe de Requiem polyphonique, des motets; dix-neuf chansons françaises. À sa mort, le poète Guillaume Crétin consacre plus de quatre cents vers à son panégyrique. (400v1-317)

1431

  • Littérature: Naissance de François Villon, le plus célèbre poète français du Moyen Âge. (410-57)

1450

  • Littérature: La littérature théâtrale est à ses débuts. (410-42)

1453

  • La prise de Constantinople par les Turcs rend difficile la route des caravanes reliant l'Europe et l'Asie. L'événement favorise l'arrivée d'explorateurs qui cherchent des routes pour se rendre en Chine, au Japon et aux Indes. (100-15)
  • Musique: fin de la guerre de Cent Ans. Année charnière entre le Moyen-âge et la Renaissance. (400v1-306)

1455

  • Angleterre, mai: Le duc d'York fait prisonnier son roi et devient protecteur du royaume. L'Angleterre entre dans une période d'anarchie qui durera un bon 30 ans. (300-63)

1470

  • France: L'imprimerie apparaît à Paris. (200-108) Quelques mois plus tard, plusieurs ateliers essayent d'appliquer à la notation musicale, le procédé typographique de Gutenberg. (400v1-322)

1485

  • Angleterre: L'arrivée de Henri VII, et ses efforts aboutissent à une remis en ordre du royaume et à une consolidation de la dynastie. (300-65)

1492

  • 12 octobre: Christophe Colomb débarque à San Salvador. Il se croit aux Indes, mais n'est pas certain. Le roi Ferdinand et la reine Isabelle le reçoivent en triomphateur et le nomment amiral de la mer Océane et vice-roi des Indes. (100-15, 16) / Il sera emprisonné après avoir révélé le nouveau monde aux marins de la vieille Europe. (012HCF#1-8)
    Les Européens qui suivirent les traces de Christophe Colomb en Amérique étaient conduits par cinq inspirations : 1, découvrir des mines d'or et d'argent; 2, courir les aventures; 3, trafiquer avec les Sauvages; 4, répandre le christianisme; 5, fonder des colonies durables, susceptibles de devenir un duplicata des nationalités du vieux monde : la Nouvelle-Espagne, la Nouvelle-Angleterre, la Nouvelle-France.
    C'est à la réunion de toutes ces idées que le Canada doit la révélation de sa géographie; et c'est aux deux dernières qu'il doit l'établissement de ses colons.
    (012HCF#1-7)

1497

  • Canada: John Cabot, à bord du navire le Mattews, quitte le port de Bristol en Angleterre. Il atteint Terre-Neuve et probablement le Cap-Breton et la Nouvelle-Écosse. (100-16) / Il reçut dix louis de récompense pour cette découverte. (012HCF#1-8)
    Angleterre: Henri VII confie aux frères Cabot le soin de découvrir une route d'Asie . . . entre 1497 et 1509, la Nouvelle-Écosse et la baie d'Hudson (?!?) sont ainsi découvertes. (300-66)

1500

  • Canada: Gaspard Cortéréal parcourt les abords du golfe des Trois-Frères (aujourd'hui le Saint-Laurent). (012HCF#1-8)
  • Canada: jusqu'à ce temps, les vallées du Saint-Laurent et de l'Ottawa sont occupées par deux grandes races, parlant chacune sa langue propre : la race iroquoise et la race algonquine. (012HCF#1-74) - - - les français les nommèrent Iroquois parce que ces derniers terminaient leurs harangues par le mot "hiro": j'ai dit. (012HCF#1-75)
  • Canada: les Algonquins chassent les Iroquois des bords du fleuve et s'y installent. Les Iroquois vont se fixer entre le lac Champlain et le lac Ontario. (012HCF#1-83)
  • Canada: Entre 1500 et 1530, les Hurons (Iroquois) reprennent Montréa1 sur les Iroquets (Algonquin). (012HCF#1-83)

1501

  • Musique: Parution du premier volume, entièrement fabriqué sur presse, sur la musique. Il sort des presses d'Ottaviano Petrucci sous le titre de Harmonice musices Odhecaton. Avant ce livre, il y avait eu le Collectorium super Magnificat de Gerson en 1473. Imprimé par Conrad Fyner à Esslingen, avec une brève illustration musicale où les portées sont ajoutées à la main. (400v1-322, 324)

1502

  • Canada: des marchands de Bristol parcourent les abords du golfe des Trois-Frères (aujourd'hui le Saint-Laurent). (012HCF#1-8)

1506

  • Canada: Jean Denys et Velasco parcourent les abords du golfe des Trois-Frères (aujourd'hui le Saint-Laurent). (012HCF#1-8)

1508

  • Canada: Thomas Aubert parcourt les abords du golfe des Trois-Frères (aujourd'hui le Saint-Laurent). (012HCF#1-8)

1509

  • Angleterre: Henri VIII est couronné roi d'Angleterre. Il est le type du roi-chevalier, vigoureux et apte à tous les combats, il est le modèle des courtisans par son savoir, ses capacités littéraires. Il est un des plus remarquables, peut-être le plus intelligent qu'ait connu l'Angleterre. (300-68)

1515

  • France, 25 janvier: François 1er est sacré roi de France Reims.
    Il a 20 ans et succède à son cousin et beau-père Louis XII, mort le 1er janvier. Il est né le 12 septembre 1494 à Cognac en Charente de Charles de Valois, comte d'Angoulême et de Louise de Savoie. Il se marie avec Claude de France, la fille de Louis XII, le 7 avril 1514. (201)
    Il est important de parler de François 1er dans le cadre de cette chronologie, car il est celui qui a envoyé Jacques Cartier au Canada. (ndlr)
  • France, 13 septembre: Avide de gloire et de conquête, le jeune monarque décide de suivre les traces de ses prédécesseurs en marchant sur l’Italie. Dès le mois d'août, il franchit les Alpes avec son armée pour s’emparer du duché de Milan. Arrivé sur les lieux en septembre, il se heurte aux mercenaires suisses appelés en renfort par le pape. La bataille va se prolonger jusqu’au 14 septembre, se soldant par la victoire du roi de France. François Ier s’empressera alors de demander au seigneur Bayard d’être fait chevalier de ses mains. Ce triomphe conduira également à la signature d'un traité de "paix perpétuelle" avec les cantons helvétiques. (201)
  • Musique: Sous le titre de La Guerre, Clément Janequin compose une chanson évoquant la victoire de François 1er sur les troupes suisses à Marignan. Le succès fut immense et durable. (400v1-348)

1516

  • France: Après avoir passé deux ans à Rome, Léonard De Vinci quitte l'Italie pour la France. Il s'établit près d'Amboise, sous la protection du Roi de France, François Ier, qui le nomme "Premier peintre, architecte, et ingénieur du Roi" et l'installe au manoir du Clos-Lucé où il participe à des projets d'urbanisme. (201)
  • France, 8août: François Ier signe le concordat de Bologne, par lequel il s’octroie tous les droits sur l’évêché français. (201)
  • France, 29 novembre: Paix de Fribourg; François Ier signe avec la Confédération helvétique un traité de paix assurant la "paix perpétuelle" entre les deux pays. Contre paiement d’une forte compensation financière, la France est assurée de la neutralité des Suisses en cas de conflit et obtient la possibilité de puiser dans les armées helvétiques. (201)

1517

  • France, 7 février: Soucieux de favoriser l'essor commercial du pays, François Ier délivre la charte de création du port du Havre. En octobre de l'année suivante, l'un de ses navires, l'Hermine, sera le premier à y entrer. (201)

1518

  • Canada: le baron de Léry fait une première tentative d’établissement, par les français, sur l'Ile de Sable. (012HCF#1-9)

1519

  • France, janvier 1er: L'empereur Maximilien s'éteint subitement. François 1er désire obtenir le poste. Les négociations reprennent. Joachim de Brandebourg est le premier à revenir vers François (il s'est vu promettre en mariage la jeune Renée de France, seconde fille de Louis XII, alors âgée de huit ans et il a appris qu'elle n'arrivera pas les mains vides mais qu'au contraire sa dot sera confortable). L'archevêque de Mayence, se dit, lui aussi, acquis à la cause du roi de France (cela lui vaut un cadeau de 120,000 florins et une rente annuelle). (202-57) ndlr: ces deux exemples démontrent que ce n'est pas d'aujourd'hui que les gens en poste achètent les autres. L'enveloppe brune . . . c'est vieux comme le monde!
  • France, 28 juin: Au grand dam de François 1er, Charles Quint (d'Autriche) est proclamé roi des romains et empereur.

1520

  • France, 7 juin: François Ier et le roi d'Angleterre Henri VIII se rencontrent près de Calais. Cette entrevue porte essentiellement sur le maintien de l'équilibre européen et sur l'attitude à adopter vis-à-vis du Saint Empire romain germanique, le roi d'Espagne ayant été élu empereur sous le nom de Charles Quint un an plus tôt. Désormais encerclé par les possessions de l’empereur, François Ier espère convaincre le roi d’Angleterre de faire alliance avec la France. Il déploie pour cela tout le luxe et le prestige possible pour le recevoir, au Camp du Drap d’or. Mais le rapprochement d'Henri VIII avec Charles Quint deux semaines plus tard effacera tout le bénéfice que François Ier pensait tirer de cette rencontre. (201)
  • Musique: Une grande variété de guitares apparaît en Espagne. La vihuela de mano y connaîtra un énorme succès entre 1520 et 1580. L'ancêtre de la guitare apparaît durant l'Antiquité. Vers le XIe siècle, elle se présente sous deux formes: la morache, un genre de luth et la guitarra latina, qui est approximativement la guitare que nous connaissons aujourd'hui. (400v1-230)

1522

  • France, 27 avril: Les troupes de François Ier, sous le commandement de Lautrec, sont défaites par les forces de Charles Quint, à Bicoque. La France est alors contrainte d’abandonner le duché de Milan à son pire ennemi. (201)

1523

1524

  • Canada: Jean Verazzani s’arrête à Terre-Neuve, au cours d’une exploration faite pour le compte de François Ier. (012HCF#1-9)
  • États-Unis: Giovanni da Verrazzano laisse des récits détaillés de son voyage sur les côte est de l'Amérique du Nord à son commanditaire François 1er. (100-16)
  • France, 26 octobre: L'armée française emmenée par François Ier s'empare de Milan qui appartenait à Charles Quint. Le lendemain les Français mettront le siège devant Pavie. (201)

Au fil de vos lectures, si vous vous demandez, "qui régnait durant cette période ?"
Nous avons probablement la réponse ici !

1525

  • France, 24 février: Alors que les canons français de Genouillac mettent à mal les ennemis espagnols à Pavie, le roi, dans la précipitation et l’impatience de vaincre, se lance au galop à l’assaut des rangs adverses. De peur de blesser le roi, les tirs de l’artillerie française cessent aussitôt. Les Espagnols en profitent pour agir et encercler le monarque. L'armée de François Ier est complètement massacrée, pendant que le roi est fait prisonnier avec plusieurs de ses généraux. François Ier sera enfermé à la chartreuse de Pavie puis transféré en Espagne où il deviendra l'otage de Charles Quint. (201)

1526

  • France, 14 janvier: Prisonnier de Charles Quint depuis février 1525, François Ier signe le traité de Madrid afin d’être libéré. Il s’engage alors à céder la Bourgogne et à renoncer à toutes ses prétentions sur l’Italie. (201)
  • France: 17 mars: Prisonnier de Charles Quint depuis sa défaite à Pavie, le roi de France est libéré de sa prison de Madrid. Le traité négociant sa libération l’oblige à céder à l'empereur la Bourgogne et à remettre ses deux fils, François et Henri, comme otages. François Ier s'empressera de renier cet accord et s'alliera avec les princes italiens et le pape au sein de la Ligue de Cognac, contre Charles Quint. (201)

1527

1528

  • Musique: À partir de cette date, paraissent chez l'éditeur parisien Attaingnants, différents recueils de Chansons musicales à quatre parties. Jusqu'en 1552, il publiera plus de cinquante volumes représentant plus de mille cinq cent chansons. (400v1-346)

1529

  • France, 3 août: Pour mettre fin à la guerre entre la France et les Habsbourg, Louise de Savoie, mère de François Ier et Marguerite d’Autriche, tante de Charles Quint, signent la paix de Cambrai, ou paix des Dames. Pour sceller cette entente, François Ier, veuf depuis plusieurs années, accepte d’épouser Éléonore de Habsbourg, la soeur de l’empereur. En outre, il récupère la Bourgogne mais s’engage encore à renoncer à l’Italie. Enfin, en échange d’une énorme rançon, les deux fils du roi sont libérés. Mais la rancune du roi de France conduira à de nouveaux conflits. (201)
  • Angleterre: Thomas Cromwell professe l'anglicanisme, qui se résume à une méfiance traditionnelle envers la papauté et de la volonté de ne pas subir son autorité. (300-98)
  • Angleterre: Le Parlement est réuni fréquemment et on ne songe plus à s'en passer. (300-121)

1530

  • France: Convaincu par Guillaume Budé, François Ier fonde un collège royal destiné à enseigner le grec, l’hébreu et le latin. L’établissement deviendra, sous la restauration, le fameux Collège de France. (201)
  • France, 4 juillet: François Ier épouse Éléonore de Habsbourg. (201)
  • Angleterre: À ce moment là, l'Église d'Angleterre est une Église Catholique et depuis plusieurs années, défenseur avisé de la foi, Henri VIII pourchasse l'hérésie dans son royaume. (300-94)

1531

  • Angleterre, 11 février: Le roi est reconnu par la Convocation de Canterbury comme le chef suprême de l'Église anglaise. (300-99)
  • Angleterre, 10 avril: Une loi interdit le paiement des annates et l'appel des procès à Rome. (300-100)

1532

  • Angleterre, 16 mai: L'Église d'Angleterre prend l'engagement de soumettre ses décrets au gouvernement royal et accepte la révision de toutes les lois existantes par une commission de seize membres du parlement et de seize ecclésiastiques. (300-100)
  • Musique: Né en cette année à Mons, Roland de Lassus (Orlando di Lasso) est décédé à Munich en 1594. Prolifique et respecté compositeur, il a écrit 53 messes, 4 Passions, 100 Magnificat, 1000 motets et compositions assimilées, 200 madrigaux et villanelles, 150 chansons françaises et 100 lieder allemands. (400v1-355)
  • Littérature, août: Rabelais fait paraître à Lyon son Pantagruel, roi des Dipsodes.

1533

  • Angleterre, 23 mai: Une commission ecclésiastique présidée par Cranmer, prononce le divorce du roi. (300-100)
  • Angleterre, septembre: Le pape publie sa bulle d'excommunication contre le roi Henri VIII. (300-200)

1534

  • Canada, 20 avril: avec deux navires et 61 hommes, Cartier quitte St-Malo. Premier voyage au Canada. (001-17)
  • Canada, 10 mai: Cartier longe la côte, bifurque au sud par l'actuel détroit de Belle-Isle, et se dirige vers le continent, quelque part au sud de la baie des Chaleurs. (001-17)
  • Canada, 12 juin: Cartier rencontre des habitants à Blanc-Sablon, voici ses mots;
    . . . si la terre était aussi bonne qu'il y a bons havre, ce serait un bien, mais elle ne se doit nommer Terre-Neuve, mais pierres et rochers friables et mal rabotés; car en toute ladite côte du nord, je n'y vis une charrettée de terre, et pourtant j'y suis descendu en plusieurs lieux. Sauf à Blanc-Sablon, il n'y a que de la mousse, et de petits bois avortés. A la fin, j'estimai que c'est la terre que Dieu donna à Caïn. Il y a des gens à ladite terre, qui ont assez belle corpulence, mais ils sont gens farouches et sauvages. Ils ont leurs cheveux liés sur leurs têtes, en façon d'une poignée de foin serré, et un clou passé au milieu, ou autre chose et y lient des plumes d'oiseaux. Ils se vêtent de peaux de bêtes, tant hommes que femmes; mais les femmes sont plus closes et serrées en leurs dites peaux, et ceintes par le corps. Ils se peignent de certaines couleurs tannées. Ils ont des barques, en quoi ils vont par la mer, qui sont faites d'écorce de bois de bouleau, avec lesquelles ils pêchent force loup marins. Depuis que je les ai vus, j'ai su que là n'est par leur habitation, et qu'ils viennent des terres plus chaudes, pour prendre lesdits loups marins et autres choses, pour leur vie . . . (010v1-112)
  • Canada, 29 juin: Cartier atteint l'Ile Saint-Jean (aujourd'hui Île-du-Prince-Édouard) en ces mots:
    . . . l'avant dernier jour du mois, le vent vint au sud-un quart du sud-ouest, nous fîmes courir à l'ouest, jusqu'au mardi, dernier jour du mois, au soleil levant, sans avoir connaissance d'aucune terre, sauf que le soir nous vîmes terre apparaissant comme deux iles, qui nous demeurait à ouest-sud-ouest, environ neuf ou dix lieues . . . Faisant chemin, nous connûmes que ce qui nous était apparu comme deux iles était terre ferme (c'était l'Île-du-Prince-Édouard), qui gisait sud-ouest et nord-nord-ouest, jusqu'à un cap de terre, très beau, nommé cap d'Orléans (aujourd'hui cap Kildare). Toute cette terre est basse et unie, la plus belle qu'il soit possible de voir, et pleine de beaux arbres et prairies; mais nous n'y pûmes trouver havre, tellement elle est basse terre, et toute bordée de sable . . . Nous descendîmes par barques ce jour (le 1er juillet) en quatre endroits, pour voir les arbres, qui sont merveilleusement beaux, et de grande odeur, et trouvâmes que c'étaient cèdres, ifs, pins, ormes blancs, frênes, saules et autres, plusieurs à nous inconnus, tous arbres sans fruits. Les terres où il n'y a pas de bois sont fort belles et toutes pleines de pois, groseilliers blancs et rouges, fraises, framboises et blé sauvages comme seigle, qui semble y avoir été semé et labouré. Cette terre est de la meilleure température qu'il soit possible de voir, et de grande chaleur; et il y a force grives, ramiers et autres oiseaux. Il n'y manque qu'un havre . . .(010v1-124)
  • Canada, 8 juillet: Des européens et des amérindiens de la Baie-des-Chaleurs font du troc, selon les mots de Cartier:
    . . . le jeudi, huitième du mois, le vent n'étant pas bon pour sortir avec nos navires, nous équipâmes nos barques pour aller découvrir ladite baie . . . le lendemain au matin, nous eûmes bon temps et fîmes voile . . . nous trouvâmes le fond de ladite baie, ce dont nous fûmes tristes et dépités . . . il y avait, par-dessus les terres basses, des terres à montagnes très hautes. Et, voyant qu'il n'y avait pas de passage, nous commençâmes à nous en retourner . . . le long de la côte, nous vîmes les sauvages sur l'orée d'un étang et de basses terres, qui faisaient plusieurs feux et fumées, Nous allâmes au dit lieu . . . Nous mîmes nos barques d'un côté de ladite entrée (aujourd'hui la pointe de Tracadièche). Les sauvages passèrent avec une de leurs barques, et nous apportèrent des pièces de loup marin, tout cuit, qu'il mirent sur des pièces de bois; et puis se retirèrent . . . Nous envoyâmes deux hommes à terre avec des hachettes et des couteaux, des chapelets et autres marchandises, de quoi ils montrèrent grande joie. Et tout de suite passèrent en foule avec leurs barques . . . avec des peaux et ce qu'ils avaient pour échanger avec notre marchandise. Ils étaient, tant hommes et femmes qu'enfants, plus de trois cents. Une partie de leurs femmes, qui ne passèrent pas, dansaient et chantaient, étant en la mer jusqu'au genoux. Les autres femmes . . . vinrent franchement à nous et nous frottaient les bras avec les mains, et puis levaient les mains jusqu'au ciel, en faisant plusieurs signes de joie; et tellement ils s'assurèrent avec nous qu'enfin nous marchandâmes, main à main avec eux, de tout ce qu'ils avaient, de sorte qu'ils ne leur restait autre chose que les corps nus, nous ayant donné tout ce qu'ils avaient, qui est chose de peu de valeur. (010v1-134)
  • Canada, 24 juillet: ". . . nous fîmes faire une croix de trente pieds de haut, qui fut faite devant plusieurs sauvages, sur la pointe de l'entrée du havre, sous le croisillon de laquelle mîmes un écusson en bosse, à trois fleurs de lys, et dessus, un écriteau en bois, gravé de grosses lettres de forme où il y avait VIVE LE ROI DE FRANCE". Tel fut l'acte de naissance du Canada. Il est dressé, près de Gaspé, par Jacques Cartier, navigateur de Saint-Malo et maître pilote, arrivé là, au commandement de 2 navires, sur commission donnée par lettres patentes de Francois 1er, quatre mois auparavant.
    Cette décisive aventure avait pris forme sous les voûtes du Mont-Saint-Michel, par la rencontre de François 1er, venu là en pèlerinage, et du révérendissime père abbé du Mont, Le Veneur, qui en avait conçu le projet et avait présenté au roi l'homme capable de le réaliser: Jacques Cartier. Mais il fallait, avant de mettre à la voile, obtenir l'accord du pape, dont le prédécesseur, Alexandre VI, avait reconnu aux Espagnols et aux Portugais, en 1493, la souveraineté exclusive des terres à découvrir dans ce qu'on appelait alors les "Indes Occidentales", à l'ouest des Açores . . . le souverain pontife Clément VII fit connaître que la "donation" d'Alexandre VI ne s'appliquait qu'aux terres déjà découvertes . . . la conquête du monde était désormais ouverte aux non-Ibériques. (010v1-10 et 139)
  • Canada, 5 septembre: Cartier arrive en France, suite à son premier voyage au Canada. Le vice-amiral de France, La Milleraye, le pousse à aller plus loin dans sa découverte par l'organisation d'un deuxième voyage. (010v1-12 et 148)
  • États-Unis: Walter Raleigh découvre la Virginie. (100-377)
  • France: 9 août: Le navigateur français Jacques Cartier atteint l'embouchure du fleuve qu'il baptise du même nom que le saint du jour, Saint-Laurent. Il a réussi à convaincre le roi François Ier de financer un voyage pour découvrir le passage par le nord entre l'Océan Atlantique et Pacifique. Il ramènera de son voyage, des cartes et deux Indiens. Le roi impressionné donnera son accord pour qu'il entreprenne plus avant son expédition. Jacques Cartier viendra remonter le Saint-Laurent l'année suivante. (201)
  • France, 18 octobre: L'Affaire des "placards". Imprimés à Neuchâtel sous l'instigation du pasteur François-Antoine Marcourt, les "placards" sont des affiches protestantes. Elles s'opposent à la messe et accusent le pape de l'avoir instauré dans le but d'asseoir son pouvoir. Elles sont "placardées" dans la nuit du 17 au 18 octobre dans toute la France, jusque dans les appartements du roi François Ier à Amboise. Selon les protestants de l'époque les "placards" sont des: "Articles véritables sur les horribles, grands et insupportables abus de la messe royale". Cet épisode aura des conséquences dramatiques pour les protestants de France. François Ier, croyant au complot, décidera de faire la chasse aux "hérétiques". L'affaire des "placards" mettra un terme à la tolérance religieuse qui régnait en France depuis quelques années. (201)
  • François Rabelais écrit Gargantua.
  • Angleterre, janvier: Le Parlement vote plusieurs Statuts; ils fixent les modes de nomination des ecclésiastiques. (300-100)
  • Angleterre, novembre: 3 actes sont passés: L'Acte de Suprématie établit le roi comme chef de l'Église anglaise. Un second acte exige un serment de tout adulte au roi. Le troisième acte condamne pour trahison toute résistance aux décisions royales. (300-100)
  • Angleterre: Le Parlement représente la volonté nationale, il est appelé à définir les règles de la succession royale, il est invité à définir les statuts de la religion nouvelle. (300-121)

1535

  • Canada, 19 mai: Cartier quitte la France avec 110 hommes et 3 navires, la Grande Hermine, la Petite Hermine et l'Émerillon. Deuxième voyage au Canada. (001-18)
    Les mots de Cartier avant le départ: le dimanche, jour et fête de Pentecôte, seizième de mai de l'an 1535, du commandement du capitaine et bon vouloir de tous, chacun se confessa, et nous reçûmes tous ensemble notre Créateur en l'église cathédrale dudit Saint-Malo. Après lequel avoir reçu, nous fûmes nous présenter au choeur de ladite église, devant révérend père en Dieu, M. de Saint-Malo (Cartier voulait dire: François Bahier, évêque coadjuteur de Saint-Malo), lequel, en son état épiscopal, nous donna sa bénédiction.
    Et le mercredi suivant, dix neuvième jour de mai, le vent vint bon et convenable, et nous appareillâmes . . .
    (010v1-153)
  • Canada, 26 juillet: Cartier se retrouve dans le détroit de Belle-Isle. (001-18)
  • Canada, 10août: Cartier s'engage dans le fleuve St-Laurent où "jamais homme n'avait été au bout". (001-18)
    Cartier reconnait les sites de Tadoussac, Québec, Montréal. Il s'arrête devant les rapides de Lachine, puis revient sur le site de l'actuelle ville de Québec. Pour la première fois, des Européens vont construire une habitation sur le continent nord-américain et y passer l'hiver. Cartier et ses hommes connaitront un hiver extrêmement difficile et le scorbut fera mourir vingt cinq d'entre eux. Toute l'expédition aurait été anéantie sans la médecine miracle révélée par un chef indien. (010v1-13)
  • Canada, 30 septembre: Il est important de transmettre de bonnes portions des Relations de Cartier qui se prépare à entrer dans Hochelaga, occupé par des Hurons (Iroquois). Hochelaga est aujourd'hui devenu un quartier de Montréal: . . . dès le matin, le capitaine s'accoutra et fit mettre ses gens en ordre pour aller voir la ville et demeurance dudit peuple, et une montagne qui est jointe à la ville, où avec le capitaine allèrent les gentilshommes et vingt mariniers, et il laissa le surplus pour la garde des barques, et il prit trois hommes de la ville de Hochelaga pour le mener et conduire audit lieu. Et nous étant mis en chemin le trouvâmes aussi battu qu'il soit possible de voir, en la plus belle terre et merveilleuse plaine : des chênes aussi beaux qu'il y en a en forêt de France, sous lesquels toute la terre était couverte de glands. Et nous, ayant fait environ une lieue et demie, nous trouvâmes sur le chemin l'un des principaux seigneurs de la ville de Hochelaga, avec plusieurs personnes, lequel nous fit signe qu'il fallait se reposer audit lieu, près d'un feu qu'ils avaient fait au chemin.
    Et lors ledit seigneur commença à faire un sermon et prêchement, comme il est dit ci-devant que c'est leur coutume de faire joie et connaissance, ce seigneur faisant accueil au capitaine en sa compagnie; lequel capitaine lui donna une couple de haches et une couple de couteaux, avec une croix et remembrance du crucifix, qu'il lui fit baiser et lui pendit au cou; de quoi il rendit grâces au capitaine.
    Cela fait, nous marchâmes au-delà; et à environ une demi-lieue de là nous commençâmes à trouver les terres labourées, et belles grandes campagnes pleines de blé de leurs terres, qui est comme mil de Brésil, aussi gros ou plus que pois (il s'agit en fait du mais), duquel ils vivent ainsi que nous faisons du froment. Et parmi ces campagnes est située et assise la ville de Hochelaga, près et joignant une montagne qui est alentour d'elle, bien labourée et fort petite, de dessus laquelle on voit fort loin. Nous nommâmes cette montagne le mont Royal (La ville de Montréal n'a pas tiré son nom de ce mont, mais du nom du fils du "Seigneur de Montréal", Claude de Pont-Brian, un compagnon de Cartier). La ville est toute ronde et close de bais à trois rangs, en façon d'une pyramide croisée par le haut, ayant la rangée intérieure en façon de ligne perpendiculaire puis rangée de bois couchés de long, bien oints et cousus à leur mode, et la hauteur est d'environ deux lances. Et il n'y a en cette ville qu'une porte et entrée qui ferme à barres, sur laquelle et en plusieurs endroits de la clôture il y a manières de galeries et échelles à y monter, lesquelles sont garnies de roches et de cailloux pour la garde et la défense de celle-ci. Il y a dans cette ville environ cinquante maisons, longues d'environ cinquante pas au plus chacune, et de douze ou quinze pas de large, toutes faites de bois, couvertes et garnies des grandes écorces et pelures des dits bois, aussi larges que des tables, bien cousues artificiellement suivant leur mode; et par dedans celles-ci il y a plusieurs aires et chambres. Et au milieu de ces maisons il y a une grande salle par terre où ils font leur feu, et vivent en communauté; puis ils se retirent en leurs chambres, les hommes avec leurs femmes et enfants. Et, pareillement, ils ont des greniers en haut de leurs maisons, où ils mettent leur blé, duquel ils font leur pain, qu'ils appellent « caraconi »; et ils le font de la manière ci-après. Ils ont des piles de bois comme à piler le chanvre, et ils battent avec pilons de bois le blé en poudre, puis l'amassent en pâte, et en font des tourteaux qu'ils mettent sur une pierre chaude, puis ils la couvrent de cailloux chauds, et ainsi cuisent leur pain au lieu de four. Ils font pareillement force potages dudit blé, et de fèves et de pois, dont ils ont assez, et de gros concombres et autres fruits. Ils ont aussi des vases grands comme des tonnes, en leurs maisons, où ils mettent leur poisson, savoir: anguilles et autres, qui sèchent à la fumée durant l'été, et dont ils vivent en hiver; ils en font un grand amas, comme nous avons vu par expérience. Tout leur vivre est sans aucun goût de sel, et ils couchent sur des écorces de bois étendues sur la terre, avec de méchantes couvertures de peaux, dont ils font leurs vêtements, savoir : loirs, castors, martres, renards, chats sauvages, daims, cerfs et autres sauvagines; mais la plus grande part d'eux sont quasi tout nus. La plus précieuse chose qu'ils aient en ce monde est l'esurgni, qui est blanc; et ils le prennent au fleuve, en cornibots, de la manière qui suit. Quand un homme a mérité la mort, ou qu'ils ont pris quelque ennemi à la guerre, ils le tuent, puis l'incisent sur les cuisses et les jambes, les bras et les épaules, à grandes taillades; puis, aux lieux où est ledit esurgni, ils descendent ledit corps au fond de l'eau, le laissent dix ou douze heures, puis le retirent amont, et trouvent dans les taillades et incisions lesdits cornibots, dont ils font des colliers; et usent comme nous faisons de l'or et de l'argent, les tenant la plus précieuse chose du monde : il a la vertu d'étancher le sang des narines, car nous l'avons expérimenté.
    Ce peuple ne s'adonne qu'au labourage et à la pêche pour vivre, car les biens de ce monde ne font compte, parce qu'ils n'en ont pas connaissance; et ils ne sont pas nomades comme ceux de Canada et de Saguenay, bien que lesdits Canadiens leur soient assujettis, avec huit ou neuf autres peuples qui sont sur le fleuve. (010v1-189)
  • France, 13 janvier: Se sentant menacé par les idéologies luthériennes, le roi de France fait interdire toute impression de livres. Il annule sa décision quelques jours plus tard mais conserve le principe de la censure qu'il confie à une commission du parlement de Paris. (201)
  • Musique, 3 octobre: . . . entrant dans la bourgade indigène de Hochelaga (site de Montréal), Jacques Cartier commande de sonner les trompettes et autres instruments. Il est de tradition de commencer l'histoire musical du futur Québec par cet événement. (401-13, 18)

1536

  • Canada, février: Durant l'hiver, le scorbut s'empare des membres de l'expédition. Cartier en parle dans ces mots:
    . . . en décembre 1535, nous fûmes avertis que la mortalité s'était tellement mise au peuple de Stadaconé que déjà, de leur confession, plus de cinquante en étaient morts; à cause de quoi nous leur fîmes défense de venir à notre fort . . . la mortalité commença autour de nous d'une extraordinaire sorte, et la plus inconnue . . . la maladie (le scorbut) prit tellement en nos navires qu'à la mi-février, de cent dix hommes que nous étions, il n'y en avait pas dix sains . . . déjà il y avait huit morts . . . quelques temps plus tard, il n'y avait pas 3 hommes sains . . . Un jour, notre capitaine, voyant la maladie si émue et ses gens si fort pris d'elle, étant sorti hors du fort, et se promenant sur la glace, vit venir une bande des gens de Stadacopné, en laquelle était Domogaya, que le capitaine avait vu dix ou quinze jours auparavant fort malade, de la même maladie qu'avaient ses gens . . . le capitaine lui demanda comment il s'était guéri de sa maladie. Domogaya répondit qu'il s'était guéri avec le jus et la feuille d'un arbre, et que c'était le seul remède pour cette maladie. Alors le capitaine demanda s'il n'y en avait point là alentour, et qu'il lui en montrât pour guérit: son serviteur qui avait pris ladite maladie en la maison du seigneur Donnaconna, ne lui voulant déclarer le nombre des compagnons qui étaient malades. Alors ledit Domogaya envoya deux femmes avec notre capitaine pour en chercher; lesquelles en apportèrent neuf ou dix rameaux, et nous montrèrent qu'il fallait piler l'écorce et les feuilles dudit bois, et mettre le tout bouillir en l'eau, puis boire de ladite eau de deux jours l'un, et mettre le marc sur les jambes enflées et malades; et ledit arbre s'appelle en leur langage 'annedda' (sapin du Canada), Bientôt après le capitaine fit faire du breuvage pour faire boire aux malades, desquels il n'y en avait aucun qui voulût essayer, sinon un ou deux qui se mirent en aventure d'en essayer. Bientôt après qu'ils en eurent bu, ils eurent l'avantage qui se trouva être un vrai et évident miracle, car de toutes les maladies dont ils étaient entachés, après en avoir bu deux ou trois fois, ils recouvrèrent santé et guérison. Après avoir vu cela, il y eut une telle presse qu'on se voulait tuer sur ladite médecine à qui le premier en aurait; de sorte qu'un arbre, aussi gros et aussi grand que je vis jamais, a été employé en moins de huit jours, lequel a fait telle opération que, si tous les médecins de Louvain et de Montpellier y eussent été avec toutes les drogues d'Alexandrie, ils n'en eussent pas tant fait en un an que ledit arbre a fait en huit jours; car il nous a tellement profité que tous ceux qui en ont voulu user ont recouvré santé et guérison, grâce à Dieu. (010v1-219)
  • Canada, 16 juillet: De son deuxième voyage, Cartier est de retour à Saint-Malo. Le roi de France, confronté à de graves difficultés n'a guère le temps de prendre acte des découvertes de Cartier. (010v1-14)
  • France: Jean Calvin publie l'Institutio religionis christianae. Il reprend et adapte les positions luthériennes. Désormais, le pouvoir royal considère le calvinisme comme étant une menace à supprimer. (200-110)
  • France, 4 février: Le roi de France signe le traité dit "des capitulations" avec le sultan ottoman Soliman le Magnifique. En guerre contre l'empereur Charles Quint pour la possession de la Savoie et de Turin, François Ier compte sur cette alliance, inédite à l'époque entre une nation chrétienne et une nation musulmane pour affronter son ennemi sur le front de l'Europe centrale. (201)
  • Angleterre: Cromwell promulgue les "X articles" pour le rétablissement d'une meilleure discipline, la mise à la disposition des fidèles d'une Bible en anglais, le développement de l'éducation religieuse et la prédication contre Rome. (300-101)

1539

  • France, 31 août: L'ordonnance royale (François 1er) de Villers-Cotterêts impose aux curés de tenir un registre des baptêmes régulier et précis, et surtout stipule que dorénavant tous les actes officiels devront être rédigés en langue d'oïl, celle de Paris et du Val-de-Loire, par là-même appelée à devenir le français, tout comme le florentin, appelé à devenir l'italien. Le latin ne sera plus utilisé dans les actes administratifs. (200-110)
  • France: du Bellay publie sa Défense et Illustration de la langue française. (200-108)
  • Angleterre: À l'instigation e Cromwell, le Parlement vote "L'Acte des VI articles": surtout dirigé contre les réformateurs trop zélés et conserve l'essentiel des dogmes catholiques. (300-101)

1541

  • Canada, 15 janvier: François 1er jalouse son "frère" de Madrid parce que ce dernier a plusieurs vice-roi outre-Atlantique. Il rêve lui aussi d'un vice-roi qui participerait largement aux frais de l'aventure en Canada en échange du titre. Par lettres patentes, il nomme à ce titre, un de ses courtisans, bon soldat et même expert en fortification, riche propriétaire foncier, François de la Roque de Roberval, un des mécène de Marot. (010v1-19) . . . . .Ce Roberval a les pleins pouvoirs pour instituer, au Canada, les cadres militaires, administratifs et judiciaires requis pour le développement d'une communauté française. Le roi ajoute à ses visées mercantilistes et colonialistes une préoccupation missionnaire: convertir les indigènes au catholicisme. (001-19) . . . . 5 vaisseaux partiront pour le Canada. Quand il franchit l'ile de Terre-Neuve, il rencontre Cartier qui lui est sur son retour en France. L'expédition de Roberval est un échec et il faudra organiser en 1543, une expédition de secours pour rapatrier les sujets de la vice-royauté de Canada qui se trouvaient "en grand besoin de nécessité". (010v1-21)
  • Canada, 23 mai: Cartier quitte la France avec cinq navires et 376 hommes. Trois mois plus tard, il arrive à Stadaconé au terme d'une traversée mouvementée. Troisième et dernier voyage de Cartier au Canada. (001-19) . . . Ce voyage est celui de la désillusion: échec dans l'exploration au delà du site de Montréal vers le fabuleux royaume du Saguenay (?), guerre avec les Indiens pendant l'hivernage, expertise négative de l'or et des diamants qu'il ramène en France. (010v1-20)

1543

  • Canada, 3 avril: Cartier avait à se plaindre de Roberval. A peine rentré en France, il avait demandé et obtenu que leur cause fût soumise au juge de l'amirauté, le litige portant sur la part afférente des frais des deux personnages dans l'armement des navires de l'expédition; mais, comme Roberval ne revenait pas, le roi donna commission à Cartier d'aller le prendre avec sa colonie et de les ramener en France. Le découvreur partit donc, vers l'automne de 1543, et retourna le printemps suivant avec les débris de la bande de Roberval. Le 21 juin 1544, le tribunal donnait gain de cause à Cartier sur tous les points disputés. (012HCF#1-23)
    En hauts lieux, on surnommait Roberval de "petit roi de Vimeu". Ce dernier avait à lutter contre les Sauvages, le climat, le mal-de-terre, la famine et la conduite de ses gens. Ceux-ci composaient une troupe parfaitement indisciplinée. Pour maintenir l'ordre, il fallait recourir au fouet, au cachot, à la potence. Des hommes et des femmes furent fustigés, un nommé Michel Gaillon subit le supplice de la corde, "au moyen de quoi ils vécurent en paix et tranquillité". Si ces commencements de colonie eussent réussi, observe M. l'abbé Ferland, l'on aurait continué le même système, et Dieu sait quel horrible état de société en serait résulté. (012HCF#1-21)
  • Angleterre: Publication de The Necessary Doctrine an Erudition for any Christian Man: l'ouvrage marque les limites de la réforme henricienne. (300-101)

Quelques notes sur Jacques Cartier:
Jean Cartier, né en 1428, épousa, le 2 novembre 1457, Guillemette Beaudoin et vécut à Saint-Malo. De leurs cinq ou six enfants, l'aîné, Jamet, James ou Jacques, suivant les épellations du temps, naquit le 4 décembre 1458, et épousa, vers 1485, Jeffeline Jansart, à Saint-Malo. De ce mariage provinrent trois enfants, deux filles et un garçon, lequel est le célèbre navigateur, Jacques Cartier, né a Saint-Malo, le 31 décembre 1494.
Il était maître-pilote lorsque, le 2 mai 1519, il contracta mariage avec Marie-Catherine Des Granches, fille du chevalier Jacques-Honoré Des Granches, connétable ou gouverneur de la ville et cité de Saint-Malo. Qu'il ait ou non visité les côtes de Terreneuve dans sa jeunesse, il est évident qu'il n'ignorait pas ce que ses concitoyens savaient de ces pays de pêche et de traite. Par l'intermédiaire de Philippe de Chabot, amiral de France, que son beau-père pouvait sans doute approcher, et le vice-amiral Charles de Mouy, sieur de la Meilleraye, Cartier se fit proposer au roi pour aller en découvertes sur la trace de Verazzani, perdu depuis 1525 dans les mers qui avoisinent ce que l'on appelait la Nouvelle-France.
Comme il possédait une maison et un jardin situés près de l'hôpital Saint-Thomas, clans la ville de Saint-Malo, on peut croire qu'il y fit de temps à autre sa demeure; mais la "maison du Cartier", autrement appelée "Limoilou", et qui était dans sa famille depuis au moins l'année 1500, l'attirait davantage.
François Ier étant mort le 31 mars 1547, sans avoir, croyons-nous, honoré le découvreur du Canada de marques de distinction, son fils, Henri II, lui donna des lettres de noblesse avec le titre de seigneur de Limoilou; du moins la chose est acceptée par les antiquaires. Ceci paraît avoir eu lieu en 1549, puisque, avant cette date, Cartier est constamment qualifié de "capitaine" dans les actes qui le mentionnent jusqu'au 20 décembre 1548, et que, le 29 septembre 1549, on s'exprime ainsi: Jacques Cartier sieur de Limoilou, présent dans nos murs (Saint-Malo). (012HCF#1-25)

1544

  • France, 16 septembre: La guerre entre François Ier et Charles Quint s'achève avec la paix de Crépy-en-Laonnois. Le roi de France s'engage à renoncer aux conquêtes du Milanais, de l'Aragon, de Naples, de la Flandre et de l'Artois et l'empereur fait de même avec le duché de Bourgogne. Après des années de conflits, les deux belligérants commençaient à manquer sérieusement de moyens financiers. (201)

1547

  • France, 31 mars: Mort de François Ier. A 53 ans, le roi de France meurt dans son château de Rambouillet. Malade depuis des mois, il avait déjà reçu l'extrême-onction. Les funérailles du "Grand roi François" dureront deux mois. Le 24 mai son cercueil sera descendu dans la crypte de l'abbaye royale de Saint-Denis. Symbole de la Renaissance française, François Ier cède la place à son fils, Henri II, âgé de 28 ans. (201)

1552

  • Musique: supplément musical sur les Amours de Ronsard (400v1-352)

1555

  • France: À l'initiative de Coligny, amiral de France, 600 colons catholiques et huguenots sont jetés sur la côte du Brésil, où ils fondent Fort-Coligny et Henry-Ville, dans la baie qui allait devenir celle de Rio de Janeiro. La colonie est commandée par Nicolas de Villegagnon et elle ne survivra pas dues aux oppositions religieuses. En 1559, les Portuguais sont redevenus maître de la future baie de Rio. (010v1-23)

1557

  • Canada, 1er septembre: Cartier décède dans sa ville natale de Limoilou en France. (001-20)

1558

  • Angleterre: On crée à Londres, sous la suggestion de Gresham, le Royal Exchange, une grande bourse de commerce. (300-92)
  • Angleterre: Londres est un grand port et un grand centre de redistribution des marchandises venues de partout. Elle approche le 100 000 habitants. (300-92)

1559

  • France, juin: L'édit d'Écouen annonce l'envoi dans toutes les provinces de commissaires royaux. Ils sont chargés d'extirper les hérétiques protestants et huguenots. L'on dénombre déjà un bon millier de temples et l'on peut estimer que 5% (environ 1 000 000) de la population pratique ces religions. (200-110, 111)
  • Angleterre: C'est avec l'accession au trône d'Élisabeth, fille d'Anne Boleyn, que durant les 5 prochaines années, s'organisera une Église anglicane dont les fondations s'avéreront des plus durables. (300-102, 103)

1560

  • Canada: Vers ces années, 3 héritiers directs de Jacques Cartier ne voulaient céder à aucun l'exploitation du Canada ni la partager; mais ils avaient affaire à forte partie; leurs concitoyens opéraient sans permission, avec autant d'aisance que s'ils eussent été munis de parchemins royaux. Ni la cour ni la France ne tenaient compte du Canada, et ne le connaissaient pas même de nom. Lorsqu'il était question des pays d'Amérique, l'imagination se reportait sur les colonies du sud, de la Floride ou le Brésil, et c'était tout. De colonisation proprement dite, il n'en était point parlé. (012HCF#1-27)
  • Canada, en fin d'année: Roberval est assassiné à Paris. (001-20)
  • France: Durant ces années, les guerres de religion se succèdent sans répit. (200-112)

1562

  • France: Une tentative colonisatrice vise la Floride. Le huguenot Ribault y fonde Charlesfort. Ce dernier abandonne Charlesfort et la colonie n'a plus qu'à se rapatrier. (010v1-24)
  • 1er mars: Massacre de Huguenots à Wassy; début des guerres de Religion de 1562 à 1598.

1563

  • Angleterre: Le Statut des Apprentis et Artisans donne certaines garanties de stabilité aux travailleurs. Il édicte aussi des contraintes rigoureuses et prescrit la fixation du salaire par les juges de paix, chaque année, après consultation de personnes compétentes et avisées. (300-81)
  • Angleterre: Pour développer la pêche, une loi ordonne qu'il y aura trois jours de consommation de poisson par semaine. Les pêcheries deviennent d'excellentes écoles de marins. (300-90)

1564

  • France: Coligny charge le huguenot Laudonnière de fonder Fort-Caroline sur les mêmes lieux de Charlesfort en Floride. Il doivent abandonner et revenir en France sur un vieux rafiot. Juste avant leur départ, arrive de France, 4 navires, neuf cents colons et soldats dirigés par Ribault. Mais la flotte n'a pas encore commencé son débarquement qu'arrivent six voiles de grands vaisseaux espagnols. Ce fut un massacre. Ribault fut tué et quelques rares hommes purent rentrer en France. (0110v1-24)

1567

  • Musique: Année de naissance de Claudio Monteverdi. Étudie auprès des fameux maîtres de ce temps. Il compose des opéras, des musiques religieuses et des Madrigaux. Se mariera avec la chanteuse Claudia Cattaneo et décédera en 1643 à Venise. (400v1-370)

1570

  • Canada: Champlain naquit à Brouage, en Saintonge, d'un père marin qui se qualifiait de "noble homme". (001-25)

1572

  • France, 24 août: Massacre de la Saint-Barthélemy; Catherine de Médicis, pousse son fils Charles IX à ordonner l'exécution des principaux chefs protestants, venus à Paris à l'occasion du mariage de Marguerite, la soeur du roi, avec Henri de Bourbon-Navarre, jeune figure de proue du parti huguenot. (200-112)

1578

  • Canada: les anglais fondent Saint-Jean à Terre-Neuve. Ceci est le début d'une saga entre la France et l'Angleterre. Le poste de Saint-Jean, établissement éphémère, sera repris d’une manière stable, par les Anglais, en 1613. (#012HCF#1-28)
  • Canada: M. de la Roche dépose, sur la même "ile de Sable" (voir 1518) la seconde expédition colonisatrice française. (#012HCF#1-9)

1579

  • Angleterre: population de quatre millions et demi. (300-74)

1580

  • France: Montaigne inaugure un nouveau genre littéraire; l'essai. (200-112)

1585

  • États-Unis: Sir Walter Raleigh fait un voyage de 2 ans dans une région qu'il nomme Virginie. Il installe une centaine de colons sous la gouverne de Richard Grenville. À cause de nombreuses difficultés, ces colons durent retourner dans leur pays. (100-19)

1586

  • Canada: publication, en France d'une tragédie intitulée Acoubar, ou la Loyauté trahie, elle a eu deux rééditions, à Rouen, en 1603 et 1611.
    Il s'agit des amours de Pistion et de Fortunie dans leur voyage au Canada. Ces héros imaginaires sortaient du cerveau de maître Jacques Du Hamel, avocat au parlement de Normandie. Le langage qu'on y tient est aussi maniéré que les situations en sont impossibles. Acoubar, roi de Guylan, envoye Pistion, gentilhomme français, amant de Fortunie, infante d'Astracan et protégée de Castio, roi de Canada, faire des courses dans la Nouvelle-France. Le poète chasse au loin le naturel, et celui-ci ne revient pas au galop. Il ne faut pas s'étonner de ces fantaisies ridicules, puisque, deux siècles plus tard, la même littérature était encore bien accueillie en France. Et n'a-t-on pas vu, tout récemment (ce livre est écrit autour de 1880), le feuilleton répéter de pareils contes, qui ont enrichi leurs auteurs. (012HCF#1-28)

1587

  • États-Unis: Un voyage, conduit par John White, installe quelques colons. On ne retrouvera aucun survivant de ce petit groupe. (100-19)

1597

  • Angleterre: La loi des Pauvres ordonne, sous la responsabilité des juges de paix, que des secours soient accordés aux indigents sous forme de travail ou de charité en cas d'invalidité ou de jeune âge. (300-81)

1598

  • Canada, mi-avril: Le Marquis de La Roche, favori de Catherine de Médicis, quitte la France et choisit d'établir ses colons sur l'ile de Sable, au large de la Nouvelle-Écosse. Il avait reçût du roi Henri III, les pleins pouvoirs pour établir une colonie en Canada . . . . De La Roche recruta ses colons dans les prisons. Il les déposa sur l'ile de Sable, à environ 150 milles en mer à l'ouest de l'Acadie et les oublia pendant 7 ans. (010v1-22)
    À peine libérée de ses obligations de guerre, la France tente de redonner vie au projet Canada par cette lettre citée partiellement: "Henry, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut."
    "Le feu roi François 1er, sur les avis qui lui auroient été donnés qu'aux isles et Pays de Canada, Isle de Sable, Terres-Neuves et autres adjacentes, pays très-fertiles et abondants en toutes sortes de commodités, il y avait plusieurs sortes de peuples bien formés de corps et de membres, et bien disposés d'esprit et d'entendement, qui vivent sans aucune connaissance de Dieu, auroit (pour en avoir plus ample connoissans) iceux pays fait découvrir par aucuns bons pilotes et gens à ce connoissans . . . donné pouvoir à Jean-François de la Rocque, sieur de Roberval, pour la conquête des dits pays . . . Donné à Paris, le douzième jour de janvier, l'an de grâce mil cinq cent quatre-vingt- dix-huit et de notre règne le neuvième. Signé : HENRY".
    (012HCF#1-34)
  • Angleterre: William Lee invente le métier à tisser. (300-85)

1600

  • Canada: Pierre Du Guast, sieur des Monts et Dupont-Gravé fondent un poste de traite à Tadoussac et y laissent 16 hommes.(001-24)
  • États-Unis: Les anglais de la Virginie font déjà des pêches miraculeuses dans la région de l'Acadie, ainsi que la traite des fourrures. (100-27)
  • Musique, février: Cette année va être décisive pour la formation d'un nouveau genre de spectacle, nommé opéra. Cavalieri fait présenter à Rome, dans l'oratoire de la Vallicella, sa Rappresentazione di Anima e di Corpo, nuovamente posta in musica per recitar cantando. (400v1-426)
  • Musique: Le développement du violon est pratiquement parfait. Jadis relégué dans les tavernes, cet instrument a été l'objet de recherches minutieuses . . . Monteverdi utilise déjà une technique très évoluée . . . (400v1-504)

1601

  • Canada: Le roi Henri IV accorde le titre de "géographe royal à Champlain. (001-25)

1602

  • Canada: La rencontre de deux personnes comme Champlain et Pontgravé fut un bonheur pour le Canada. A partir de 1602, ils consacrèrent leur existence, conjointement, à la fondation d'une colonie sur les rivages de l'Atlantique, puis dans l'intérieur des terres, à Québec.
    L'été et l'automne de 1602 se passèrent en pourparlers. Il en résulta que les marchands et armateurs de Rouen entrèrent dans les vues de M. de Chaste et qu'une compagnie "se lia", prête à entrer en fonction au printemps suivant. Les Malouins, croyant que le Canada leur appartenait à cause de lettres échangées au temps de Jacques Cartier, firent un procès aux intéressés de Rouen. (012HCF#1-60)

1603

  • Canada: On ne put que constater le ruine de la petite colonie du Marquis de La Roche, établit depuis 1578. (001-24)
  • Canada: Aymar de Chaste organise une compagnie de marchands et ordonne à son capitaine Dupont-Gravé de s'adjoindre Samuel de Champlain pour explorer le St-Laurent. (001-26)
    Voici comment Champlain décrit l'événement dans son livre "Les Voyages de Samuel Champlain": Le roi Henri IV, l'an 1603, a commissionné l'amiral Aymar de Clermont-Chatte, commandeur de l'ordre de Malte, gouverneur de Dieppe, pour organiser la Nouvelle-France, au pays de Canada et terres adjacentes.
    Le sieur de Pont-Gravé, marchand de Saint-Malo et Honfleur, habitué du Canada, commandera, à bord de la "Bonne-Renommée", la petite flotte de trois barques de douze à quinze tonnes qui, financée par une compagnie de gentilshommes et de négociants, procède à une première mission d'études.
    Le sieur de Prévert et le capitaine Colombier, Malouins, commanderont les deux autres barques.
    Enfin M. de Gebvre, secrétaire des commandements du roi, a donné au Sieur du Pont-Gravé l'ordre de recevoir en son vaisseau le sieur Samuel Champlain, de Brouage, "afin qu'il lui fît voir et reconnaître tout ce qu'il pourrait, et assistât de ce qu'il lui serait possible en cette entreprise".
    (010v2-7)
    Nous partîmes de Honfleur le quinzième jour de mars 1603 . . . nous fûmes contrariés d'une grande tourmente, qui paraissait être plutôt foudre que vent, qui dura l'espace de dix-sept jours . . . nous eûmes connaissance d'un banc de glace qui durait plus de huit lieues de long . . . le 24 dudit mois (mai) nous vînmes mouiller l'ancre devant Tadoussac, et le 26 nous entrâmes dans ledit port, qui est fair comme une anse à l'entrée de la rivière du Saguenay. (010v2-12)
  • Canada, 27 mai: Champlain et ses compagnons rencontrent des amérindiens tout près de Tadoussac. Les Français se font amis avec des amérindiens qui ont pour pire ennemi, les Iroquois:
    Ils faisaient cette réjouissance pour la victoire par eux obtenue sur les Iroquois, dont ils en avaient tué quelque cent, auxquels ils coupèrent les têtes, qu'ils avaient avec eux pour leur cérémonie. Ils étaient trois nations quand ils furent à la guerre, les Etchemins (habitant le Maine et le Nouveau-Brunswick), Algoumequins (Algonquins habitant les rives de la rivière des Outaouais), et Montagnés (Montagnais habitant le nord-est du Saint-Laurent), au nombre de mille, qui allèrent faire la guerre auxdits Iroquois (Vallée du Richelieu), et en assommèrent une centaine; la guerre qu'ils font n'est que par surprise, car autrement ils auraient peur, et craignent lesdits Iroquois, qui sont en plus grand nombre . . . (010v2-16)
  • Canada, 18 juin: Champlain et ses compagnons: "partîmes de Tadoussac pour aller au Saut". Le Saut est en fait le rapide de Lachine en amont de Montréal. Voici les observations de Champlain, chemin faisant:
    . . . île d'Orléans . . . fort plaisante et unie . . . (010v2-29)------ . . . au bout de ladite île, je vis un torrent d'eau (les chutes de Montmorency) qui débordait de dessus une grande montagne . . . et dessus . . . est terre unie et plaisante à voir, bien que dedans lesdites terres l'on voit de hautes montagnes (la chaine des Laurentides) . . . qui sont proches du premier saut du Saguenay . . . (010v2-29) ------ . . . nous vînmes mouiller l'ancre à Québec, qui est un détroit (Québec veut dire détroit dans certains langage indiens) de ladite rivière de Canada (fleuve Saint-Laurent) . . . où il y a de bonnes terres pleines d'arbres, comme chênes, cyprès, boulles, sapins et trembles. et autres arbres fruitiers sauvages et vignes. Ce qui fait qu'à mon opinion, si elles étaient cultivées, elles seraient bonnes comme les nôtres. Il y a le long de la côte dudit Québec des diamants dans des rochers d'ardoise . . . (010v2-30)------ du côté nord, il y a une rivière qui s'appelle Batiscan, qui va fort avant en terre, par où quelquefois les Algoumequins viennent . . . (010-v2-31)------ . . . . le bien que pourrait apporter l'habitation des Trois-Rivières: ce serait un lieu propre pour habiter, et pourrait-on le fortifier promptement, car sa situation est forte en soi, et proche d'un grand lac (Lac Saint-Jean) . . . lequel presque joint la rivière du Saguenay, selon le rapport des sauvages . . . Aussi que l'habitation des Trois-Rivières serait un bien pour la liberté de quelques nations qui n'osent pas venir là, à cause desdits Iroquois, leurs ennemis . . . (010v2-33)------ . . . depuis Trois-Rivières . . . nous vînmes mouiller à un lac (lac Saint-Pierre) il y a une rivière (rivière Richelieu) qui est assez grande et qui va dans les terres . . . à l'entrée de la rivière des Iroquois (Richelieu), où était cabanés et fortifiés les Sauvages . . . leur forteresse est faite de quantité de bâtons fort pressés les uns contre les autres, . . . et leurs canots arrangés les uns contre les autres sur le bord . . . les Sauvages disent qu'a quinze lieux, il y a un saut fort haut, où ils portent leurs canots pour le passer environ un quart de lieu, et entrent dans un lac (le lac Champlain), où à l'entrée il y a trois belles îles . . . puis à la fin dudit lac, il y a un autre saut, et rentrent dedans un autre lac (le lac George) au bout duquel sont cabanés les Iroquois . . . ils disent aussi qu'il y a une rivière (la rivière Hudson) qui va rendre à la côte de la Floride . . . (010v2-36) . . . nous vînmes mouiller contre une petite île (Market Gate Island, aujourd'hui intégrée aux quais de Montréal) . . . il y a deux grandes îles (l'île de Montréal et l'île Perrot) . . . il y a encore une autre île (île Saint-Paul) . . . puis une autre île (île Ronde) . . . il y a proche dudit saut une montagne (le Mont-Royal) . . . venant à approcher dudit saut (saut Saint-Louis ou rapide de Lachine) avec notre petit esquif et le canot, je vous assure que jamais je ne vis un torrent d'eau déborder avec une telle impétuosité . . . (010v2-40) ------ . . . En outre ce premier saut, il y en a dix autres, la plupart difficile à passer . . . par bateau . . . mais avec les canots des Sauvages l'on peut aller librement et promptement en toutes les terres . . . l'on pourra voir ce qui se peut, bon et mauvais, dans un an ou deux . . . (010v2-41) . . . nous partîmes dudit saut le vendredi quatrième jour de juin . . . le vendredi dixième dudit mois, nous fûmes à Tadoussac, où était notre vaisseau . . . (010v2-47) . . . (Champlain voyage vers les côtes de la Gaspésie, de la Baie des Chaleurs, de la côte Nord, avant de revenir à Tadoussac) nous vînmes de là audit port de Tadoussac le troisième d'août . . . (010v2-53) . . . (Champlain visite les côtes de l'Acadie et) le vingt-quatrième jour d'août, nous partîmes de Gachepay (Gaspé) . . . le vingtième dudit mois (septembre) nous arrivâmes . . . au port du Havre-de-Grâce. (010v2-58)
  • Canada: Entre Montréal et Québec, Champlain trouve les rives du fleuve inhabitées. Les Algonquins, battus par les Iroquois, se sont repliés sur l'Ottawa. (012HCF#1-84)
  • Canada, 8 novembre: l'Amiral Aymar de Clermont-Chatte étant mort, le roi Henri IV donne la concession de la Nouvelle-France, avec titre de lieutenant-général, à Pierre du Gua, sieur de Mons (paroisse Royan), huguenot, un des anciens officiers dans la guerre contre la Ligue. (010v2-61)
  • Angleterre: La population de Londres touche 200 000 personnes. (300-92)

1604

  • Canada: Champlain fait son second voyage au Canada sous le gouverne de Pierre du Guast, sieur des Monts. Cette expédition compte une centaine de colons dont le pharmacien Louis Hébert. L'expédition tentera, sans succès, de prendre racine sur l'Ile Ste-Croix. Champlain entreprend un relevé des côtes de l'Acadie et de la Nouvelle-Angleterre. (001-27)

Nous avons des photos de l'Ile Ste-Croix. Elles datent de 2008.
Cette ile est située au milieu de la rivière Ste-Croix; d'un côté, les rives du Maine aux USA et de l'autre, les rives du Nouveau-Brunswick au Canada. Voir l'ile ici.

1606

  • Canada: Champlain atteint Cap Code. (001-28)
  • Canada: Champlain et Marc Lescarbot fondent, à Port-Royal, l'Ordre du Bon Temps entreprise surtout culinaire. (001-183) (411-24)
  • États-Unis, 10 avril: Le roi d'Angleterre émet des lettres patentes établissant deux Virgiana Companies: la London Virgiana Company, autorisée à coloniser une région située entre le 34e et le 41e parallèles; et la Plymouth Virginia Company, située entre le 38e et le 45e parallèles. La profondeur de ces 2 territoires est de cent milles à l'intérieur des terres. Les tentatives de ces 2 entrepreneurs n'ont pas de suite. (100-21)
  • Canada, 14 novembre: En guise de consolation de n'avoir près soi un chacun sa mignonne, Lescarbot présente le Théâtre de Neptune en rimes françaises faites à la hâte. Ce qui fait dire à un contemporain quand les Français s'installent quelque part, la première chose qu'ils font, montent un théâtre, les Anglais un comptoir, les Espagnols un couvent. (001-183) - - Le Théâtre de Neptune sera publié dans les Muses de la Nouvelle-France à Paris, en 1609. (401-18)
    Lescarbot est le premier à aligner des vers en terre d'Amérique. Son livre, Les Muses de la Nouvelle-France, contient des pièces intéressantes. (411-25)
  • Littérature: Naissance de Corneille. Il fera Le Cid en 1637, Horace en 1640, Cinna en 1642 . . . (410-150 et 154)

1607

  • Canada: La Compagnie de Sieur de Monts perd son monopole exclusif de la traite. Privé des revenus essentiels au financement de l'entreprise coloniale, cela signera à toute fin pratique, l'arrêt de mort de l'Acadie française. (001-28)
    A la fin de l'année 1607, deux projets étaient proposés: l'un, celui de Poutrincourt, consistait à reprendre les opérations de Port-Royal; l'autre, celui de Champlain, demandait que l'on fît choix du Saint-Laurent pour y fonder un poste. De Monts était ruiné, ou à peu près. Champlain n'avait jamais possédé les ressources indispensables à une telle entreprise. Poutrincourt avait quelques moyens, mais il tenait pour l'Acadie, et il comptait sur certaines influences pour relever l'établissement de Port-Royal. Madame de Guercheville, personne de grande piété, et qui désirait contribuer à la conversion des Sauvages, avait résolu de débourser les sommes nécessaires à cet objet, mais en Acadie seulement. En vain Champlain lui représenta-t-il, ainsi qu'au Père Coton, jésuite, confesseur du roi, le danger perpétuel qu'il y aurait de se trouver en conflit avec les Anglais le long de ces côtes coupées par un nombre infini de ports, de bouches de rivières, etc.; il n'y eut pas moyen de la faire pencher pour Tadoussac, Québec ou le Saut. Champlain démontra aussi que les Sauvages de l'Acadie étaient clairsemés, au lieu qu'il y en avait davantage sur le Saint-Laurent . . . (012HCF#1-85)
  • États-Unis, 13 mai: Partis du quai de Blackwall sur la Tamise, 3 navires, le Suzan Constant, le Godspeed et le petit Discovery arrivent à Paspahegh (deviendra Jamestown en Virginie). Le voyage s'est bien passé mais rapidement, les problèmes voient le jour sur terre: problèmes de santé, vers qui infeste la nourriture, réserves d'eau qui s'épuisent, épidémie qui éclate. Les dirigeants de colons ont de la difficulté à se maintenir en poste. John Smith réussi à s'imposer. Il traite avec les indiens et obtient des vivres. Pendant ce temps, les navires anglais débarquent d'autres colons. En peu de temps, ils atteignent 500 dont seulement 2 femmes. L'économie n'est guère prospère et l'agriculture insuffisante pour nourrir la population. (100-21) La colonie attirera surtout des aventuriers britanniques qui cherchent à s'enrichir rapidement. (101-17)

1608

  • Canada, 7 janvier: Champlain insiste auprès du sieur de Mons pour que soient abandonnées les courses à la découverte vers le sud tenu par les Espagnols, au profit d'un retour vers le Saint-Laurent. Le roi Henri IV, par concession octroyé à Mons confirme cette orientation. Mons nomme Champlain son lieutenant, qui choisit Québec pour la première installation, l'Acadie étant, à son jugement, trop difficile à garder. (010v2-71)
  • Canada, 3 juillet: Écrits de Champlain décrivant son arrivée devant Québec:
    De l'Ile d'Orléans jusqu'à Québec, il y a une lieue, et j'y arrivai le 3 juillet, où étant, je cherchai lieu propre pour notre habitation, mais je ne pus trouver de plus commode, ni mieux situé que la pointe de Québec, ainsi appelée par les Sauvages, laquelle était remplie de noyers . . . (010v2-71)
  • Canada, 8 juillet: Samuel de Champlain, Saintongeois, géographe royal, père de la Nouvelle-France, passionné de nature, bâtit l'Abitation de Qvebecq. C'est ainsi que naît la Nouvelle-France, dont Québec sera le coeur entre Tadoussac et l'archipel d'Hochelaga. (001-28,29)
  • Canada: Champlain contracte une alliance avec les nomades, Montagnais et Algonquins, ennemis des Iroquois. (001-32)

Quelques notes sur Samuel de Champlain
La figure attrayante de Champlain se montre à la première page de la colonisation du Canada ; elle prend tout l'espace dans ce cadre encore petit, et déborde pour ainsi dire au dehors. De quelque côté que l'on retourne ou que l'on renverse la page, toujours Champlain se retrouve au sommet, Grands noms de noblesse, ou titres pompeux, aventuriers habiles, ou autres, Chauvin, le commandeur de Chaste, Pontgravé, de Monts, Poutrincourt, madame de Guercheville, le comte de Soissons, le prince de Condé, le duc de Ventadour, l'amiral de Montmorency, tous, même le cardinal de Richelieu, s'effacent devant la persévérance, l'activité, le patriotisme du fondateur de Québec - celui que l'on peut à bon droit appeler le premier Canadien. Ils ne sont strictement que des aides, des auxiliaires, des outils, des comparses ou des seconds rôles, tandis que Champlain reste l'âme de tout le mouvement. Lui seul pouvait surmonter, un par un, durant plus d'un quart de siècle, autant d'obstacles qu'il en fallut pour décourager cinquante marchands, dix coureurs d'aventures et quatre ou cinq princes du sang. Aucune tache ne ternit cette belle mémoire. Dévoué à une noble cause, il l'a servie jusqu'à la mort. Ses travaux ont été une semence extraordinaire. Son nom résume tout le commencement de notre histoire.
Samuel de Champlain, fils d'Antoine de Champlain, capitaine de la marine, et de Marguerite Le Roy, naquit à Brouage, en Saintonge, l'année 1567. On a inféré de son nom de baptême qu'il était d'une famille huguenote; mais Antoine et Marguerite, noms de son père et de sa mère, sont aussi catholiques que tout autre, et rien ne justifie une supposition d'ailleurs dépourvue de toute preuve.
Champlain était, dit-on, d'une famille de pêcheurs. Dans certains actes il est qualifié de "noble homme"; mais pas plus cela que la particule "de" n'atteste la noblesse de rang ou de sang. M. l'abbé Laverdière observe que la plupart des Canadiens actuels, en recourant à leurs anciens titres écrits, pourraient constater qu'ils descendent, eux aussi, d'un "noble homme" qui ne reçut jamais de lettres de noblesse. (012HCF#1-41)

1609

  • Canada, entre février et avril: Le scorbut attaque les membres de la nouvelle colonie; 18 en sont frappés, 10 en meurent. (010v2-84)
  • Canada: Le conflit franco-iroquois éclate. (001-32)
  • Canada, 29 juillet: Les Hurons et les Algonquins demandent à Champlain de les accompagner dans une expédition punitive contre les Iroquois. Champlain accepte. Il quitte Québec avec 12 Français et une centaine d'Algonquins, passe par le Richelieu et se rend au lac qui porte son nom, le lac Champlain. Il y a entente entre les 2 camps comme quoi la bataille aura lieu le lendemain matin. Au début de la bataille, les Algonquins et les Hurons ouvrent les rangs et laissent paraître les Français. Champlain, empanaché et superbe, décharge son arquebuse et tue 2 chefs indiens. Complètement médusés par le "tonnerre des Français" les Iroquois fuient en tous sens. Les indiens venaient de découvrir la poudre à fusil.(001-32)
  • Canada, 5 septembre: À partir du port de Tadoussac, Champlain s'embarque pour le France. Il fera discours de son voyage à Sa Majestée. (010v2-110)
  • Canada: Marc Lescarbot, avocat, homme d'affaire et homme de lettres. de retour d'un séjour de 3 ans en Acadie, publie à Paris une pompeuse Histoire de la Nouvelle-France en trois volumes. Ces volumes contiennent aussi un recueil de poèmes larmoyants intitulé Les Muses de la Nouvelle-France. (001-194)
  • États-Unis: À Amsterdam, Henry Hudson, conçoit le projet d'ouvrir par le nord un passage qui conduirait en Asie. En cette même année, il explore le fleuve Hudson. Suite è ce voyage, les Hollandais fondent New Amsterdam qui deviendra New York. (100-114)
  • États-Unis: Émission d'une deuxième charte royale à la Virginia Company.

1610

  • Canada: Le Baron de Poutrincourt fait des efforts héroïques pour relancer l'Acadie. (001-29)
  • Canada, 19 juin: Champlain renouvelle son exploit en expulsant une bande d'Iroquois qui s'étaient établis dans un fortin sur le Richelieu. Cette fois, les Iroquois combattent bravement. (001-33)
  • Canada: Champlain autorise le jeune Étienne Brûlé à hiverner chez les Algonquins. Brûlé devient ainsi le premier coureur des bois. Le premier d'une longue lignée de diplomates, éclaireurs, émissaires à sillonner toute l'Amérique du Nord. Entre 1670 et 1760, quelque 13050 hommes obtinrent des permis de course. (001-79) N'allez surtout pas croire que le début du régime anglais (1760) fera mourir cette profession.
  • Canada: Henry Hudson, passé au service de l'Angleterre, est le premier à franchir le détroit qui porte son nom. Il descend même jusqu'à la baie de James. (100-114)

1611

  • Canada, 10 septembre: Rentré en France, Champlain retrouve Mons à La Rochelle. Mons aussi gouverneur de Pons liquide sa compagnie canadienne parce qu'il n'a pu obtenir le renouvellement de son privilège de traite. Presque ruiné, Mons se contentera désormais de son gouvernement de Saintonge. Champlain devra se trouver de nouveaux protecteurs de haute volée car les traitants malouins prétendent que la Nouvelle-France leur appartient, parce que Jacques Cartier était né à Saint-Malo. (010v2-128)
  • Canada: Champlain défend son projet de Nouvelle-France dresse des mémoires qu'il présente à Monsieur le Président Pierre Jeannin (1540-1622). Aussi, il s'adresse à Monseigneur le Comte de Soissons, à sa Majesté et à nosseigneurs. (010v2-132)

1612

  • États-Unis: John Rolfe donne une impulsion nouvelle au développement de la colonie. Il introduit la culture du tabac blond, originaire de Trinidad. (100-22)

1613

  • Canada, 28 août: Champlain arrive en France. (010v2-134)
  • Canada: Arrivée, en Amérique, du premier colon français: Guillaume Couillard de Lespinay. (008-14)
  • Canada: Une expédition de Virginiens dirigés par le Capitaine Samuel Argall détruit et ruine l'Acadie. (001-29) (100-27)

1615

  • Canada: Sept ans après sa fondation, Québec ne compte que seize habitants permanents. Que se passe-t-il? Les marchands, associés à Champlain, multiplient les difficultés et délaissent le peuplement. Le gouvernement métropolitain, tellement préoccupé par la politique européenne ne fournit aucun effort sérieux. L'opinion populaire française, relativement à l'aise chez-elle, n'est pas attirée par le Canada et l'Amérique. (001-34)
  • Canada, 10 octobre: Champlain est invité par ses alliés Hurons a venir dégager les rives du Lac Ontario d'une tribu iroquoise, les Onnontagués. Il se rend au pays des Hurons, en baie Georgienne, à la tête d'une armée. Cette fois, les guerriers Iroquois sont retranchés derrière des palissades de 15 pieds (5m). Champlain tente d'enseigner la technique du siège aux Hurons. Indisciplinés, ils se ruent sur la palissade sans résultats. Blessé à 2 reprises, Champlain lève le siège après quelques jours. L'expédition a totalement échouée et les Iroquois savent maintenant que les Français ne sont pas invincibles. (001-33)
  • Canada: Les Récollets arrivent en Nouvelle-France. (001-39)
  • Marie de Médicis aménage au Palais du Luxembourg à Paris.
  • Musique, juin: Premiers témoignages d'activité musicale chez les Récollets; durant la messe du 22 juin à Québec et la messe du 24 juin sur l'île de Montréal. (401-19)

1616

  • Canada: Arrivée de Louis-Hébert à Québec. Il meurt en 1627, laissant 2 enfants: Guillaume et Marie-Guillemette, qui épousera Guillaume Couillard de Lespinay. (008-14)

1618

  • États-Unis: Le chef Opechancanough succède au vieux Powhatan. Le nouveau chef avait été enlevé par les Espagnols et amené en Espagne pendant plus de 5 ans. Dès son retour, il réagit violemment contre les Européens et leur culture. En tant que chef, il jure la perte des Anglais. Le 22 mars 1622 il massacre 348 colons. S'ensuit une suite d'escarmouches. En 1644, les Anglais massacrent les Indiens et font prisonnier le vieux chef Opechancanought. Il sera abattu dans le dos par un soldat anglais. (100-23,24)

1619

  • États-Unis, 29 avril: Sir George Yeardly obtient le poste de gouverneur. Il a pour mandat de convoquer une assemblée générale. (100-23)
  • États-Unis, 9 au 14 août: George Yeardly et 22 citoyens libres à part entière et ayant droit de vote, se réunissent. Du coup, il forment la première assemblée élue, la House of Burgesses, d'un corps législatif, en même temps tribunal judiciaire, dans le Nouveau Monde.(100-23)
  • États-Unis: Un navire anglais amène en Virginie 90 jeunes filles que les colons peuvent épouser moyennant le paiement d'une redevance de 120 livres de tabac pour chacune. (100-23)
  • États-Unis: Début du commerce des esclaves par l'arrivée à bord d'un navire hollandais d'une vingtaine de Noirs d'Afrique destinés à être vendus. (100-23)
  • Littérature: Naissance de Cyrano de Bergerac. (410-147)

1620

  • Canada: les récollets avaient construits le premier couvent et la première chapelle du Canada sur la rivière Saint-Charles, à une demie-lieue du fort de Québec: Notre-Dame-des-Anges. (010v3-9)
  • États-Unis, 6 septembre: Le Mayflower entreprend sa traversée de l'Atlantique. Après 2 mois de navigation dans la tempête, le 9 novembre, il atteint la baie de Cape Cod. 102 passagers ont entrepris la traversée: 35 font partie du groupe de Leyde, 62 du groupe de London. Il y a aussi parmi eux une quinzaine de serviteurs dont une femme et un équipage de 47 officiers et matelots. Les Pèlerins devaient s'établir au nord de la Virginie. Perdus, le 11 décembre, ils débarque et s'installent à Plymouth. Les Pèlerins signent un pacte en eux, le Mayflower Compact, et élisent John Carver comme premier gouverneur, pour un mandat d'un an. (100-39) La population de la Nouvelle-Angleterre sera surtout formée de dissidents religieux et politiques qui étaient persécutés en Angleterre. (101-16)

1621

  • États-Unis: Le roi Jacques 1er accorde à William Alexander, tout le territoire de l'Acadie. Quelques colons irlandais s'établissent à Port-Royal. (100-25)

1622

  • Canada: naissance de Louis de Buade, comte de Palluau et de Frontenac à Saint-Germain-en-Laye. Son père vivait dans l'entourage du roi Louis XIII et consentit même à devenir parrain de l'auguste rejeton. Frontenac deviendra Gouverneur de la Nouvelle-France. (001-76)
  • Littérature: naissance de Molière. Il crée de grandes comédies tel que L'École des femmes en 1662, le Misanthrope en 1666, le Bourgeois gentilhomme en 1670, le Malade imaginaire en 1673 . . . Il écrira plusieurs divertissements royaux avec le musicien Lulli. (410-164, 166)

1623

  • Canada: seuls "trois prêres récollets en robes grises, ceintures de corde, capuchons et sandales de bois. étaient à l'oeuvre parmi les Hurons: Le Caron à Carhagouba, Viel à Toanché, et Sagard à Ossossane" (selon Champlain, Sagard est arrivé à Québec en juin 1623 (010v3-13)).
    Viel se noiera. Le Caron devra retourner en France suite à la prise de Québec par les anglais de Kirke. Dès 1625, Sagard sera rappelé en France par son supérieur. En 1632, il publiera le texte du "Grand Voyage au pays des Hurons". Texte d'une grande précision et d'une extrême rareté, il fait partie du présent essai chronologique. Gabriel Sagard meurt chez les cordeliers de France en 1650. (010v3-10)
  • Canada: Instauration du régime seigneurial canadien. Le premier canadien à en profiter est Louis Hébert. Ce système aura façonné le cadastre québécois, créé une véritable civilisation et permit à des milliers de censitaires de vivre à l'aise. (001-54)
  • Angleterre: Hamilton invente un nouvel outil; la charrue. (300-78)

1624

  • Canada: le récollet Gabriel Sagard visite le pays des Hurons. Descriptif de leur pays, villes, villages et cabanes:
    Mais pour parler en général du pays des Hurons, de sa situation, des moeurs de ses habitants et de leurs principales cérémonies et façons de faire, disons premièrement qu'il est situé sous la hauteur de quarante-quatre degrés et demi de latitude et deux cent trente lieues de longitude à l'occident et dix de latitude. Pays fort déserté (veut dire déboisé, défriché), beau et agréable et traversé de ruisseaux qui se dégorgent dedans le grand lac. On n'y voit point une face hideuse de grands rochers et de montagnes stériles comme on voit en beaucoup d'autres endroits aux contrées canadiennes et algoumequines.
    Le pays est plein de belles collines, de campagnes et de très belles et grandes prairies qui portent quantité de bon foin qui ne sert qu'à y mettre le feu par plaisir quand il est sec. En plusieurs endroits, il y a quantité de froment sauvage qui a l'épi comme le seigle et le grain comme l'avoine . J'y fus trompé, pensant, quand j'en vis, que ce fussent champs qui eussent été ensemencés de bon grain. Je fus de même trompé aux pois sauvages, qui poussent, en divers endroits, aussi épais que s'ils avaient été semés et cultivés. Pour montrer la bonté de la terre, un sauvage de Toenchen ayant planté un peu de pois qu'il avait apportés de la traite, obtint des fruits deux fois plus gros qu'à l'ordinaire. Je m'en étonnais, n'en ayant point vu de si gros ni en France ni en Canada.
    Il y a de belles forêts peuplées de gros chênes, bouleaux, érables, cèdres, sapins, ifs et autres sortes de bois, beaucoup plus beaux sans comparaison qu'aux autres provinces du Canada que nous ayons vues : aussi le pays est-il plus chaud et plus beau. Les terres sont plus grasses et meilleures, plus en avance, tirant au sud. Du côté du nord, les terres sont plus pierreuses et sablonneuses, ainsi que je vis, allant sur la mer Douce pour la pêche du grand poisson.
    Il y a plusieurs contrées ou provinces au pays de nos Hurons qui portent divers noms, aussi bien que les diverses provinces de France; car celle où commandait le grand capitaine Atironta, s'appelle Henarhonon; celle d'Entavaque s'appelle Atigagnongucha et la Nation des Ours, qui est celle où nous demeurions, sous le grand capitaine Avoindaon, s'appelle Atingyahointan. En cette étendue de pays, il y a environ vingt-cinq villes et villages, dont une partie n'est point close ni fermée. Les autres sont fortifiées de fortes palissades de bois à triple rang, entrelacées les unes dans les autres et redoublées par dedans de grandes et grosses écorces à la hauteur de huit à neuf pieds; et par-dessous il y a de grands arbres, posés de leur long sur des fortes et courtes fourchettes de troncs d'arbres. Au-dessus de ces palissades, il y a des galeries ou guérites qu'ils appellent ondaqua, qu'ils garnissent de pierres en temps de guerre, pour ruer sur l'ennemi, et d'eau pour éteindre le feu qu'on pourrait appliquer contre leurs palissades. Nos Hurons y montent par une échelle assez mal façonnée et difficile. Ils défendent leurs remparts avec beaucoup de courage et d'industrie.
    Ces vingt-cinq villes et villages peuvent être peuplés de deux ou trois mille hommes de guerre au plus, sans compter le commun, qui peut faire en nombre environ trente ou quarante mille âmes en tout. La principale ville avait autrefois deux cents grandes cabanes, pleines chacune de quantité de ménages; mais depuis peu, à raison que les bois leur manquaient et que les terres commençaient à s'amaigrir, elle est diminuée de grandeur, séparée en deux et bâtie en un autre lieu plus commode.
    Leurs villes frontières les plus proches des ennemis sont toujours les mieux fortifiées, en leurs enceintes et leurs murailles, hautes de deux lances environ. Les portes et entrées ferment à barres; on est contraint de les traverser de côté et non de plein saut. Ils savent assez bien choisir l'assiette des lieux et joindre quelque bon ruisseau, en lieu un peu élevé et environné d'un fossé naturel s'il se peut. L'enceinte et les murailles sont bâties en rond et la ville bien ramassée; ils laissent néanmoins un grand espace vide entre les cabanes et les murailles, pour pouvoir mieux combattre et se défendre contre les ennemis qui les attaqueraient, sans laisser de faire des sorties à l'occasion.
    Ils y a certaines contrées où ils changent leurs villes et villages de dix, quinze ou trente ans, plus ou moins. Ils le font seulement lorsqu'ils se trouvent trop éloignés des forêts; car il faut qu'ils portent le bois sur leur dos, attaché et lié avec un collier qui prend sur le front. Mais en hiver, ils sont accoutumés de faire certaines traînées qu'ils appellent arocba, faites de longues planchettes de bois de cèdre blanc, sur lesquelles ils mettent leur charge, et, ayant des raquettes attachées sous les pieds, ils traînent leur fardeau sur les neiges sans aucune difficulté. Ils changent leur ville ou village lorsque, par succession du temps, les terres sont tellement fatiguées qu'elles ne peuvent plus porter leur blé avec la perfection ordinaire, faute de fumier et de ne savoir cultiver la terre, ni semer dans d'autres lieux que dans les trous ordinaires.
    Leurs cabanes, qu'ils appellent ganonchia, sont faites comme j'ai dit en façon de tonnelles ou berceaux de jardin. Elles sont couvertes d'écorce d'arbre, de la longueur de vingt-cinq à trente toises (car elles ne sont pas toutes égales en longueur), et six de large, laissant par le milieu une allée de dix à douze pieds de large, qui va d'un bout à l'autre de la cabane, où ils couchent en été pour éviter l'importunité des puces dont ils ont grande quantité, tant à cause de leurs chiens qui leur en fournissent à bon escient, que pour l'eau que les enfants y font.
    En hiver ils couchent en bas sur des nattes proches du feu, pour être plus chaudement; ils sont arrangés les uns près des autres, les enfants au lieu plus chaud et éminent pour l'ordinaire, et les père et mère après; et il n'y a point d'entre-deux ou de séparation, ni de pieds ni de chevet. Ils ne font autre chose pour dormir que de se coucher en la place où ils sont assis et s'affubler la tête avec leur robe.
    Ils emplissent de bois sec, pour brûler en hiver, tout le dessous de ces établies (établis) qu'ils appellent garihagueu et eindichaguet. Mais pour les gros troncs ou tisons appelés aneincuny, qui servent à entretenir le feu, élevés un peu en haut par un des bouts, ils en font des piles devant leurs cabanes ou les serrent au-dedans des porches qu'ils appellent aque. Toutes les femmes s'aident à faire cette provision de bois qui se fait dès le mois de mars et d'avril, et avec cet ordre, en peu de jours, chaque ménage est fourni de ce qui lui est nécessaire.
    Ils ne se servent que de très bon bois, aimant mieux l'aller chercher bien loin que d'en prendre de vert ou qui fasse fumée. S'ils ne rencontrent point d'arbres bien secs ils en abattent qui ont les branches sèches, mettent les branches par éclats et les coupent d'une égale longueur comme les cotrets de Paris.
    Ils ne se servent point du fagotage, non plus que du tronc des plus gros arbres qu'ils abattent; et ils les laissent là pourrir sur la terre, parce qu'ils n'ont point de scie pour les scier, ni l'industrie de les mettre en pièces qu'ils ne soient secs et pourris. Pour nous qui n'y prenions pas garde de si près, nous nous contentions de celui qui était plus proche de notre cabane, pour n'employer tout notre temps à cette occupation.
    En une cabane, il y a plusieurs feux et à chaque feu il y a deux ménages, l'un d'un côté, l'autre de l'autre.
    Telle cabane aura jusqu'à huit, dix ou douze feux, ce qui fait vingt-quatre ménages. Les autres moins, selon leur petitesse; mais il y fume à bon escient, ce qui fait que plusieurs en reçoivent de très grandes incommodités aux yeux, n'y ayant fenêtre, ni aucune ouverture que celle qui est au-dessus de leur cabane, par où la fumée sort. Aux deux bouts, il y a toujours un porche. Ces porches leur servent principalement à mettre leurs grandes cuves ou tonnes d'écorce, où ils serrent leur blé d'Inde après qu'il est bien sec et égrené. Au milieu de leur logement, il y a deux grosses perches suspendues, qu'ils appellent ouaronta, où ils pendent leur crémaillère et mettent leurs habits, vivres et autres choses de peur des souris et pour tenir les choses sèchement. Mais pour le poisson, dont ils font provision pour leur hiver après l'avoir boucané, ils le serrent dans des tonneaux d'écorce qu'ils appellent acba, excepté leincbataon, qui est un poisson qu'ils n'éventrent pas et qu'ils pendent au haut de leur cabane, attaché avec des cordelettes : enfermé en quelque tonneau, il sentirait trop mauvais et se pourrirait incontinent.
    De crainte du feu, dont ils sont assez sujets, ils serrent souvent en des tonneaux ce qu'ils ont de plus précieux; ils enterrent ces tonneaux dans des fosses qu'ils font dans leurs cabanes. Ils les couvrent de la même terre; et cela les conserve non seulement du feu, mais aussi de la main des larrons, car ils n'ont autre coffre ni armoire en tout leur ménage que ces petits tonneaux. Il est vrai qu'ils se font peu souvent de tort les uns les autres; mais encore s'en trouve-t-il parfois de méchants qui leur font du déplaisir quand ils ne peuvent être découverts et principalement s'il y a quelque chose à manger.
    (010v3-73)
  • Canada: le récollet Gabriel Sagard est toujours en visite dans le pays des Hurons. Descriptif de l'exercice des jeunes garçons et des jeunes filles:
    L'exercice ordinaire et journalier des jeunes garçons n'est autre que de tirer de l'arc, de darder la flèche, qu'ils font bondir et glisser droit quelque peu par-dessus le pavé; jouer avec des bâtons courbés, qu'ils font couler par-dessus la neige et crosser une balle de bois léger, comme 1'on fait en nos quartiers: apprendre à jeter la fourchette avec quoi ils harponnent le poisson et s'adonner à autres petits jeux et exercices, puis se retrouver à la cabane aux heures des repas ou quand ils ont faim. Que si une mère prie son fils d'aller à l'eau, au bois ou de faire quelque autre service du ménage, il lui répond que c'est un ouvrage de fille et n'en fait rien. Si parfois nous obtenions d'eux semblables services, c'était à condition qu'ils auraient toujours entrée en notre cabane, ou pour quelque épingle, plume ou autre petite parure.
    Il y en avait pourtant de malicieux qui se donnaient le plaisir de couper la corde où pendait notre porte en l'air, à la mode du pays, pour la faire tomber quand on l'ouvrirait; et puis ils le niaient absolument ou prenaient la fuite. Aussi n'avouent-ils jamais leurs fautes que quand ils ne craignent aucun blâme ou reproche; car bien qu'ils soient sauvages, ils sont fort cupides d'honneur et ils ne veulent pas être estimés méchants, quoiqu'ils le soient.
    Nous avions commencé à leur apprendre les lettres; mais comme ils sont libertins et ne demandent qu'à jouer et se donner du bon temps, ils oubliaient en trois jours ce que nous leur avions appris en quatre, faute de continuer et de nous venir retrouver aux heures que nous leur avions ordonnées; et pour nous dire qu'ils avaient été empêchés de jouer, ils en étalent quittes. Aussi n'était-il pas encore à propos de les rudoyer ni reprendre, autrement que doucement, mais, par manière affable, les admonester de bien apprendre une science qui leur devait tant profiter et apporter du contentement à l'avenir.
    De même les petits garçons ont leur exercice particulier et apprennent à tirer de l'arc, les uns avec les autres, sitôt qu'ils commencent à marcher. On met aussi un petit bâton entre les mains des petites fillettes, en même temps qu'elles commencent à mettre un pied devant l'autre, pour les styler et apprendre de bonne heure à piler le blé. Étant grandelettes, elles jouent aussi à divers petits jeux avec leurs compagnes, et parmi ces petits ébats, on les dresse encore doucement à de petits services du ménage et aussi quelquefois au mal qu'elles voient devant leurs yeux. Aussi, étant grandes, elles ne valent rien pour la plupart et sont pires que les garçons mêmes, se vantant souvent du mal qui les devrait faire rougir; et c'est à qui fera plus d'amoureux, et si la mère ne trouve pour soi, elle offre librement sa fille, et sa fille s'offre d'elle-même, et le mari offre aussi aucunefois (quelquefois) sa femme, si elle veut, pour quelque petit présent et bagatelle; et il y a des maquereaux (proxénètes) et méchants dans les bourgs qui ne s'adonnent à autre exercice qu'à présenter et conduire de ces bêtes aux hommes qui en veulent. Je loue Notre Seigneur de ce qu'elles prenaient d'assez bonne part nos réprimandes et qu'à la fin elles commençaient d'avoir de la retenue et quelque honte de leur dissolution, n'osant plus, que fort rarement, user de leurs impertinentes paroles en notre présence, et admiraient en approuvant l'honnêteté que leur disions être aux filles de France: ce qui nous donnait espérance d'un grand amendement et changement de leur vie dans peu de temps. Cependant les Français qui étaient montés avec nous leur disaient le contraire pour pouvoir toujours jouir à coeur saoul, comme bêtes brutes, de toutes ces charnelles voluptés, auxquelles ils se vautraient, jusqu'à avoir en plusieurs lieux des haras de garces! Tellement que ceux qui nous devaient seconder à l'instruction et le bon exemple, étaient ceux-là mêmes qui allaient détruisant le bien que nous établissions. Il y en avait néanmoins quelques-uns de bons, honnêtes et bien vivants, desquels nous étions fort contents et bien édifiés, comme au contraire nous étions scandalisés de ces autres brutaux, athées et charnels, qui empêchaient la conversion et amendement de ce pauvre peuple.
    L'un de nos Français ayant été à la traite en une nation du côté du nord, à environ cent lieues de nous, nous dit à son retour avoir vu plusieurs filles, auxquelles on avait coupé le bout du nez, selon la coutume de leur pays, pour avoir fait brèche à leur honneur. Il nous assura aussi qu'il avait vu des sauvages faire quelque forme de prière avant que prendre leur repas; ce qui donna au P. Nicolas et à moi une grande envie d'y aller, si la nécessité ne nous eût contraints de retourner en la province du Canada et de là en France.
    (010v3-115)
  • Canada: Rappelé en France, le récollet Gabriel Sagard, en voyage vers le port de Québec, rencontre le truchement Étienne Brûlé(*).
    . . . Nous partîmes de là, dès que le canot qui nous avait été amené fut prêt, et fîmes telle diligence qu'environ le midi, nous trouvâmes Étienne Brûlé (*) avec cinq ou six canots du village de Toenchain. Tous ensemble nous fûmes loger en un village d'Algoumequins, où, visitant les cabanes du lieu selon ma coutume, je fus prié au festin d'un grand esturgeon qui bouillait dans une grande chaudière sur le feu . . .
    (*) Étienne Brûlé, truchement ou interprète de Samuel de Champlain; en 1610, un « jeune garçon qui avoit desia yverné deux ans à Quebecq » demandait à Champlain la permission d'aller habiter avec les sauvages pour apprendre leur langue. Ce garçon fut le premier Européen, et le seul cette année-là, à tenter une telle aventure. Ce recoupement nous permet de croire que le « jeune garçon » dont parle Champlain avant 1618 est bien Étienne Brûlé, et qu'il se trouvait à Québec depuis 1608. Interprète en langue huronne, probablement le premier Blanc à avoir pénétré en Huronie, en Pennsylvanie et à avoir, vu les lacs des Hurons, Ontario, Supérieur et Érié, né vers 1592 vraisemblablement à Champigny-sur-Marne (près de Paris), assassiné par les Hurons vers juin 1633.
    (011)
  • États-Unis, 24 mai: Le roi annule les lettre patentes de la compagnie. C'est désormais lui qui nommera le gouverneur et le Conseil de la Colonie. Il en sera ainsi jusqu'à la Révolution. (100-24)

1625

  • Canada: Des colons Anglais commencent à habiter l'Acadie. (001-29)
  • Canada: Arrivée des Jésuites en Nouvelle-France. Ils organiseront d'habiles propagandes pour intéresser la France à sa colonie. (001-34)

1626

  • États-Unis: Les Pays-Bas fondent la Nouvelle-Hollande (actuellement états de New-York, du New Jersey et du Delaware). La capitale était Nouvelle-Amsterdam (actuellement, la ville de New-York). La Nouvelle-Hollande disparait en 1667, suite à une guerre perdue contre l'Angleterre. (101-13)
  • .

1627

  • France, Charente-Maritime: Marsilly est une commune située près de la côte à huit kilomètres au nord de La Rochelle. C'est donc non loin de ce port bourdonnant d'activités, alors capitale de l'Aunis et bastion du protestantisme, que les parents de 01 -Jean Rolandeau élevaient leur famille. Ils eurent probablement connaissance de ces événements durant leur jeune âge. (005)
  • Canada, 29 avril: Incorporation de la Compagnie des Cent-Associés. Cents actionnaires particuliers devront investir 3000 livres chacun. Les engagements des associés; "faire tous les efforts pour peupler la Nouvelle-France dite Canada avec au moins 4000 colons en 15 ans", "évangélisation des Indiens avec l'obligation d'amener des ecclésiastiques", "droit de faire des profits avec entre autre, le monopole de la traite des fourrures". Le roi se réserve le privilège théorique de l'hommage et le droit exclusif d'administrer la justice au Canada. Par malheur, Richelieu, imprudent en la circonstance, lança une flotille de 4 vaisseaux et 400 colons vers le Canada sans escadre. L'Angleterre, en guerre contre la France, intercepta les navires français. La colonisation sera retardée d'une génération. (001-34,35)
  • États-Unis: les populations anglaises: 900 colons dans le Maine et le New Hampshire, 300 dans le Massachusetts, 3 000 en Virginie, 3 000 aux Bermudes, 1 600 aux Barbade et d'autres colonies qui sont sans statistiques à cette époque.
  • France: prise de la grande place forte protestante de La Rochelle. (200-119)
    Le débarquement des anglais sur l'Ile-de-Ré amène un siège total de La Rochelle par le Cardinal Richelieu, premier ministre de Louis XIII. Il pousse la résistance protestante dans ses derniers retranchements. Sur une population de 27,000 habitants recensés en 1627, il en restait 5400 en 1628. Pierre Mervault, Rochelais, écrivait ce qui suit en 1628:
    "La famine se renforçoit horrible et espouvantable, ne se trouvant plus du tout rien. Les chevaux, asnes, mulets, chiens, chats, jusques aux rats et souris, estoient mangez. Il ne restoit plus ni herbes ni limaçons par les champs. Il ne passoit jour qu'il ne mourust deux à trois cent personnes et plus. Les vivants n'ayans pas la force de leur creuser des fosses pour les mettre dedans: plusieurs mesmes alloient mourir dans le coemetière".

Localisez Marsilly, tout près de La Rochelle

1629

  • Canada, 24 juillet: Québec est conquis par les Anglais. Les frères David, Louis et Thomas Kirke s'emparent de Québec. Ils sont français par leur mère et protestants. Ils pénètrent dans le St-Laurent en juillet 1628, rasent des postes de traite dont Tadoussac. Ce sont eux qui interceptent le premier groupe de colons envoyés par la Compagnie des Cent-Associés. Le 10 juillet 1628, ils sont devant Québec et somment Champlain de leur abandonner Québec. Champlain capitulera un an plus tard le 24 juillet 1629. De retour en Europe, Champlain apprend que la prise de Québec est illégale puisque la guerre entre la France et l'Angleterre est terminées depuis avril 1629. Il faudra quand même attendre 3 ans avant que Québec soit remis à la France. Cette dernière en avait plein les bras avec ses affaires italiennes. L'occupation de Québec par l'Angleterre est une représailles et une conséquence directe relié au conflit contre les protestants et au siège de La Rochelle. (001-34,35)
    Suite è la victoire de Kertk (sic), les habitants de Québec furent obligés de quitter pour la France. Seules les familles Couillard et Hébert, et peut-être aussi celles d'Abraham Martin, de Pierre Des-Portes et de Nicolas Pivert demeurèrent au pays. (008-15)
  • Canada: les Anglais inaugurent le troc alcool-fourrures avec les Indiens. Les Français sont encore à l'étape bagatelle-fourrures. (001-81)
  • France: Signature de l'édit d'Alès. Maintient l'édit de Nantes mais retire aux protestants les divers avantages politiques et militaires qui leur avait été auparavant concédés. (200-119)

1630

  • États-Unis, 29 mars: Quatre navires (sept autres suivront plus tard) quittent l'Angleterre afin d'établir dans le Nouveau Monde une colonie calviniste, une République Biblique qui respecterait le principe d'une étroite association entre l'Église et l'État. Rendus au pays, ils font faire un serment d'office aux fonctionnaires qui consiste à jurer fidélité, non pas au roi, mais aux officiers publics du Massachusetts. C'est presque une déclaration d'indépendance. (100-50)

1631

  • Canada, 15 août: Luke Fox et Thomas James, prennent possession, au nom de l'Angleterre, de la baie d'Hudson. (100-114)

1632

  • Canada: Au fort de Québec on y compte une vingtaine d'habitants. - on n'y retrouvait que le fort de Québec, environné de méchantes maisons et de quelques baraques, deux ou trois cabanes dans l'île de Montréal, autant peut-être à Tadoussac ... (001-36)
  • Canada, 29 mars: l'Angleterre remet à la France, l'Acadie, l'Isle Royale et le Canada par la signature d'un traité à Saint-Germain-en-Laye, près de Versailles. Fin de la saga des Kirke. Champlain peut revenir dans sa colonie où tout est à refaire.(001-35)
  • Canada, 28 août: Le Père Paul Le Jeune, Jésuite, au milieu d'un bois de plus de 800 lieues d'étendue, écrivait la première d'une extraordinaire série de chroniques annuelles. Les Relations des Jésuites allaient se faire imprimer jusqu'en 1672. (001-192)
  • Galilée publie Dialogue sur les deux grands systèmes du monde.
  • Musique, 28 novembre: Naissance de Jean-Baptiste Lully. En 1653, nommé compositeur de la musique instrumentale du roi, il écrit ses premiers ballets. Marié en 1662, il meurt riche en 1687, laissant six enfants dont trois fils musiciens. Ses oeuvres: 32 ballets, 11 comédies-ballets ou pastorales avec Molière, 14 tragédies lyriques, des grands motets. (400v1-474)

1634

  • Canada: Champlain charge Laviolette de fonder Trois-Rivières. Le fort surveillera les Iroquois et facilitera la traite.
  • Canada: Le mode de concession (Seigneurie) est mis en usage. Introduit pour la première fois en 1623 par la concession faite à Louis Hébert, elle ne sera officialisée qu'en 1634. Plus tard, l'intendant Jean Talon en généralisera l'usage. Cette institution sera abolie en 1854. (001-57)
  • États-Unis: La Suède fonde la Nouvelle-Suède (une partie du Delaware actuel). Sa capitale est Fort Christina (actuellement Wilmington). La Nouvelle-Suède disparait comme colonie, en 1655, suite à une guerre perdue contre la Nouvelle-Hollande. (101-13)
  • États-Unis: Fondation de Baltimore, Maryland. Les immigrants sont surtout des persécutés catholiques. (101-17)
  • Fondation de l'Académie Française.
  • Angleterre: Ramsay invente un nouvel outil; le semoir mécanique. (300-78)

1635

  • Canada, 25 décembre: Champlain, frappé de paralysie, meurt à Québec, à l'âge de 65 ans. (001-35)
  • Canada: Suite à un don substantiel du marquis de Gamaches, les Jésuites fondent un collège à Québec. Ce sera la meilleure maison d'éducation de la Nouvelle-France. (001-39)
  • États-Unis: Fondation de Connecticut dans la colonie du Massachusetts. La majorité des immigrants sont des puritains. (101-17)
  • France: La France s'engage dans la guerre de Trente Ans, qui déchire l'Europe de 1618 à 1648. (200-120)
  • Musique: Premiers chants par les Jésuites, dans une maison privée de Québec; messe avec Te Deum . (410-19)

1636

  • Canada: Charles Huault, sieur de Montmagny, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, nouveau gouverneur de la Nouvelle-France, arrive à Québec le 11 juin. Il remplace Samuel de Champlain, décédé quelques 6 mois auparavant. (008-7)
  • États-Unis: Fondation de Rhodes Island dans la colonie du Massachusetts. La majorité des immigrants sont des puritains plus tolérants que ceux de Connecticut. (101-17)
  • États-Unis: fondation du collège Harvard au Massachusetts. (101-53)

1637

  • États-Unis: Fondation de New-Hampshire dans la colonie du Massachusetts. La majorité des immigrants sont des puritains. (101-17)
  • Littérature: Le Discours de la Méthode de René Descartes. (410-149)

1638

  • .

1639

  • Canada, Côte-du-Sud: L'Ile aux Reaux, située au large de Montmagny, est une des quatre plus anciennes seigneuries de la Nouvelle-France. Elle fut concédée aux Jésuites, qui en prirent possession le 2 juillet 1639, en présence de M. de Montmagny. (007-147) Mais aussi, j'ajoute la suite de ce texte, lequel pourrait être une piste intéressante pour mieux connaître une famille alliée aux Laurendeau:
    Monsieur le Maire Raoul Boulanger (Lefebvre) en est le seigneur actuel (n'oubliez pas, le livre a été écrit en 1935); celui-ci pourrait encore y exercer son droit de haute et basse justice, mais il est dispensé de l'obligation d'aller, tous les cinq ans, rendre Foy et Hommage, sans épée et tête nue, aux pieds du Gouverneur Général ou de son suppléant, le premier ministre du Canada.
    Ce Monsieur le Maire Boulanger (Lefebvre) est-il de la descendance de Marie-Geneviève Laurendeau, mariée à Pointe-à-la-Caille, avec Joseph Lefebvre-Boulanger le 13 mai 1726. Il faudra faire la lumière là-dessus.
  • Canada: Les soeurs Hospitalières Augustines de Dieppe fondent l'Hôtel Dieu de Québec aux frais de Mme. Marie-Madeleine de Wignerot, duchesse d'Aiguillon. (001-42) - - leur arrivée est fêtée au son des fifres et des tambours. (401-19)
  • Canada: Mme Marie-Madeleine de La Peltrie fonde à Québec une maison d'éducation pour jeunes Indiennes. Elle arrive au Canada accompagnée de quatre Ursulines de Tours dont l'une d'entre-elles laissera sa marque: Mère Marie de l'Incarnation. Cette maison accueillera aussi les petites Canadiennes.(001-42)
  • Littérature: naissance du tragédien Racine. Il écrira Andromaque en 1667. (410-167, 168

1640

  • États-Unis: Population du Massachusetts, 24 000. Population du Rhodes Island et du Connecticut, 12 000. (100-64)

1641

  • Canada: Début de la première grande guerre contre les Iroquois. Les 5 nations Iroquoise (Agniers, Onnontagués, Onneyoutes, Goyogouins, Tsonnontouans) apprenant l'intention des Français de fonder Ville-Marie, jurent leur perte. (001-46)

1642

  • Canada, 17 mai: Paul Chomedey de Maisonneuve fonde Ville-Marie qui sera Montréal plus tard. Ville-Marie sera pendant 20 ans, une cité de Dieu, fondée par des mystiques. Très tôt, le péril Iroquois s'abat sur eux. (001-44) - - Maisonneuve joue de la luth et on pense qu'il a dû apporter son instrument à Montréal. (401-20)
  • Canada, novembre: Ville-Marie s'entoure d'une palissade de 320 pieds (107m) et abrite 70 habitants. (001-44)
  • Canada: Après 25 ans d'établissement permanent, le Canada a reçu 300 immigrants français. Après 15 ans, les Antilles en avaient reçu 5,000. (001-54)
  • Angleterre, 5 janvier: Suite à une série de brouilles, les gestes du roi marquent le début de la guerre civile. (300-128)

1643

  • États-Unis: Formation d'une confédération connue sous le nom de Colonies Unies de Nouvelle-Angleterre. Le Massachusetts, Plymouth, New Haven et le Connecticut s'unissent pour régler des problèmes d'intérêt commun et pour organiser une défense efficace contre les Indiens.(100-65)

1644

  • Canada: Jeanne Mance, célibataire originaire de Champagne, recrutée par la Société Notre-Dame-de-Montréal, fonde le premier hôpital de Montréal. Le projet est financé par Mme. Angélique Faure, duchesse de Bullion. Jeanne Mance dirigera l'institution jusqu'en 1659 et s'y dévouera jusqu'à sa mort survenue en 1673. (001-44)

1645

  • Canada: La paix est conclue aux Trois-Rivières entre les chefs iroquois et le gouverneur Montmagny. (001-46)
  • Canada: La Régente Anne d'Autriche et son Conseil, sans doute influencé par le père Charles Lallemand, cède aux requêtes des colons et forme la Compagnie des Habitants. (001-50)
  • Musique, 27 novembre: À Québec, deux violons jouent pour la première fois, lors du mariage de la fille de Couillard, seigneur de l'Espinay et du fils de Jean Guyon. (401-21)

1646

  • Canada: Québec s'offre la première nord-américaine du Cid de Corneille.(001-183)
  • Canada, Côte-du-Sud, 5 mai: La seigneurie de la Rivière-du-Sud est concédée à Charles Huault de Montmagny. Elle est une des plus importantes seigneuries de la Côte-du-Sud. Montmagny serait arrivé dans la colonie en juin 1636 et a été nommé au poste de Gouverneur en 1639, 1642 et 1645. (003-19, 24 et 25)
    Il est possible de lire le transcrit du contrat rédigé par le Notaire Royal Boisseau, entre La Compagnie de la Nouvelle-France et Monsieur de Montmagny dans le livre qui suit (008-8, 9, 10)
  • Canada, Côte-du-Sud, 28 septembre: Jacques Boissel est le premier fermier à s'établir dans la Seigneurie de la Côte-du-Sud. Grâce à un bail passé avec le Seigneur Montmagny, Boissel devient responsable de la ferme de Montmagny, située sur l'ile aux Oies. (003-25)

1647

  • États-Unis: Loi sur l'Instruction Publique gratuite au Massachusetts. (101-510)
  • Musique, 27 février: À Québec, un ballet est présenté à la Compagnie des Cents-Associés. Aucun des pères jésuites n'y assiste, ni les filles de l'Hôpital, ni celles de chez les Ursulines. (401-22)

1648

  • Canada, juillet: Les Iroquois s'abattent sur la Huronnie et détruisent 2 villages. Début de la deuxième grande guerre contre les Iroquois. (001-47)
  • États-Unis: Promulgation de la Cambridge Platform. Plusieurs veulent plus de liberté et une plus grande latitude en ce qui concerne le baptême et l'appartenance à l'église. (100-66)
  • France: Début de La Fronde (200-121)

1649

  • Angleterre, 30 janvier: Le roi Charles Ier est exécuté. Vote d'un Act interdisant de proclamer son successeur. (300-129)
  • Angleterre, 6 février: Les Communes demandent l'abolition définitive de la Chambre haute, donc de la royauté. (300-130)
  • Angleterre, 19 mai: Baptême d'un nouveau régime A Commonwealth and Free State. (300-129) Il ne comprend pas le mot république. (300-131)

1650

  • France, Charentes-Maritimes: À Marsilly, le 20 janvier, Louys Roulandeau et Laurence Chauveau donnent naissance à 01 -Jean Rolandeau. Ce dernier deviendra l'ancêtre de tous les Laurendeau d'Amérique du Nord. Les différentes graphies du nom de famille sont vérifiées. (005)
  • Canada: Les Iroquois ont tellement pourchassé les Hurons qu'il ne reste plus que 400 survivants. (001-47)
  • Corneille publie Andromède.
  • États-Unis: Population en Nouvelle-Angleterre; 17 000 (en Acadie; 200 colons)
pour mieux connaître l'Église Saint Pierre de Marsilly,
lieux de baptême de Jean Rolandeau

1651

  • Canada, Côte-du-Sud: Suite au décès de Monsieur de Montmagny, la seigneurie de la Rivière-du-Sud est vendue en 2 parties. D'abord à M. Louis-Théandre Chartier, sieur de Lotbinière et, le 10 janvier 1654, à M. Jean-Jacques Moyen, sieur des Granges. Ce dernier, sa femme et leurs serviteurs furent tués, dans la seigneurie, par les Iroquois. (008-11)
  • Canada: Jean de Lauzon devient gouverneur de la Nouvelle-France. Il favorisera l'aristocratie du castor au dépend des actionnaires de la Compagnie des Habitants. Il utilisera le Conseil de Surveillance pour consolider ses propres intérêts. (001-51)
  • Canada: Québec s'offre Héraclius de Corneille. (001-183)
  • Le Jésuite Buteux remonte la rivière Saint-Maurice jusqu'à 300 miles de son embouchure.
  • États-Unis: Le Conseil de la Colonie est scindé en 2: La Chambre haute , ou Conseil d'État du gouverneur et la Chambre basse celle des bourgeois (burgesses). Leurs séances attirent des représentants de toute la colonie. (100-24)
  • Angleterre: L'acte de Navigation est promulgué pour l'accroissement de la flotte et l'encouragement de la vie maritime de la nation. (300-90)

1652

  • Canada: Le gouverneur Jean de Lauzon, directeur de la Compagnie des Cent-Associés, se fait concéder presque toutes les terres de la rive sud du Saint-Laurent, de Montréal à Québec. (001-56)

1653

  • Canada, septembre: Maisonneuve revient de France avec une centaine de colons et soldats. (001-47)
  • Canada, 9 septembre: Les nations Iroquoises demandent la paix, ce qui leur est accordé. (001-47)
  • Canada, Côte-du-Sud, 15 novembre: Jean de Lauzon accorde le fief Saint-Luc au charron Noël Morin. Ce dernier, originaire de la province de Brie, est arrivé dans la colonie vers 1630. Il est à noter que le propriétaire d'un fief doit rendre foi et hommage au seigneur principal. Donc, Noël Morin doit rendre foi et hommage au Seigneur en titre de la Côte-du-Sud. (003-26) 01 -Jean Rolandeau sera l'un des premiers colons à s'établir au fief Saint-Luc. (005)
  • États-Unis: Fondation de la Caroline. Son territoire est pris à même celui de la Virginie. La Caroline sera divisée en Caroline du Nord et Caroline du Sud. (101-17)
  • Condé rentre en guerre contre la France.
  • Angleterre, 20 avril: Les soldats de Cromwell expulsent les députés. L'armée installe un Parlement; Nominated Parliament. (300-131)
  • Angleterre, 12 décembre: Les gestes de l'armée de Cromwell ne sont pas efficaces. Le nouveau Parlement vote sa propre dissolution. Cromwell accepte de souscrire è une véritable Constitution écrite, l'Instrument de gouvernement, qui partage le pouvoir entre un Lord Protecteur du Commonwealth d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, un Conseil de vingt-et-un membres, dont quinze nommés dans l'Instrument et six désignés par le Protecteur, et un Parlement de quatre cent soixante députés élus à un suffrage censitaire rigoureux par les seuls propriétaires d'un bien foncier d'une valeur au moins égale à deux mille livres. (300-131)
la courte histoire de la Seigneurie de la Côte-du-Sud,
dans laquelle est incrustée le Fief Saint-Luc.

1654

  • Canada, Côte-du-Sud, 10 janvier: Après le départ de Montmagny, sa seigneurie est vendue en deux parties. Jean-Jacques Moyen des Granges et Louis Chartier de Lotbinière deviennent les nouveaux propriétaires de la Seigneurie de la Côte-du-Sud. Quelques mois plus tard, Chartier vend sa part au Gouverneur Jean de Lauson. (003-26)
  • Canada, Côte-du-Sud, 21 septembre: Jean de Lauson vend ce qu'il possède de la Seigneurie de la Rivière-du-Sud à Louis Couillard de Lespinay. Quelques mois avant son décès, Moyen des Granges vend sa partie de la Seigneurie à Louis Couillard. Fils de Guillaume Couillard arrivé dans la colonie en 1613 et de Guillemette Hébert, fille de Louis Hébert, il nait dans la paroisse de Notre-Dame-de-Québec. Pendant plus d'un siècle, la famille Couillard verra au bon fonctionnement de sa Seigneurie. (003-27)
  • Canada, Côte-du-Sud: Pour reconnaître ses services, le roi accorde des lettres de noblesse à Guillaume Couillard de Lespinay, sa femme et ses enfants, nés et à naître en loyal mariage. (008-15)
  • Canada: L'Acadie compte une centaine de colons disséminés dans quatre villages: Pentagouet, Saint-Jean, La Hève et Port-Royal. Une flotte Bostonnaise, commandée par Robert Sedgewick s'en empare. (001-29)
  • Angleterre: La secte des Quakers, développée par George Fox, peut compter sur 60 missionnaires. (300-110)

1655

  • États-Unis: Plusieurs colonies américaines se plaignent contre les restrictions sur le commerce et la navigation imposées par Londres. Tout comme la France, l'Angleterre pratique une forme économique de l'impérialisme, dite le mercantilisme. Il s'agit, pour l'Angleterre de limiter les fonctions des colonies, à acheter ses produits finis et à utiliser ses navires marchands. Ce qui oblige de nombreux américains à désobéir aux règles de ce jeu. (100-71, 73)
  • Musique, 22 janvier: Le Triomphe de l'Amour, "comédie de chanson", de Michel de La Guerre est interprétée au Louvres. Il s'agit de la première pièce française entièrement chantée. (400v1-468)

1656

  • Canada: Les Jésuites reprennent leur apostolat en Iroquoisie. Zacharie Dupuis commande 55 Français qui partent de Québec pour fonder un petit poste chez les Onnontagués du Lac Gannentaha, près de la rivière Oswégo. (001-47)
  • Canada: Les Iroquois attaquent les Hurons qui se sont cachés sur l'Île d'Orléans en face de Québec. (001-47)
  • États-Unis: Les 2 premiers missionnaires, 2 femmes, Quakers arrivent à Boston. Elles sont immédiatement déclarées hérétiques, saisies, dévêtues jusqu'à la taille et fouettées. Il en viendra d'autres, auxquels on coupe les oreilles, prive de nourriture et emprisonne. La première loi contre les Quakers est adoptée en octobre. C'est le début d'un difficile combat entre les Quakers et les Puritains. (100-67)

1657

  • Canada: Marguerite Bourgeois, célibataire originaire de Champagne, ouvre les portes de la première école de Montréal. Modestement logée dans une étable de pierres, cette école ouvre ses portes aux garçons et aux filles. Marguerite Bourgeois avait été amenée au pays en 1653 par Maisonneuve. (001-44)
  • Canada: arrivée des Sulpiciens à Montréal. (001-45)
  • Alliance franco-anglaise contre l'Espagne.
  • Musique: Première mention d'un orgue en Nouvelle-France, à l'église Notre-Dame de Québec. (401-23)

1658

  • Canada: Pierre-Esprit Radisson et des Groseillers atteignent le Mississipi. (001-73)
  • Angleterre: Publication de The Levellers or Principles and Maxims Concerning Government and Religion de John Liburne; représente les convictions religieuses de la secte des Levellers. (300-110)

1659

  • Canada: François de Montmorency Laval devient titulaire du siège vicarial de Québec. (001-88)
  • Molière publie Les Précieuses Ridicules.
  • Musique: Naissance de Henry Purcell à Londres, décède à 36 ans. Ses oeuvres: 1 opéra, 5 pseudo-opéras, des chansons et compositions instrumentales pour près de 60 pièces de théâtre, 60 anthems, 25 odes, 15 Fantasias pour violes, 22 sonates en trio, de nombreuses pièces pour clavecin et 3 Volontaries pour orgues. (400v1-487)

1660

  • Canada: Début de la troisième grande guerre entre les Iroquois et les Français. Les Iroquois lèvent une armée de 1000 combattants. Ils veulent prendre Québec, s'emparer du gouverneur d'Argenson et ravager systématiquement tous les postes français de la vallée du St-Laurent. Pendant ce temps, sans savoir ce qui se trame, un groupe de Montréalais veulent dresser des embûches aux Iroquois à leur retour de chasse. Le 1er mai, Dollard des Ormeaux et ses 17 compagnons s'installent au Long-Sault dans un méchant reste de fort entouré de méchants pieux qui ne valaient rien. Le lendemain matin, le destin a fait rencontrer le petit groupe de Montréalais et l'armée Iroquoise. Les Montréalais de des Ormeaux se sont faits massacrer. Les Iroquois sont retournés fêter la victoire dans leurs villages. (001-48)
  • Mgr Laval, surnommé le Père de l'Église Canadienne, crée un tribunal ecclésiastique. (001-90)
  • Mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse.
  • Angleterre, 1er mai: Au bord de l'anarchie, les deux chambres proclament le retour à la monarchie et reconnaissent les droits à la couronne de Charles II.
  • Angleterre, 29 mai: Accompagné du général Monck, le roi Charles II fait son entrée à Londres. La révolution se termine ainsi. L'Angleterre se retrouve avec un roi et un Parlement. (300-133)
  • Musique, 6 janvier: À Québec, le pain béni est présenté par les soldats à l'offrande au son des tambour et flûtes, ce qui choque "puissamment" Mgr de Laval. (401-23)
  • Musique, 2 mai: Jour de la naissance d'Alessandro Scarlatti à Palerme. Il est l'aîné d'une famille de 7, dont 2 enfants deviendront chanteurs et 1 autre sera compositeur. Il se marie en 1678, aura 10 enfants dont 3 musiciens. Il produit son premier opéra en 1679. Par la suite, il écrira 114 opéras, plus de 600 cantates de chambre, 21 sérénades, 30 oratorios, 60 motets, 10 messes, des symphonies, des sonates et quelques ouvrages théoriques. Il meurt à Naples en 1725. (400v1-461)
  • Musique: Certains spécialistes sont tentés de situer la période du classicisme musical, aussi nommée "le siècle des lumières" entre 1660 et 1750, soit à partir de la vie professionnelle active de Lully jusqu'à Bach inclus. Pour Kant, le siècle des lumières est celui où l'être humain arrive à l'âge adulte. (400v1-524)

Dollard entre dans la légende
Il faut ici donner la gloire à ces 17 Français de Montréal et honorer leurs cendres d'un éloge qui leur est dû avec justice, et que nous ne pouvons leur refuser sans gratitude. Tout était perdu s'ils n'eussent péri, et leur malheur a sauvé ce pays, ou du moins a conjuré l'orage qui venait y fondre, puisqu'ils en ont arrêté les efforts et détourné tout à fait le cours. in Relations, 1660
.
L'on avait conjecturé ici que l'issue de cet affaire serait telle qu'elle est arrivée, savoir que nos 17 Français et nos bons sauvages seraient les victimes qui sauveraient tout le pays; car il est certain que sans cette rencontre, nous étions perdus sans ressources. in Marie de l'Incarnation à son fils, 25 juin 1660.
(001-49)

1661

  • France, Maine-et-Loire: Jeanne Loyer et Michel Thibault donnent naissance à 01 -Marie Thibault. Cela se passe dans la paroisse de St-Pierre, Angers, diocèse d'Angers, Maine-et-Loire. Marie épousera notre premier ancêtre Jean Rolandeau à Québec en 1680. (005)
  • Canada: 68 français périssent dans une embuscade tendue par les Iroquois. Nombre considérable si on se souvient de la faible population que comptait alors la colonie. (001-49)
  • Canada: Le découragement des Canadiens est à son plus grand. (001-61)
  • Canada: Le gouverneur démissionnaire d'Argenson et et l'émissaire direct des colons, Pierre Boucher, présentent les doléances des Canadiens au roi Louis XIV, nouvellement couronné. Il a 23 ans.
  • Canada: Le roi dissout la Compagnie des Cent-Associés devenue moribonde depuis 1629 et forme le gouvernement royal lequel est composé d'un Gouverneur, de l'Évêque, de l'Intendant, d'un Conseil Souverain et du Vice-roi. (001-62)
  • Canada, 16 juillet: Naissance, à Montréal, de Pierre Le Moyne d'Iberville, chevalier de Saint-Louis. Il deviendra la plus exaltante et la plus extraordinaire figure de toute l'histoire de la Nouvelle-France. Il est le fils de Charles Le Moyne, baron de Longueuil, immigré au pays depuis 1641 et brillant second de Maisonneuve..(001-98)
  • Début des travaux du château de Versailles.
  • Musique, février: Mention d'un orgue chez les Jésuites de Québec. Leur Journal relate qu'aux Quarante Heures "l'orgue ioüa pendant la descente du St. Sacrement et la bénédiction". (401-24)

1662

  • Canada, février: La tuerie se continue, Lambert Closse, le brave d'entre les braves est massacré par les Onnontagués avec 11 compagnons d'armes. (001-49)
  • Canada: Mgr Laval et le père Le Jeune, procureur des Jésuites du Canada à Paris, témoignent de la faiblesse du Canada devant la Cour. (001-61)
  • Angleterre: La science anglaise est encouragée par la fondation de la Royal Society. (300-141)
  • Littérature: Le roi charge Colbert de dresser la liste des meilleurs auteurs et de se les attacher.
    Voici un état partiel des gratifications. À titre indicatif, un "compagnon" (artisan spécialisé) reçoit de 12 à 20 livres par mois.
    Mézeray 4 000 livres par année / Corneille 2 000 livres / Perrault 1 500 / Molière 1 000 / Racine 600. Note: Racine passera à 2 000 livres en 1678. (410-127)

1663

  • Arrivée des premières Filles du Roi.
  • Canada: Le Canada compte 2,500 habitants. 1,200 d'entre eux sont nés au Canada. L'Acadie compte 300 personnes.(001-37, 58)
  • Canada: La Société de Notre-Dame, appauvrie et ne comptant plus qu'une dizaine de membres, confie aux Sulpiciens la seigneurie et la propriété exclusive de l'ile de Montréal. (001-45)
  • Canada: Mgr Laval fonde le Grand Séminaire de Québec. (001-90)
  • Canada, Côte-du-Sud, 12 septembre: Jour de la première mention, du toponyme Rivière de la Caille, dans les actes notariés. On la retrouve dans le minutier de Guillaume Audouart dit Saint-Germain, dans une quittance de Noël Morin à Guillaume Fournier, tous deux, à ce moment, habitants de Québec. (003-21)
  • Canada: Le baron Dubois d'Avaugour, gouverneur de la Nouvelle-France, envoie Guillaume Couture et 4 compagnons français, prendre possession de la baie d'Hudson, en y plantant une croix et en y mettant en terre, au pied d'un gros arbre, les armes du roi de France, gravées sur cuivre, enveloppées entre 2 plaques de plomb recouvertes d'écorce. (100-114)
  • États-Unis: Le littoral atlantique compte 80 000 colons anglais. (001-58)
  • En cette année, les colons Britanniques s'installent en Caroline et au Rhodes Island.
  • Musique: La troupe de Molière achète un clavecin et emploie douze violons. (400v1-469)

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Au nom de mes ancêtres, je vous dis merci de votre visite